06 octobre 2009

Les valeurs non négociables

Jugurta nous propose de réfléchir aux valeurs non négociables du peuple français : « La première chose à faire serait peut être de définir quelles sont ces valeurs non négociables. Selon moi ce sont celles issues de la DDHC de 1789 : liberté individuelle et égalité en droit auxquelles on peut ajouter la séparation du politique et du religieux avec la laïcité. »

Ayant donné ma propre réponse dans Le puzzle de l'intégration, ainsi qu'au HCI lors de mon audition sur les valeurs de la République, je trouverais très intéressant que mes lecteurs me transmettent leurs propres sentiments sur cette question. Oui, que vous vient-il spontanément à l'esprit lorsque l'on évoque « les valeurs non négociables » ?

Cette question, chaque peuple au monde se la pose et y répond à sa façon, et les « bobos » de droite comme de gauche n'y trouvent rien à redire. Les Français ne formeraient-ils donc pas un peuple à leurs yeux ? Liberté, liberté chérie…

Vous pouvez me faire part de vos réflexions sous forme de commentaires ou par courriel. Merci à tous !

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04 octobre 2009

Insulte reçue de personnes d'origine étrangère : "traître à ta race !"

Plusieurs des messages que j’ai reçus de la part de personnes d’origine étrangère contiennent l’invective « traître à ta race », montrant que la racialisation du débat n’est pas vraiment toujours celle à laquelle pensent certaines « élites »…

Voici un courriel que j’ai reçu et que je souhaiterais partager avec vous. Son auteur ne l’ayant pas publié en commentaire, je respecterai, cela va de soi, son anonymat. Tout y est, il n’y a rien à ajouter. Tous les arguments utilisés viennent illustrer la force de mon analyse. Le travail sera immense, car ces voix-là sont largement soutenues et relayées par les « élites ». On leur déroule le tapis rouge partout. On met à leur disposition des salles de conférences à l’Assemblée nationale, au Sénat, au Medef… Tous les ténors de la politique et du monde économique se bousculent pour venir inaugurer les conférences qu’ils organisent… C’est un bien dur spectacle pour mon cœur que d’observer ceux qui, avec l’argent des contribuables, participent à la mort du modèle français.

À la dernière conférence à laquelle j’ai assisté sur ces questions, Laurence Parisot était annoncée pour l’inauguration. Retenue à Bercy, c’est à une femme défenseur très engagée de la discrimination positive et de la diversité (par opposition au peuple indivisible), qu’elle a confié le soin de la représenter et de porter sa parole… Le Medef est très impliqué dans l’instauration de la discrimination positive dans notre pays. Il est aux avant-postes. C’est en effet une aubaine pour le patronat que d’avoir ainsi l’occasion de faire peu à peu disparaître la question des salariés. Il suffit au Medef de substituer à cette question celle de l’insertion économique des personnes issues de l’immigration : on en saupoudre quelques-unes par-ci par-là, et le tour est joué. La question des salariés pauvres ? Mais il n’y a plus de pauvres ! Disparus, remplacés par la préoccupation de « représentation de la diversité », et tout le monde est super-content et se tape sur le ventre : à commencer par les politiques !!!

 

« Chere Madame,

c’est dans l’emission ’Repliques" sur France Culture que je viens de decouvrir vos positions sur les questions de l’integration. C’est un sujet qui m’interesse et sur lequel j’ai pu m’exprimer dans Le Monde a plusieurs reprises. Avec tout mon respect, je dois vous avouer, qu’apres vous avoir ecoutee, je suis ahurri par tant de haine de soi, melee de reflexions dignes du cafe du commerce. On croit rever! Par quel piston vous etes-vous fait publier?

Votre amour immodere pour le modele republicain vous aveugle. Dire par exemple que la majorite des jeunes filles des cites sont obligees de porter le foulard est d’une inanite incroyable et insultante. On aura compris que vous avez renie la religion de vos parents, mais quand meme! Vous n’etes pas la seule a connaitre "la banlieue". Vous confondez essentialisme et analyse. Par exemple, la religion pour les jeunes est moins une pratique qu’une culture de substitution. Ces Francais d’origine maghrebine, qui se replient sur l’islam, disent en verite: "Vous m’avez rejete, a mon tour de vos rejeter". S’il existe des filles qui portent le foulard par crainte, ou pour s’assurer la paix dans l’espace public, la majorite sont des croyantes qui n’ont besoin ni de la parole de leur pere ou d’un imam. Mais bon, ce n’est pas la le plus grave dans vos propos.

A vous entendre, le modele republicain n’a plus ete applique depuis une trentaine d’annees, or ce modele a echoue purement et simplement. Vous etes en retard d’une bataille. La permanence et la profondeur des discriminations vous echappent totalement. Le fait, avere, qu’il y ait une forte delinquance dans les banlieues, ne dissipe pas la realite du racisme, et aussi (meme si vous n’en comprenez pas le principe) la situation post-coloniale en France aujourd’hui. Il n’y a pas d’identification possible chez les enfants de l’immigration parce que l’identite demeure indeterminee. Regardez la representation de la soit-disant diversite a l’Assemblee nationale, dans les medias, dans les emplois de direction: ou est-elles? Pourquoi un tel retard apres tant de generations? Quelles sont vos reponses, a part votre veneration republicaine et laique?

Entre nous, pensez-vous vraiment qu’avec votre fort accent d’algerienne francophone vous auriez eu une quelconque chance de promotion si vous ne portiez pas un nom a consonance gauloise? Ce sont les gens comme vous et autres Fadela Amara qui font tourner en rond les debats. La classe politique francaise, blanche et chretienne, a besoin de ses nouveaux bachargas et harkis pour perenniser le status quo. C’est effarant que la loi de mars 2005, qui souligne les bienfaits de la colonisation, ne vous ait meme pas interpellee sur son absurdite tant historique que morale. Vous l’aurez compris je suis en colere par tant de gachis et de mauvaise foi. Je tenais finalement a vous indiquer que vous ne trompez que ceux qui sont deja convaincus qu’il existerait les bons Francais et les autres. Pour ceux qui ont deux sous de sens commun, ils savent d’ou vous parlez et a qui vous servez.
»

17 septembre 2009

Hortefeux-Sabeg, même combat !

Merci à tous pour vos encouragements. Mon objectif est, entre autres, de participer à réintroduire le bon sens et la raison comme fils conducteurs des décisions politiques ; le sujet de l’intégration étant évidemment éminemment politique.

Pour répondre à quelques-unes de vos questions :

Ne craignez rien, je ne risque ni de me noyer, ni de me laisser bâillonner. Cette nomination va me permettre de pousser certaines portes avec beaucoup moins de difficulté. Ma situation n’est pas toujours simple, même si elle l’est beaucoup plus que celle des Français de souche européenne, qui eux peuvent difficilement s’exprimer sur le sujet lorsqu’ils ne vont pas dans le sens de la pensée unique. Lorsque vous êtes issu de l’immigration extra-européenne, on attend encore plus de vous que vous maniiez le fouet contre la France et les Français. Triste époque que la nôtre, où les Français paient de leur poche pour engraisser tous ceux qui participent à creuser leurs tombes.

Au sujet d’Abdelwahab Meddeb, je m’apprêtais à vous en parler au moment même où j’ai reçu communication de la liste des membres du HCI. Je souhaitais vous le citer pour opposer sa prise de positions à celle de Yazid Sabeg, au sujet de la burqa.

Abdelwahab Meddeb : « Je trouve absolument inacceptable sa présence en France. La burqa, c’est la disparition de l’identité. Par où la reconnaissance de l’autre se réalise-t-elle sinon par le face-à-face ? Par les traits physiques. »

Je vous recommande la lecture de son article. Je partage certaines des analyses qu’il y développe, mais certainement pas celle où il évoque un prétendu « intégrisme laïciste ».

Yazid Sabeg : « La confusion qui est installée dans les esprits va encore différer et perturber le vrai débat sur les vrais enjeux qui sont d’abord économiques et sociaux. […] Sur les pratiques vestimentaires, le Président de la République s’est exprimé de manière très claire à Caen, début juin, lors de la venue du président Obama. La liberté individuelle est la règle dans la limite du respect de l’ordre public. […] Va-t-on interdire de marcher en babouches dans la rue ou de pratiquer le monokini sur la plage ? »

Comme je l’ai développé dans Le puzzle de l’intégration, la dimension économique constitue la plus petite pièce du puzzle. L’essentiel réside ailleurs.

Dans sa déclaration, Yazid Sabeg tire profit de la prise de position du Président de la République en faveur du discours de Barack Obama au Caire à propos du voile. Voilà bien les gouvernants de la France d’aujourd’hui : trop souvent, ils parlent et décident d’abord, et ce n’est qu’ensuite qu’ils réfléchissent aux conséquences de leurs paroles et de leurs actes. Mais surtout, que cela n’empêche pas le Président de la République de réparer ses erreurs et de rejoindre ceux qui ont déjà compris l’urgence de la réaffirmation des principes républicains de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité pour le maintien de la cohésion nationale.

Dans la déclaration de Yazid Sabeg, la comparaison burqa/monokini est extrêmement intéressante et bien loin d’être anodine. Elle lève le voile sur l’étape suivante : ceux qui invoquent aujourd’hui le principe républicain de Liberté pour imposer le voile de l’asservissement à « leurs » femmes pourraient en venir un jour, s’ils ne rencontrent pas d’opposition ferme et résolue de la part de l’État, à imposer leurs règles à toutes les autres, dans les communes où ils auront réussi à prendre le contrôle politique par des élections tout à fait démocratiques.

Il y a dix ans, la burqa, c’était l’Afghanistan. Aujourd’hui, c’est en France que l’on en débat. Oui, débattons, encore et encore, dans le pays des droits de l’Homme, de savoir s’il est acceptable ou non que des êtres soient dépossédés de leur propre corps, et aussi du choix de leur destin. La commission parlementaire sur la burqa parle d’« évaluer » et de « prendre la mesure » de l’étendue du phénomène. Cette approche renferme à mes yeux quelque chose de monstrueux. Demain, nous pourrions, en France, accepter d’abandonner des victimes à leur triste sort, si un groupe d’élus estimait que leur nombre n’était pas « significatif », le « significatif » restant à définir. Quelle est donc cette approche nouvelle ? Et où est la dimension prospective qui devrait guider en permanence la réflexion des élus ? Observons à quelle vitesse le voile s’est propagé dans nos rues, pour comprendre que demain, ce sera le tour de la burqa. Surtout, ne déduisez pas de ma critique que je ne soutiens pas cette commission parlementaire. Non seulement je la soutiens, mais je tiens aussi à saluer le courage et l’esprit de responsabilité des élus qui ont réussi à mettre ce sujet sur la table, dont le député communiste André Gérin. Simplement, j’ai noté un recul depuis la création de la commission, et il ne faudrait pas qu’elle accouche d’un consensus mou.

Au sujet des propos tenus par Brice Hortefeux lors du campus des jeunes de l’UMP : ils procèdent exactement de la même approche qu’un Yazid Sabeg et bien d’autres, qui clament haut et fort que le Parlement est « trop blanc ». L’approche communautariste, à savoir la considération des êtres humains sur la base de leur origine ethnique ou raciale, n’est pas humaniste. Je la considère pour ma part comme une approche raciste. Je renvoie donc dos à dos ces deux camarades de jeu d’un gouvernement qui gagnerait à prendre un peu de hauteur afin d’élever la France.

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08 septembre 2009

Vive la France !

Je vous fais partager mon bonheur qui est le vôtre, puisqu’il va nous permettre d’ouvrir une nouvelle voie de communication pour nos idées au service de la France. Jamais ni la France ni les Français ne quitteront mon esprit ; soyez-en toujours assurés !

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27 août 2009

De la “diversité” des opinions dans la presse française…

Comme cadeau de rentrée, le journal le Monde m’a envoyé sa décision au sujet d’un article que je lui avais soumis à publication, il y a de cela deux mois. L’article était cosigné avec un inspecteur de l'Éducation nationale. Voici la réponse du Monde :

Madame,

J’ai bien reçu votre point de vue. Je l’ai lu attentivement et vous remercie de l’intérêt que vous portez au journal Le Monde.
Malheureusement, il ne me sera pas possible de le publier compte tenu de l’afflux de propositions que nous recevons pour un espace limité.
Recevez, Madame, l’assurance de toute ma considération.
Gérard Courtois
Directeur éditorial
Pages Débats.”

Vous conviendrez avec moi qu’étant donnée la très grande diversité des opinions et analyses dont le Monde gratifie ses lecteurs sur le sujet de l’intégration, il n’y a effectivement pas matière à publier une prose telle que la mienne…

J’ai également soumis mon article au Figaro. Il m’a été répondu, par un courrier adressé à Monsieur Sorel (sic), que l’article “rejoignait la liste des contributions publiables…” mais que je pouvais “aussi souhaiter le publier ailleurs”. J’ai fait appel aux lumières d’un ami journaliste au Figaro et résultat des courses, il se pourrait que la formulation employée emprunte à la diplomatie pour signifier que mon article rejoindrait la corbeille de la rédaction du Figaro… Wait and see pour le Figaro !

Un directeur de recherche d’une prestigieuse école m’a dit rencontrer lui-même les plus grandes difficultés à faire publier ses articles dans les quotidiens nationaux.

Notre époque a ceci d'horrible que la communication et la transparence y semblent totales, quand dans les faits le voile de la pensée unique enveloppe et étouffe petit à petit la société française : une longue agonie pour une mort lente ? Ce voile sera-t-il déchiré et mis en pièces avant qu’il ne soit trop tard ? Espérons-le, comme l’a espéré en d’autres temps Marc Bloch : « Un jour viendra, tôt ou tard, j’en ai la ferme espérance, où la France verra de nouveau s’épanouir, sur son vieux sol béni déjà de tant de moissons, la liberté de pensée et de jugement. »

18:36 | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liberté | |

19 août 2009

Vu et entendu...


Feu_dartifice.jpg

Un bonjour à mes chers lecteurs depuis mon lieu de vacances, la Grande Bleue. J’y ai assisté à un feu d’artifice. Nous étions des milliers assis sur le sable, quand la musique de la Marseillaise a retenti en préambule. Toute la plage s’est alors aussitôt levée, dans un même élan, et a entonné l’hymne national. J'ai pensé à vous. J’aurais aimé que vous soyez là pour voir et entendre cette spontanéité, qui atteste que les Français sont encore vivants, bien vivants. Nul besoin de vous dire ce que j’ai ressenti…

11:09 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marseillaise | |

14 juillet 2009

Bonne fête nationale à tous !

Chers amis,

Malgré la peine qui parfois nous étreint, malgré la rage que chacun d'entre nous exprime à sa façon, avec ses mots et ses maux, n'oublions pas de célébrer notre fête nationale. Saisissons ce jour d'histoire pour transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants la fierté de l'héritage français, car c'est cette fierté qui nous aidera à relever les têtes baissées.

Patrouille de France

01:15 | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 14 juillet | |

07 juillet 2009

Autorité du savoir et respect de l’école

Étant très attachée à la question de l’école, je suis très heureuse que Le puzzle de l’intégration ait retenu l’attention de l’association Lire-Écrire qui lui a réservé un chaleureux accueil. Je vous encourage à faire connaître autour de vous cette association, qui s’est fixé comme ligne d’action d’« informer le public et de conseiller des parents, en toute indépendance ». J’ai rencontré son équipe, qui dédie tout son temps et son énergie à la défense du bien commun, à l’avenir de la France. Je vous le redis : nous ne sommes pas isolés. Nous sommes majoritaires. Nous devons en prendre pleinement conscience, et puiser dans cette prise de conscience la force de toujours avancer !

Voici la critique publiée sur le site de Lire-Écrire :

« Contrairement à nos habitudes, nous présentons ici un ouvrage politique, au meilleur sens du terme. L’auteur, d’origine marocaine, a demandé la nationalité française à 30 ans. Elle sait de quoi elle parle, et développe une argumentation serrée, sans oublier aucune pièce du puzzle.

L’intégration

Malika Sorel décrit les difficultés d’intégration, non pas des nouveaux immigrants, mais de leurs enfants et petits-enfants ; difficultés étonnantes pour nous, puisque ce sont des Français, et spécialement de jeunes Français, qui affectent de rejeter la France. Ce phénomène se produit dans tous les pays occidentaux, et même au Canada, qui pratique une politique d’immigration “choisie”.

Le puzzle

Les politiques et les leaders d’opinion cherchent aux difficultés une cause simple, qu’un seul principe simple suffirait à traiter. Malika Sorel nous montre qu’une situation extrêmement complexe appelle un ensemble de mesures complémentaires.

L’un des principes qui fait actuellement débat en France est celui de la discrimination positive en faveur des minorités, qui, comme le remarque l’auteur, est une discrimination négative à l’égard de la majorité. L’adoption de ce principe renforcerait le communautarisme, et conduirait à la reconnaissance juridique des communautés. Beaucoup aux États-Unis, y compris dans les minorités, voudraient revenir en arrière, mais ils n’y parviennent pas, du fait des avantages acquis par certains.

Dans l’enseignement, les Américains ont facilité pour les minorités l’accès aux études supérieures et aux diplômes. Dans les faits, c’est un inconvénient pour les meilleurs éléments des minorités, qui se trouvent nantis de diplômes dévalués aux yeux des employeurs. Chez nous, une mesure analogue vient d’être adoptée par Sciences-Po.

Malika Sorel demande - comme nous le faisons - que les enfants et les adolescents défavorisés de fait, ce qui inclut d’ailleurs des Français de souche, reçoivent une aide massive afin que, moyennant les efforts nécessaires, ils puissent accéder sans artifice à la même réussite que les autres. Elle ne dissimule pas que les efforts nécessaires sont beaucoup plus importants pour eux que pour les Français moyens.

En particulier, elle réclame, comme nous, un effort important dès la maternelle et retour, dans le primaire et le secondaire, à l’enseignement explicite et systématique du français, de la littérature, des mathématiques, au rebours de tout ce qui a été fait depuis des décennies, et particulièrement depuis 1989.

Intégration ou insertion ?

L’intégration, conforme aux principes français et républicains, devrait, d’après l’auteur, procéder du choix délibéré, et mûrement réfléchi, d’une nouvelle patrie. Pour les immigrés et leurs descendants immédiats, ce devrait être par excellence un choix d’adulte.

Intégrer d’office selon le droit du sol impose un choix que beaucoup récusent : ils se disent “Français de papier” (et pour les avantages attachés aux papiers) tout en rêvant à une patrie imaginaire qui n’est pas celle que leurs parents et grands-parents ont quittée.

Malika Sorel propose donc d’abandonner le droit du sol. Mais elle reconnaît à la France le droit d’imposer aux étrangers qu’elle héberge un devoir d’insertion, c’est-à-dire le devoir d’apprendre les lois et coutumes, et de s’y conformer dans leurs rapports avec les citoyens français.

Le communautarisme est un frein à l’insertion, car il isole de la majorité, et maintient des règles et des coutumes propres, en fait discriminantes. Les grandes idées généreuses que certains voudraient institutionnaliser : le droit à la différence, la discrimination positive, ont trop souvent pour effet de culpabiliser les français de souche et de victimiser les autres, substituant ainsi des sentiments subjectifs à l’acceptation des réalités en France et dans les pays d’origine, réalités que Malika Sorel décrit parfaitement. Tout cela aggrave les problèmes au lieu de les résoudre.

Pour nous, qui militons pour la refondation de l’école, nous retenons parmi les pièces du puzzle l’impératif de restaurer, aux yeux des élèves et de leurs parents, l’autorité du savoir et le respect de l’école. »

00:46 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : école, insertion, intégration | |

23 juin 2009

Ma colère…

J'écris, j'écris mais ne publie pas. Je ne publie pas, car j'ai peur de vous exprimer la colère qui souvent, ces derniers temps, a monté en moi. J’ai trop mal à la France ! J’aimerais que ce soit simplement un cauchemar, un cauchemar qui remonterait du fond de mon ancienne vie ; celle où j'étais prisonnière de savoirs-être dans lesquels je ne me reconnaissais pas. Ce doit être un cauchemar, je vais finir par me réveiller. Il n’est pas possible que la classe politique française ait pu laisser la France des libertés de mai 68 glisser vers l’obscurantisme !

J’ai frotté mes yeux, et j’ai réalisé que j’étais éveillée et que je me trouvais bien en France ; enfin, dans ce que nos dirigeants politiques avaient fait de la France. J’ai réalisé que le cauchemar était devenu réalité, et que M. Besson était bien ministre en 2009 et que, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c’était au nom de la liberté qu’il ne fallait pas, selon lui, interdire le port de la burqa. La burqa, ce symbole de l’asservissement d’une partie de l’humanité. Aïe, revoilà donc mai 68 avec son « il est interdit d’interdire ». Besson, soixante-huitard primaire ? Imaginerions-nous qu’une personnalité politique de notre pays puisse déclarer : « Au nom de la liberté, il est interdit d’interdire l’esclavage », ou encore : « Si l’esclave consent à être esclave, alors il faut respecter sa volonté, c’est une question de respect de la liberté individuelle » ? J’ai simplement envie de paraphraser Coluche : Interdisons la connerie, et la France ira beaucoup mieux !

Voici un extrait de mon audition par le HCI, le 3 mars 2009 :

« Le respect de la laïcité perd chaque jour du terrain dans notre société. Ce sont les femmes qui en subissent les conséquences et qui voient ainsi, jour après jour, rogner le peu de liberté qu’elles avaient. Ceux qui ne connaissent rien aux pressions et au harcèlement que subissent les femmes au sein de certaines sociétés pensent que les signes religieux qu’elles arborent sont les conséquences d’une liberté de choix. Lorsque l’on a vécu dans ces sociétés, on comprend, au gré de la pression du groupe, que ces choix ne sont jamais libres, mais contraints.
C’est à l’État, encore une fois, et c’est au HCI de faire prendre conscience que pour permettre l’insertion, il faut imposer le respect de cette valeur essentielle de laïcité, et que l’intégration n’aboutira jamais pour ceux qui ne respectent pas la laïcité, car jamais les Français de souche ne reconnaîtront une femme arborant un signe d’appartenance religieuse qui leur renvoie l’image de la société afghane comme concitoyenne, et à ce titre porteuse ou représentante de l’idéal français. Car être Français, c’est aussi cela : être porteur de l’image de la France vis-à-vis des autres communautés nationales. Il faut cesser d’occulter la réalité de ce qu’être Français signifie pour un Français. Le peuple français a droit au respect de son image et de son identité, de même que tout peuple au monde a droit au respect de son identité et de son image. Pourquoi vouloir nier un droit aussi fondamental et aussi élémentaire au peuple français ?
»

Alors oui, j’ai été choquée par une partie du discours que Barack Obama a prononcé au Caire. Pourquoi cette ingérence dans nos affaires intérieures, de la part d’un pays qui a déjà démontré sa forte capacité de nuisance sur la scène internationale avec la création de nouveaux foyers de terrorisme (Afghanistan, Irak) ?

J’ai été choquée aussi par le manque d’esprit stratège de Barack Obama, qui l’a conduit à s’adresser au « monde musulman » quand tous ces peuples sont différents, et qu’entre eux existent fractures ou profondes divisions. Quel intérêt pour la paix dans le monde, dans les circonstances d'insécurité que nous connaissons, y a-t-il à vouloir donner conscience à ces peuples que, partageant la même religion, ils formeraient de ce fait un seul et même corps ? Ce qui n’est pas le cas, bien entendu ! Notons au passage que B. Obama divise le monde selon les mêmes lignes qu’un G. Bush ! D’où vient cette obsession des Américains à vouloir pousser les peuples à majorité religieuse musulmane à s'agglomérer, à se regrouper sous un même idéal ?

J’ai été choquée plus encore quand Nicolas Sarkozy, en sa qualité de représentant des Français, a approuvé ce discours de Barack Obama — y compris sur la question du voile, a-t-il tenu à préciser. Mais voilà qu’hier, au Congrès de Versailles, il a dit le contraire et a même parlé de délaisser son concept de négation de la laïcité qu’il appelle « laïcité positive ». Lequel des deux Nicolas Sarkozy faut-il croire ?

Face au Congrès de Versailles, Nicolas Sarkozy a promis qu’il n’évoquerait plus la « discrimination positive », mais dans le même discours il a dit ce qui suit :

« Qui ne voit que notre modèle d’intégration ne fonctionne plus ?
Au lieu de produire de l’égalité, il produit de l’inégalité.
Au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment. Mais je veux dire que pour atteindre l’égalité, il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chances de réussir qu’à tous les autres. Il ne faut pas le faire sur des critères ethniques.
»

Ces paroles portent en elles des contradictions, mais je veux pouvoir y croire. Soyons adultes : jugeons sur les actes, et non sur les paroles ! Une première occasion de vérifier si Nicolas Sarkozy s’est métamorphosé et a enfin compris la nécessité de respecter les valeurs qui sculptent l’identité du peuple français sera d’analyser la composition de son gouvernement, qui sera annoncée demain.

Si Nicolas Sarkozy se sépare du commissaire à la diversité Yazid Sabeg ; si Nicolas Sarkozy renonce à faire entrer le directeur de Sciences-Po Richard Descoings dans l’équipe chargée de mettre en oeuvre la politique de la France, ces deux hommes étant parmi les plus acharnés défenseurs de la discrimination positive et de la lecture communautariste de la France, alors oui, nous pourrons dire que Nicolas Sarkozy a peut-être commencé à comprendre les véritables défis qui se posent à notre pays sur cette question de l’identité et du maintien de la cohésion nationale. Si Nicolas Sarkozy a bien rompu avec le Nicolas Sarkozy habité de convictions non-républicaines (au sens de la République française, et non américaine), nous pourrons alors tous nous réjouir de ce divorce. Dans le cas contraire, le discours d’hier au Congrès ne serait qu’un rideau de fumée ; non seulement Nicolas Sarkozy n’aurait toujours pas compris qu’il est en train de mettre en place, sans le vouloir bien sûr, les outils ou les armes qui conduiront à la disparition de l’identité française, mais en plus il avancerait masqué ! Dans ce cas, que pourrions-nous faire afin qu’il entende raison, afin qu’il s’assagisse ?

18:19 | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, sarkozy, laïcité, burqa, sabeg, descoings | |

30 mai 2009

Dati, Descoings, Sabeg, Sarkozy : même combat ?

Extraits de l’émission Dimanche+ de Canal+ du 17 mai dernier :

Yazid Sabeg : « Il n’y a pas de statistiques ethniques. C’est un terme qui n’a jamais été employé. J’utilise le terme “mesure de la diversité”. »

Le journaliste de Canal+ : « Mesure de la diversité ; c’est malin ! »

Réponse de Yazid Sabeg : « Mais oui, il faut ! »

Dormez tanquilles, chers Français, pendant qu’on vous berne « à l'insu de votre plein gré » ! La preuve ? Avec tout ce que fait Nicolas Sarkozy pour détruire les valeurs qui fondent l’identité française (un jour, on dira qui « fondaient »), il lui suffit de ressortir le sujet de la violence des banlieues pour que vous votiez en masse pour son parti, aux Européennes. Pourquoi se gênerait-il ? Il a votre bénédiction !

Vous en doutez encore ?

Fadela Amara, dans le même Dimanche+ : « Yazid Sabeg a une position sur la méthodologie, c’est-à-dire qu’il a été, qu’il est le chantre de la discrimination positive, de la politique des quotas, des statistiques ethniques et moi je suis l’inverse : je ne suis pas d’accord ! »

Peuple de droite, voici pour vous la profession de foi d’une femme que vous avez participé à ériger en icône, j’ai nommé Rachida Dati : « On veut mesurer la diversité pour lutter contre les discriminations. C’est ça l’objectif, c’est mieux les rencenser ; mieux les connaître pour mieux les combattre. » (Bondy, jeudi 14 mai 2009)

Le journaliste de Canal+ : « Donc vous êtes “pour”, Madame Dati, “pour” la mesure de la diversité ? »

Rachida Dati : « La mesure de la diversité pour lutter contre les discriminations, bien sûr que j’y suis favorable. »

Et le journaliste de conclure son reportage : « Si on a bien compris, l’icône de la diversité est “pour” les statistiques ethniques. »

En ce qui concerne Richard Descoings et Nicolas Sarkozy, nul besoin de vous citer de nouveau leurs prises de position, je les ai suffisamment évoquées dans Le puzzle de l’intégration et sur le présent blog.

Dati, Descoings, Sabeg, Sarkozy, même combat : celui de communautaristes ?

Pour finir mon coup de gueule du jour, je reprendrai à mon compte, tant ils sont chargés de vérité, les propos exprimés ici par Alice : « La France se soviétise à coups de Commissaires, de Commissions, de Conseils, de Plans, de diversité citoyenne, de vivre ensemble multitout, de métissage obligatoire, de statistiques “positives” pour aboutir à une uniformisation de la population à un rythme effréné. Et tout ça avec votre argent comme disait Coluche ! C’est sans doute la première fois dans l’Histoire qu’un peuple paie cash pour s’auto-détruire en disant merci. »

01:41 | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amara, dati, descoings, sabeg, sarkozy | |

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