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01 avril 2009

Un signe...

Je suis là, bien là. Comme vous, je suis l’actualité et je m’interroge :

Qu’appelle-t-on « moderniser la France » lorsque nombre d’actions politiques menées aboutiront, sans l’ombre d’un doute, à la ramener au Moyen-Âge ?

Quelle différence essentielle existe-t-il entre le Moyen-Âge et l’ère moderne ? Nous pourrions discourir pendant des heures de cette question mais, à mes yeux, la différence majeure réside dans la Liberté. Les êtres sont libres dans les sociétés modernes. Les êtres sont esclaves ou soumis à la loi du groupe dans les sociétés moyenâgeuses. Cette liberté signifie, pour les individus, la maîtrise du choix de leur destin. C’est la liberté de pensée et de jugement qui permet de repousser sans cesse les portes de l’imaginaire et du possible. C’est cette liberté qui est le sein nourricier de l’innovation. Il n’y a pas vraiment de mystère au sous-développement des sociétés qui se trouvent encore à l’ère moyenâgeuse, car le sous-développement y est la conséquence de la limitation des champs du possible pour la créativité des hommes.

La régression de la France vers le Moyen-Âge, voilà pourtant ce qui est désormais en marche. Comme vous, j’assiste donc au film d’horreur auquel les Français sont, bien malgré eux, conviés. Les scènes de ce film, dont on se passerait bien, se succèdent sous nos yeux :

* La laïcité que Nicolas Sarkozy souhaite assassiner, en la remplaçant par une laïcité qui n’a de « positive » que le nom ; adjectif utilisé pour endormir les Français, pour ne pas dire les duper. Peut-être Nicolas Sarkozy n’en a-t-il même pas conscience ? Mais peut-on se résigner à accepter que celui qui a la responsabilité de guider le peuple vers un monde meilleur, lui prépare finalement l’obscurantisme ? Non, il faut tenter de lui faire entendre raison et espérer encore et toujours que la grâce de la sagesse du respect du noyau identitaire français finisse par le toucher.

Notre laïcité que Madame Alliot-Marie piétine en appelant les représentants des religions musulmanes et juives à calmer ceux qui partagent leur même croyance religieuse, au moment où explose le conflit israélo-arabe. C’est elle, représentante de l’État français, qui demande aux religieux de se mêler d’affaires qui sont du ressort de l’État. Un État qui démissionne de lui-même de ses responsabilités ? Qu’est-ce qu’un Ministre de la République qui envoie le signal que certains Français ne seraient plus accessibles à la parole de l’État français, mais le seraient à la parole de religieux qu’il érige, chemin faisant, en détenteurs d’un pouvoir politique ? Triste retour à des périodes sombres de l’histoire en perspective. Il suffirait pourtant que nos politiques observent ce qui se produit, aujourd’hui même et donc sous leurs yeux, dans tous les pays où le pouvoir religieux exerce un pouvoir politique. Tant d’irresponsabilité et de mise en danger de la société française est inacceptable !

* L'indivisibilité du peuple de France que l’on souhaite remplacer, de force, par un comptage ethnique auquel s'attelle Yazig Sabeg, nommé par Nicolas Sarkozy, aidé en cela par le parti socialiste qui a déposé une proposition de loi en ce sens — proposition défendue par Georges-Pau Langevin. Évoquons ici aussi la liberté. Peut-on encore parler de liberté lorsque l’on enchaîne définitivement les êtres, de par leur naissance, à des groupes ethniques ou raciaux ? C’est ici que les tenants du droit du sang exclusif et les communautaristes se rejoignent. Pour ces deux groupes, l’identité n’est pas dynamique, mais figée à la naissance. Elle est le seul fait de la biologie ! Le débat récurrent entre l’inné et l’acquis…

L’idée qu’à la seule lecture de mon prénom on puisse me coller dans une case « minorité » ou « diversité » m’est proprement insupportable, car cela représente la négation de ma liberté de choix d’identité. Tant de souffrances pour en arriver à ce que les représentants de l’État français bafouent la LIBERTÉ ! Tout cela ne ressemble pas à la France, et n’est pas la France.

Que cache, par ailleurs, cette volonté de faire disparaître l’indivisibilité du peuple de France ? Elle cache une farouche volonté de tuer le mérite républicain afin que naisse, officiellement, la discrimination positive !

* Cette discrimination positive, dont la naissance est cachée aux Français, mais qui est de plus en plus appliquée en France, et donc aux Français. L’image qui me vient à l’esprit est celle d’un hold-up à visage masqué. La République prise en otage ? Mais par qui ? Par l’État français, oui, par l’État français !
De plus en plus d’entreprises sont invitées à prendre en compte l’origine ethnique ou raciale dans leur recrutement ou leurs promotions, de même les radios et télévisions. Sommées par qui ? Par l’État français !
L’enseignement supérieur est lui aussi sommé de mettre en œuvre des voies d’accès parallèles qui ne s’appuient pas sur le seul mérite. Par qui ? Par l’État français (ici Valérie Pécresse).

* Autre scène de ce film cauchemardesque : les concours de la fonction publique voient disparaître l’exigence minimale de connaissance de culture française. Des fonctionnaires censés représentés l’État français, donc la France, qui ne maîtriseraient pas un minimum de culture française ? Qui est l’auteur d’une telle ignominie ? Encore une fois, l’État français.
Ne vous trompez pas : la culture générale n’est pas un luxe, car elle est, pour les enfants issus de l‘immigration, la seule voie d’acquisition de la culture française, et donc des principes et valeurs sans lesquels ils ne pourront jamais devenir Français. Comme pour l'imposture de l'ascenseur social, on dupe ici les familles de l'immigration en leur laissant penser que la communauté française reconnaîtrait comme français ceux qui ne possèdent pas la culture française.

J’ai lu, parfois, que j'ignorerais des pans entiers de l'histoire de France, car je la réduirais par trop à 1789. Posez-vous la question : la France de 1789 aurait-elle pu voir le jour si tout ce qui avait précédé n'avait pas existé ? Et dans ce « tout » je place, bien entendu, tout l'héritage des Français, sans aucune exception des pages de son histoire.

Je n'écris plus beaucoup, en ce moment, mais jamais la France n'a autant occupé mes jours et mes nuits. J'ai la chance d'être animée par une passion qui me dépasse. Ne me demandez pas pourquoi j'aime autant la France, car l'amour ni se s'explique, ni ne se résume. Je ne me bats contre personne, mais je me bats, aux côtés d’autres Français, dans l’unique but que soit un jour à nouveau reconnu, aux Français, le droit d'être Français et d’être fiers de l’héritage français. Cela passera nécessairement par le fait que l’État français comprenne que la seule mission que lui délègue le peuple français est celle de servir la République, et non de tenter de la lyncher. Le sujet est suffisamment grave pour que tous les enfants de France s’engagent, au quotidien, à œuvrer à ramener l’État français à la raison d’État.

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Commentaires

Chère Malika Sorel, votre passion vous honore.
La France ne va pas bien. Les décisions prisent hier nuisent aujourd’hui. Celles prisent aujourd’hui nuiront demain. Et les responsables passent sans avoir à rendre de compte.
Qui portera la « patate chaude » le jour du clash ? Personne ne le sait vraiment.

Mais les médias seront en bonne place. Ils sont les nouveaux aristocrates de la France. Comme ces derniers ont mis à mal la royauté par leur égoïsme aveuglant, les journalistes scient le chêne républicain qui les a mis au centre du dispositif de la démocratie. La liberté d’expression, la pluralité des opinions a une fonction essentielle dans la maturation des esprits votants. Cette liberté, cette pluralité est aujourd’hui bafouée, souvent.

Il y a aujourd’hui la « voix de son maître ». A la télé, à la radio, dans la presse écrite, par ordre décroissant de contamination. Le web échappe pour le moment au conformisme bien-pensant, versant parfois dans l’excès inverse.
Il y a aujourd’hui une propagande « positive ». L’immigration est « une chance pour la France ». C’est la version officielle rabâchée sans nuance depuis M. Stasi en 1984 (qui récidivera en 2007). Plus juste aurait été « l’immigration pourrait être une chance pour la France ». Plus efficace et courageux aurait été d’en définir les conditions. Mais, lorsque les intérêts de la gauche et de l’extrême gauche rejoignent ceux du grand patronat, le piège se referme.

Et alors l’immigration devient « positive ».
La discrimination « positive ».
Les statistiques « positives ».
La laïcité « positive ».

La ficelle d’une véritable novlangue est tellement grosse que de moins en moins de gens s’y laissent prendre. Sauf les jeunes générations trop inexpérimentées et bien conditionnées par un corps enseignant véritable bataillons militants de la gauche.
Mais au moment des élections que faire ?
Où sont les républicains convaincus et intègres ?
Le seul qui proteste contre le massacre est Le Pen, lui-même anti-républicain convaincu… et dont le fond de sauce n’est pas plus attrayant que celui d’un Yazid Sabeg ou d’un Amirouche Laïdi. Il est profondément racialiste pour ne pas dire pire.

Hors la République était la solution pour faire face au défit que l’immigration pose à notre pays, à sa cohésion, à sa cohérence, à son identité.
La République a été et reste par nature « assimilatrice ». C’est pour cette raison qu’elle gêne aujourd’hui pratiquement tous les partis politiques qui savent très bien ce que signifierait un retour à la République.
Un retour à l’éxigence et au courage politique.

Le sujet est passionnant. J’essaierai de rebondir et d’y revenir sur mon blog dans ma prochaine tribune que je voudrais concise (un challenge) et que je posterai aussi sur Agoravox.

Écrit par noop | 02 avril 2009

Ce texte est fascinant! remplacez les mots "Etat" par République, et "République" par France et vous avez le discours de tout anti-républicain bon teint sous la IIIe République.

Mme Sorel, ça n'est pas l'Etat qui assassine la République, c'est la République qui a déjà assassiné la France et qui meurt donc seule, puisqu'elle ne représente plus rien, n'est plus adossée à aucun peuple, aucune Histoire, aucune Nation. C'est à la fin de la France et des Français que nous assistons, et au formidable combat qui débute pour savoir qui va désormais tirer les ficelles de votre "République". Avec un seul mot d'ordre: quoiqu'il arrive, tirer à boulet rouge sur tout ce qui ressemble encore trop à un Français.

La liberté que vous évoquez n'est pas républicaine ni athée, ni révolutionnaire; elle est CHRETIENNE. C'est Dieu fait homme, qui permet de penser l'individu en dehors de sa communauté. Mais ce que le christianisme n'a jamais fait parce que n'avait pas de sens, à savoir couper l'individu de sa communauté, les Lumières vont l'oser. Et depuis ce ne sont que retours de bâton de communautés toujours plus féroces: communisme, islamisme, tribalisme. Sans lé béquille chrétienne, l'individu va être balayé par les revendications des différentes communautés. Même un Etat policier ulra-sécuritaire n'en vinedrait pas à bout et ne pourrait pas contenir les pressions, vengeances et intimidations de tous les groupuscules qui désormais composent cette pitoyable société.

Malheureusement il existe beaucoup de gens comme vous, de gens qui vont tenter de redonner un jour ou l'autre un dernier coup de reins à la République. Non seulement ils échoueront lamentablement, mais en plus ils vont donner un coup peut-être fatal à l'embryon de communautarisme chrétien qui est en train de germer en France, et qui est la seule porte de sortie pour tout un tas d'individus qui n'en peuvent plus de vivre un cauchemar au quotidien dans une société qui n'a plus aucun sens, et où les tribus prennent le pouvoir.

Je sais parce que nous en avons déjà discuté auparavant, que vous me comprenez même si vous êtes d'un avis radicalement autre.

Bien à vous,
Olivier

Écrit par Olivier | 02 avril 2009

Olivier,

A ma connaissance, la liberté est plutôt apparue envers et contre le dogme chrétien. C'est par le mouvement humaniste, la renaissance puis la réforme protestante que l'on a découplé le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel à tous les échelons de la vie en société. Un découplage qui s'est fait avec le prix du sang. Ce pays en sait quelque chose.

La République n'a pas tué la France, elle lui a permis de mettre fin sur son sol à des privilèges liés à un hasard, la naissance. 1789, c'est la fin des privilèges et le début une société qui se veut à terme ouverte et libre.

Ce que vous dénoncez est plus à rapprocher selon moi de ce que l'on pourrait appeler "l'oxydent". Cet espace sans transcendance où l'individu n'est plus un sujet autonome, libre et responsable mais un être désincarné et atomisé qui se meut dans un espace vide, le néant consumériste.

Ensuite, défendre la République, qui est plus qu'une forme de gouvernement, mais une idée, voire un idéal, c'est au contraire de ce que vous affirmez à la fin de votre intervention, la possibilité de donner à chacun la force de s'émanciper et de s'accomplir.

La fin d'un embryon de communauté chrétienne en devenir par la réaction des républicains est une bonne chose. Ce communautarisme ne naît que par réaction au tribalisme que vous exécrer à juste titre. Il ne mène qu'à la concurrence et au conflit. Si votre souhait c'est restons groupés entre "mêmes" pour se définir contre des "autres", je trouve cette position dangereuse.

L'objectif étant selon moi de (re)définir un espace où quelles que soient ses origines on puisse échanger et faire avancer ce pays, notamment pour nos descendants.

Écrit par jugurta | 04 avril 2009

Cher Olivier,

vous écrivez: "Malheureusement il existe beaucoup de gens comme vous, de gens qui vont tenter de redonner un jour ou l'autre un dernier coup de reins à la République. Non seulement ils échoueront lamentablement, mais en plus ils vont donner un coup peut-être fatal à l'embryon de communautarisme chrétien qui est en train de germer en France, et qui est la seule porte de sortie pour tout un tas d'individus qui n'en peuvent plus de vivre un cauchemar au quotidien dans une société qui n'a plus aucun sens, et où les tribus prennent le pouvoir."

Je comprends la nature de votre souffrance et ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises, mais jamais je ne travaillerai à la substitution d'une forme de rejet épidermique des autres par une autre force de rejet, car ce serait tout autant dangereux pour la cohésion nationale. Le maintien de la cohésion de la Nation France est l'objectif qui nourrit ma détermination à travailler, aux côtés d'autres, à ce que la France reste debout.

Cela vous paraît étrange, car la peur panique de disparaître embrume désormais l'esprit de beaucoup, mais j'insiste sur le fait que si la République, qui vacille déjà fortement, s'affaisse, alors vous disparaîtrez ! C'est donc, effectivement, une question très lourde de conséquences. Peut-on se résigner, chacun dans son coin, à ce que le peuple français puisse disparaître, du fait de la disparition des idéaux qu'il porte ? Vous connaissez déjà parfaitement ma réponse.
Bien cordialement.

Écrit par Malika Sorel | 04 avril 2009

Comme je n'ai pas encore lu le livre de Malika Sorel et que je ne suis pas un spécialiste, je sais que je prends un risque en écrivant ici.

Ce que je veux dire c'est que je pense qu'Olivier comme Malika Sorel ont raison, tous les deux, mais aux deux extrêmes d'un même sujet.

Derrière ce qu'évoque Olivier, je perçois la notion qu'un pays, une communauté de destin au sens large, s'inscrit dans un contexte historique et culturel, et pas seulement dans des idées si belles et justes soient-elles.

La République en tant que principe porteur d'universel permet d'émanciper l'individu certes, mais vous savez parfaitement que nous autres humains ne sommes pas juste faits d'idéaux mais avons une identité née et liée à un territoire, une culture, une Histoire. Nous ne venons pas de nulle part. C'est pour cela que le plus républicain des français, allant à l'étranger, réalisera qu'il est... bel et bien de culture française. Et s'il ne veut pas l'admettre, les autres, eux, le lui feront comprendre sans problème!

Le communisme a lui aussi tenté d'éradiquer la culture dans l'Homme, mais a logiquement échoué malgré ses immenses efforts pour y parvenir. Car nous portons tous en nous cette ambivalence, entre une individualité cherchant l'émancipation, et notre attachement à une communauté culturelle et historique qui définit une bonne part de notre identité.

Alors oui, il faut permettre l'émancipation et l'avènement du Citoyen, mais nous ne pourrions lui retirer sa culture et son histoire pour autant, sans risquer un retour des identitarismes. La réaction d'Olivier en est un parfait exemple, d'ailleurs. Et j'ajoute en défense d'Olivier qu'il n'y a aucune raison pour retirer aux Français ce que l'on reconnaît sans hésitation à tous les autres peuples, du Maghreb à la Chine (et au Tibet!).

Cela veut dire que la République dont nous parlons, ne saurait se limiter à une République "abstraite" et idéale, hors de tout contexte culturel et historique. Là encore, même si cela n'empêche pas leur potentiel universel puisque s'adressant à l'individu en chaque être humain, je suis d'accord avec Olivier pour dire que les Droits de l'Homme ont des racines chrétiennes, que cela plaise ou non (et non pas ecclésiastiques! svp faites la différence entre l'Eglise et le christianisme - lisez donc le Nouveau Testament: Jésus de nos jours serait un véritable progressiste! Et c'est à moi, un agnostique, que vous faites écrire cela!).

Cela veut donc dire que la citoyenneté ne pourrait se définir en dehors de l'adoption des deux principes complémentaires que j'ai évoqués: l'acceptation des principes universels de la République et des Droits de l'Homme d'un côté, mais aussi l'acceptation de la France comme communauté de destin inscrite dans une lignée historique et culturelle continue partagée par les citoyens. L'un sans l'autre ne pourraient fonctionner longtemps, et la cohésion nationale ne serait qu'un lointain souvenir.

En clair, il faut certes une République universaliste, mais une République qui soit véritablement amoureuse de la France en ce qu'elle est, culturellement et historiquement parlant.

Evidemment, la culture française continuant de se transformer au gré des mouvements de population, de leurs apports et échanges, et des événements historiques, elle évolue et ne ressemblera sans doute pas demain à ce qu'elle a été hier. Mais là n'est pas le problème, et la France chrétienne n'est plus la Gaule de Jules César.

Le problème véritable c'est que par conséquent, l'intégration républicaine réclamera tout de même l'adoption par les nouveaux citoyens issus de la diversité, non seulement des lois et règles républicaines, mais aussi, sans pour autant renier les leurs propres autant que possible, l'adoption de ces nouvelles racines culturelles et historiques. Or c'est là, je pense, que se situe le plus grand des défis à notre époque où le communautarisme - en somme l'hermétisme culturel - semble bien installé.

Et la seule manière de parvenir à cela, c'est en veillant à ce que les principes de la République l'emportent en politique sur les prêches des multi-culturalistes, sur les courants fondamentalistes et communautaristes, mais aussi, et sans doute surtout, en permettant aux Français eux-mêmes de renouer avec leur propre culture et leur propre Histoire, que des discours multiculturalistes incessants et culpabilisants ont fini par rendre honteuses.

Car, en toute honnêteté, qui pourrait être tenté d'adopter une culture et une histoire considérées comme honteuses? Comment demander à des immigrants d'accepter une culture et une histoire dont les Français eux-mêmes auraient au fond de leur coeur, honte?

D'ailleurs, ce que je constate, c'est que les multi-culturalistes en France cultivent une auto-détestation de leur propre culture, de leur propre pays, que je ne connais à aucun autre peuple. Alors comment pourrait-on demander à d'autres de respecter des gens qui ne se repectent même pas eux-mêmes, ni leur propre pays, culture, histoire?

Si vous vous faites la réflexion, je vous arrête tout de suite: mon propos n'est pas du nationalisme, ou alors il vous faudra traiter avec moi tous les autres peuples de la Terre de nationalistes.

Car ceux qui m'ont ouvert les yeux sur tous ces problèmes ne sont pas Français, ce sont des amis Tunisiens, Algériens, Chinois, Japonais, Vietnamiens, etc. vivant en France, et ayant mis le doigt sur notre "problème" à nous autres Français, qui sommes manifestement incapables de faire notre propre psychanalyse. Ces personnes, venues en France parce qu'elle représente quelque chose pour eux, se sont senties presque trahies par le peu d'estime que les Français ont pour leur propre pays, et par leur faiblesse face aux politiquement correct et aux pressions communautaristes.

Ce que je tente de dire, c'est que l'intégration ne marchera pas, ne marchera absolument jamais, si les Français ne se remettent pas à aimer leur pays et à être fiers de leur héritage à la fois républicain, culturel et historique. Cela demandera de digérer les "fautes" historiques de la France, au lieu de les ressasser et de les laisser devenir instruments décontructeurs du pays et de la République aux mains des démagogues, et c'est tout un combat qui s'annonce là contre la bien-pensance entretenue et utilisée avec maestria dans les médias par nombre de politiques, d'intellectuels, et d'association soi-disant des Droits de l'Homme.

En fin de compte, le défi de la République, à la base c'est un combat des Français contre eux-mêmes, contre leurs névroses, leurs culpabilités, le politiquement correct, la bien-pensance, leur incapacité à accepter et partager sans honte leur propre identité culturelle et historique avec les nouveaux arrivants, au-delà des grands discours universalistes et démagogiques qui n'engagent jamais à rien.

Espérons qu'ils gagnent rapidement ce combat intérieur, et que des personnes comme Malika Sorel puissent les y aider, pour que l'on évite le pire, car aucun peuple, si honteux soit-il, ne se laisse disparaître culturellement sans se battre.

Bien cordialement.

Écrit par Demos | 05 avril 2009

"La journée de la jupe" est un succès, malgré les réticences de la presse. Cela nous donne du courage. Continuez Malika.

Cordialement

Écrit par Christian | 11 avril 2009

Malheureusement je suis dans la même situation que vous, la situation me hante et on croit parfois marcher sur la tête. Et tout cela se fait dans un silence quasi général.

Écrit par Lasalle | 09 mai 2009

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