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16 avril 2009

La journée de la jupe

« La journée de la jupe », ou la peinture réaliste de ce que sont devenus les « territoires perdus » de la République française. Il est urgent que ce film soit projeté dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale, au Sénat, à l’Élysée, à Matignon, afin que nul homme ou femme politique ne puisse jamais dire qu’il ou elle ne savait pas. C’est bien trop commode !

Dans une émission Complément d'enquête de Benoît Duquesne « Banlieues : le feu est-il éteint ? », (France 2, le 13 mars 2007), Jean-Louis Borloo, Ministre de la République, avait affirmé avec force conviction : « Mais il faut bien que les Français on ait tous en tête une chose c’est que l’avenir du pays se joue là, dans les banlieues, parce que le taux de natalité de ces quartiers est deux fois plus élevé que sur le reste du territoire national. » Doit-on, au vu de ce qu’ils ont laissé s’accomplir, placer toute notre confiance en des hommes et femmes politiques qui continuent d’affirmer à une majorité silencieuse : « l’immigration est une chance pour la France », plutôt que « l’immigration se devrait d’être une chance pour la France » ? La censure qui s’exerce sur ce sujet est trop forte et empêche les Français de réaliser que nous sommes majoritaires. Le courage et l’esprit de responsabilité sont devenus des qualités bien trop rares dans le monde politique, à une heure où nous aurions justement besoin de personnalités désintéressées, courageuses et responsables. Souvent, ces dernières années, j’ai pensé et repensé au Général de Gaulle. Qu’aurait fait ce grand amoureux de la France pour la sortir de la galère, pour faire dévier sa trajectoire avant qu’elle ne heurte l’iceberg qui lui sera fatal ?

Une chose est claire, nous devons réussir à mettre les vrais sujets sur la table bien avant l’élection de 2012. Si nous n’y parvenons pas, les professionnels de la politique utiliseront de nouveau ce sujet de l’intégration comme un épouvantail pour, sitôt élus, ne rien changer à leurs petites habitudes, ou pire encore, faire l’inverse de ce qu’il eût fallu faire pour empêcher que la France ne s’enfonce encore davantage.

À la fin de la projection du film « La journée de la jupe », la salle a applaudi. Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, il faut aller le voir, car on y trouve en seulement 1h30 beaucoup de ce qu’il y aurait à décrire : un véritable exploit !

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Commentaires

Bonjour Malika,

Je me rappelle vous avoir entendu parler, sur France culture, de non assistance à personnes en danger. Le film " La journée de la jupe" met en scène précisément cette violence à l'école qui met en danger aussi bien les élèves que les enseignants. A l'heure d'aujourd'hui, elle n'est pas aussi paroxystique que le démontre le film quoique dans certains lycées professionnels, nous en soyons déjà là, mais tous les paramètres sont présents et il suffit qu'un établissement parisien donne le la, pour que la poudrière sur laquelle nous sommes assis nous explose à la figure.
Le principal dans le film est loin d'être une caricature, il représente la majeure partie des chefs d'établissement atteints de cécité pour diverses raisons:
- soit ce sont d'anciens CPE, qui ont une représentation d'éducateurs et ne comprennent pas que l'acte d'enseignement requiert d'autres prérogatives;
- soit ils aspirent à des promotions personnelles et camouflent à leur administration tout ce qui peut nuire à leur carrière;
-soit une lâcheté ordinaire;
-...
Quoi qu'il en soit leurs pratiques sont identiques, ils font pression sur les enseignants pour leur faire accepter toutes les avanies dont ils sont victimes tous les jours, si bien que de banalisation en banalisation nous en sommes arrivés à à peu près ceci, les enseignants n'exigent plus rien, certains, à l'image de celui, qui, dans le film, travaille sous l'autorité du Coran, pour mieux supporter l'insupportable, mettent en cause l'institution ( "Entre les murs" en est l'exemple type) et les élèves, quant à eux, n'apprennent plus rien sinon l'insolence, l'arrogance, l'ignorance et bien entendu la violence, c'est à peu de choses près tout!

Écrit par meriyem soltani | 17 avril 2009

Bonjour Malika,

Je n'ai pas encore vu ce film, mais les extraits semblent révéler ce qu'une certaine gauche ne souhaite pas voir. A savoir que certains élèves déboussolés ne veulent plus adhérer à un projet collectif commun, un projet qui les dépasse.

En partant d'un bon sentiment, ne pas stigmatiser tous les issus de l'immigration, une partie de la gauche ne veut pas voir qu'une partie de ces « jeunes » ne veut pas s'intégrer voire même s'insérer.

En outre ce débat est pris en otage entre les deux extrêmes : cette partie de la gauche et une droite radicale pour qui tous les issus de l'immigration sont des délinquants en puissance.

C'est comme si ces deux tendances s'entretenaient l'une l'autre. Deux visions qu'il faut rejeter avec force pour aider ceux qui veulent adhérer à la République, à pouvoir le faire sereinement, sans les favoriser ou a contrario leur mettre des bâtons dans les roues.

Quant aux solutions, vous en parlez dans votre livre :

-renforcer l'école élémentaire, multiplier les cours de français qui se réduisent comme peau de chagrin...
-aider les parents à s'insérer, leur apprendre le français, les inclure dans ce débat
-lutter contre les mafias des quartiers... ici j’énoncerai une proposition qui peut paraître radicale : légaliser ou dépénaliser les substances illicites, même si ça peut paraître difficile à accepter, ceci afin de couper l'herbe sous le pied des trafiquants.
-valoriser les métiers du savoir et de la connaissance et non les stars éphémères de la "médiacratie"

Et surtout ne pas hésiter à parler de ce sujet et ne pas l’étouffer, sinon ce sont les extrêmes qui s’en saisiront.

Écrit par jugurta | 17 avril 2009

Oui Malika, nous sommes un certain nombre à garder une petite autonomie de réflexion... Mais combien ? Un majorité ? Je vous trouve bien optimiste.
La menace, je dirais même le piège, de l'amalgame à l'extrême droite (et les réflexes pavloviens que cela engendre), fonctionne encore fort bien.
Dans ce contexte j'ai cru (naïf une fois, naïf toujours) que Sarkozy allait "faire dévier la France de sa trajectoire" fatal. La désillusion est totale. Pragmatisme de sa part ? Cynisme ? Les deux sans doute. Il n'est en tout cas pas celui qu'il faut pour sortir de l'engrenage infernal du déclin.

La réaction des médias de gauche au film "la Journée de la Jupe" est bien rodée. Premier temps, l'indifférence. Deuxième temps, devant l'audience record et le buzz, l'amalgame. Les sites d'extrêmes droites font la promotion du film ? Il est donc mauvais. C'est simple et éprouvé.

Une réaction similaire a été mise en place face à la vidéo montrant une agression dans un bus de la Ratp. La vidéo est reprise par les sites d'extrêmes droites ? Le buzz est "nauséabond" (commentaire d'un journaliste sur Lci). Qu'est-il advenu des agresseurs ? A quoi ont-ils été condamnés ? Ca n'intéresse personne parmi les journalistes. En revanche le policier à l'origine de la fuite est entre les mains de l'Igs. Ca on le dit et le répète.

Le message est clair, limpide... Taisez-vous !

Écrit par noop | 18 avril 2009

Cher Jugurta, si je puis me permettre : si c'était seulement une "certaine partie de la gauche" qui avait refusé de regarder la réalité des difficultés en face, la France n'en serait pas rendue là où elle est. Malheureusement pour le peuple français, l'aveuglement est fort répandu sur l'échiquier politique, l'aveuglement mais aussi la douceur de la soie. Je m'explique: si les hommes et femmes politiques, si les journalistes avaient eu leurs enfants ou petits-enfants scolarisés dans les établissements de certaines banlieues, ces dernières ne seraient jamais devenues des zones "sensibles". Comme par hasard, ces hommes et femmes politiques auraient su trouver les justes solutions, à savoir celles qui font appel à l'esprit de cohérence et les journalistes ne nous auraient pas abreuvés à longueur de journée d'articles surréalistes. La solution? que la classe politique ainsi que les journalistes fassent eux-mêmes de la "mixité sociale" en installant leurs propres familles dans les quartiers qu'ils ont eux-mêmes baptisés "sensibles". Je vous garantis qu'ils trouveront alors très rapidement comment sortir la France du bourbier.

Écrit par Malika Sorel | 18 avril 2009

Chère Malika,

évidemment ce que vous dites est tout à fait logique.

Si une loi obligeait tous les dirigeants d'EDF et leurs familles à habiter dans l'enceinte des centrales nucléaires, le budget alloué à la sécurité doublerait instantanément et nous vivrions rassurés.

Si la fille d'un ministre se faisait agresser dans un bus RATP par des racailles, et la vidéo diffusée sur internet, ces problèmes sociétaux prendraient tout de suite une tournure réelle dans la tête de ces bien-pensants et on arrêterait de détourner le regard d'une réalité que l'on se refuse à accepter.

Mais, hélàs, tout cela est par trop idéaliste.

Car la mixité sociale n'existe pas, et il n'y a rien à attendre dans ces domaines des élites de la nation, elles qui sont bien trop conscientes et contentes de faire partie des derniers prés carrés nantis, bien à l'abri des zones sensibles.

Il y a trop de "si" pour qu'ils puissent se sortir de leur aveuglement ou de leur conduite hypocrite.

Je vous donne un exemple. Je viens de voir un documentaire sur Enoch Powell qui en Angleterre dans les années 60 prédisait déjà les problèmes inhérents à la société multi-culturelle. Bien que soutenu par les classes ouvrières, qui l'auraient porté à la tête si le processus démocratique avait joué, il s'est fait démonter par son propre parti, les classes aisées et par les intellectuels.

Aujourd'hui, ses prises de positions sonnent comme prophétiques, puisque ses craintes se sont tout à fait logiquement révélées justes. Mais elles n'avaient rien de prophétiques, puisqu'il ne faisait que relayer ce qui se passait dans la réalité, sur le terrain, dans la vie quotidienne de ses administrés, ignorés et surtout méprisés par les élites.

C'étaient juste des réalités qui n'étaient pas prévues dans les belles théories angélistes et bien-pensantes des élites, des choses qu'elles se refusaient donc de voir et d'admettre.

Notez que l'arrogance et surtout le mépris pour les classes populaires est vraiment à la racine du mal: la réalité vécue par leur bas-peuple inculte ne saurait avoir raison des théories élaborées par les élites s'estimant supérieurement intelligentes. C'est une arrogance que l'on retrouve jusque chez les intellectuels communistes, ceux-là mêmes qui se sont pourtant jurés d'être aux côtés du peuple.

Et c'est toujours le cas aujourd'hui, et cela durera tant que ces élites ne seront pas véritablement, physiquement, victimes elles aussi des mêmes problèmes.

C'est la preuve que le peuple, qui seul connaît la réalité (puisque la vraie situation du pays est la réalité que vit le peuple, pas celle que vit ses élites), n'a pas son mot à dire, et n'a pas le pouvoir effectif dans la société.

Il semble que le peuple a par ailleurs bien intégré son statut de sous-citoyen, puisque les médias sont tout à fait capables, tous les jours, de faire comprendre à la population que ce qu'elle vit au jour le jour est faux, un pur produit de l'imagination, pour ne pas dire pire.

Bref, ce que cela veut dire, c'est qu'étant donné ces mécanismes, en tout logique, les choses devront en arriver à une crise générale, telle que même ces fameuses élites et leurs familles en soient atteintes dans leur propre chair, pour que la prise de conscience se fasse chez ces personnes privilégiées.

Et cela n'est pas de l'idéologie mais l'application de la logique en accord avec la nature humaine et sociale de notre société.

D'ailleurs voyez pour preuve: les élus plient volontiers devant les insistances, pour ne pas dire les menaces, des communautés musulmanes fondamentalistes qui revendiquent des financements publics pour leurs mosquées. Ils ne plient pas nécessairement par altruisme, mais certainement par peur, tout simplement.
Car il est évident qu'avec les exemples tels que Van Vogh égorgé en pleine rue aux Pays-Bas, Geert Wilders avec plus de menaces de mort pesant sur lui que de jours dans l'année, le message a été bien reçu: c'est la peur qui gouverne aujourd'hui les rapports des Français avec les musulmans fondamentalistes.
Comme dans tout régime de terreur, il y a aujourd'hui en France des critiques, même modérées, que l'on ne peut pas formuler à voix haute, dont on ne parle pas si l'on n'est pas sûr de ses interlocuteurs.

Et la nature humaine étant ce qu'elle est, peu d'élus seraient prêts à risquer leur intégrité physique ou celle de leur famille pour leurs convictions, si celles-ci venaient à entrer en conflit avec des administrés fondamentalistes aggressifs et motivés.

Les citoyens qui n'ont pas recours à l'intimidation physique, eux, n'auront jamais autant prise sur leurs élus.

Par conséquent, et toujours logiquement, il faudrait donc plutôt souhaiter que les choses se dégradent très vite, de façon générale et violemment, pour que ce délitement ne se fasse non plus insidieusement, mais au contraire à vif. Car une dégradation "douce" ne ferait que prolonger sur des décennies, c'est à dire jusque bien trop tard et de façon irréversible, le délitement que nous connaissons actuellement.

Ce n'est donc qu'en touchant le fond vite et fort que la situation pourrait susciter une réaction collective suffisamment forte et rapide pour contrer l'inaction des élites et s'opposer aux derniers hésitements et aveuglements des forces dominantes dans ce pays.

Je ne sais pas à quoi ressemblerait une telle situation, et je comprends que personne de modéré ne pourrait raisonnablement cautionner une telle conclusion avec ce qu'elle suggère de débordements prévisibles, notamment nationalistes ou identitaristes, mais vous conviendrez qu'en toute logique ce raisonnement est malheureusement imparable.

Et si cela doit vouloir dire que nous ne pouvons moralement cautionner la seule solution qui s'offre à nous en toute logique pour renverser le cours des choses, alors cela veut dire que le cours des choses ne se renversera, hélàs, probablement pas.

Enfin, en poussant le raisonnement un peu plus loin, cela veut aussi dire que nous sommes donc dans une impasse, et que nous autres modérés, ne pourrons donc probablement pas être de ceux qui seront en mesure de changer le cours des choses. Ceux qui le feront, s'ils y arrivent, ne seront donc logiquement pas des modérés.

Là encore hélàs, l'Histoire a confirmé à maintes reprises l'aboutissement de mon raisonnement.

Chère Malika, en toute honnêteté je n'attends qu'une chose: qu'on puisse me démontrer rigoureusement que je me trompe...

Écrit par Demos | 21 avril 2009

A Demos mais aussi à tous, les modérés que nous sommes doivent trouver la voie qui permettra au peuple français de faire entendre sa voix. Je veux continuer de croire que nous y arriverons dans le calme afin de ne pas faciliter, nous-mêmes, le jeu des extrêmes qui n'attendent qu'une seule occasion pour semer leur chaos dans notre pays. L'alliance de certains ultragauchistes avec certains altermondialistes qui sont rejoints par des forces extrémistes religieuses est à surveiller de très près. Le jeu dangereux d'un certain François Mitterrand avec un J.M Le Pen est manifestement entrain d'être reproduit avec une icône Besancenot fabriquée aujourd'hui par une droite qui ne comprend toujours pas qu'elle va tuer la France en tuant les principes républicains qui font France. Là aussi je pense que les électeurs qui se vivent comme étant de droite doivent entreprendre d'entrer en contact avec leur parti ou encore leurs élus afin de participer à leur ouvrir les yeux dans le but de les amener à faire entendre raison à leurs leaders ou élites politiques.

Oui la peur oblige les hommes et femmes politiques à bouger et c'est bien cette peur qui est aujourd'hui également à l'oeuvre dans les prises d'otages de patrons. Certains hommes et femmes politiques ont, par commodité et aussi par manque d'esprit de responsabilité, stigmatisé l'ensemble des patrons oubliant que l'immense majorité d'entre eux ne sont pas nourris à l'excès de rémunération des grands patrons. Ces situations de tension extrêmes sur le terrain peuvent à tout moment déraper et nuire encore bien davantage à notre pays.

Pour cette raison je ne veux pas faire le jeu de la stigmatisation car la stigmatisation d'une partie de la population pourrait conduire un jour à des représailles organisées. L'histoire a, hélas, maintes fois montré que les hommes étaient capables des pires horreurs.

Nous avons encore la possibilité de remettre la France debout sans pour cela passer par une période d'horreur comme celle qui a suivi la Révolution française. Je suis convaincue que le sursaut salvateur se fera grâce à une partie de nos élites intellectuelles, politiques et économiques qui rejoindront le peuple.

Le peuple français dispose aujourd'hui de la maturité et de la force nécessaire pour effectuer sa révolution en douceur. L'intelligence, la lucidité et l'esprit stratège viendront à bout de toutes les idéologies extrémistes, d'où qu'elles viennent et proviennent.

Écrit par Malika Sorel | 21 avril 2009

Chère Malika,

Vous dites "Je suis convaincue que le sursaut salvateur se fera grâce à une partie de nos élites intellectuelles, politiques et économiques qui rejoindront le peuple.", et je suis d'accord avec vous.

Mais ce que je conteste, comme je le démontre dans mon commentaire précédent, c'est:
- que des élus puissent prendre conscience de leur plein gré, et du moins se prononcer publiquement leurs opinions à ce sujet
- et encore plus que cela puisse se produire au sein des organisations politiques existantes, totalement verrouillées dans leur ligne de pensée depuis des décennies, et qui sont la cause des problèmes que nous connaissons.

Reprenant votre propos, je pose donc la question suivante: "rejoindre le peuple" n'est-ce pas en soi un objectif politique?

En effet, si l'on considère que "politique" veut toujours dire organiser la cité, et donc le pays, alors effectivement le projet de défendre ces idées, une telle mouvance ne pourrait être en effet que de nature politique.

Par conséquent, s'il y avait un mouvement politique, capable de prendre forme et de "rejoindre le peuple", ce serait au travers d'un parti politique, existant ou à venir.

Mais comme je l'ai souligné, il semble très peu probable qu'un parti politique existant puisse adopter cette ligne politique (sauf sans doute des partis jeunes, comme le Modem, dont la ligne est encore peu définie et les acteurs pas tous installés).

Mais, avant même qu'un parti politique puisse se former, il faut très certainement qu'un groupe de défenseurs de ces idées préexiste.

En conséquence de quoi, la seule façon de faire exister un tel mouvement politique, c'est déjà en commençant par former un groupe - une association, par exemple -, identifiable médiatiquement, porteuse de ces opinions, et regroupant les citoyens, médiatiques ou non, partageant celles-ci.

Ce groupe serait en quelque sorte le pendant républicain et laïque des associations multi-culturalistes ou communautaristes qui ont pignon sur rue.

Il existe déjà des associations laïques et républicaines, mais elles restent marginales car n'ayant pas recruté ces fameuses personnalités dont vous parlez.

Je proposerais donc, en guise d'action citoyenne, d'officialiser la démarche que vous proposez, non pas comme vous le suggérez en se contentant d'envoyer des lettres à nos élus (et je pense avoir suffisamment bien démontré qu'en toute logique cela ne marchera probablement pas), mais plutôt en décidant de "mettre le paquet", à savoir en tentant d'unir les forces des personnes qui partagent le même constat et les mêmes opinions.

Personnellement, je n'ai pas de meilleure idée pratique à proposer pour mener une action, et non pas seulement d'attendre le salut venant d'"une partie de nos élites intellectuelles, politiques et économiques qui rejoindront le peuple".

Je souhaiterais donc que vous disiez ce que vous en pensez. Il ne s'agit pas d'un souhait personnel de ma part, mais encore une fois, de la conclusion d'un raisonnement que j'espère équilibré et solide.

Écrit par Demos | 22 avril 2009

Cher Demos

Vous dites: "Je proposerais donc, en guise d'action citoyenne, d'officialiser la démarche que vous proposez, non pas comme vous le suggérez en se contentant d'envoyer des lettres à nos élus (et je pense avoir suffisamment bien démontré qu'en toute logique cela ne marchera probablement pas), mais plutôt en décidant de "mettre le paquet", à savoir en tentant d'unir les forces des personnes qui partagent le même constat et les mêmes opinions."

Je suis tout à fait d'accord avec vous et c'est ce que je tente de faire, en plus bien sûr d'écrire à nos hommes et femmes politiques. Pourquoi pensez-vous que j'ai décidé de rejoindre un homme politique? Pour servir la France! Et lorsque je dis servir la France, il faut traduire servir le peuple français et l'idéal qu'il porte. Je veux aller au bout de cette voie car c'est un homme politique qui porte déjà tout en lui et qui peut amener l'ensemble des partis politiques à porter de manière responsable ce sujet car ils craindraient alors d'être renvoyés par le peuple. La prise en main de ce sujet par l'ensemble de l'échiquier politique augmenterait considérablement les chances de remettre la France debout!

Ce n'est pas le hasard qui m'a menée vers cet homme politique. Ce sont les recherches entreprises pour mon livre qui m'ont fait découvrir qu'il était le meilleur porteur et défenseur de ce que nous sommes en tant que Français. Si j'aboutis, je vous donnerai son nom. Dans le cas contraire, je ne baisserai pas les bras et continuerai à parsemer les chemins de mes petits cailloux blancs. Mon dernier petit caillou: mon audition par le HCI début mars. Il vient de remettre son rapport. Je vous le publierai ici bientôt. En voici un extrait bien encourageant:

"Les valeurs républicaines sont le résultat d’un consensus social et politique toujours renouvelé où les Français issus de l’immigration ont d’ailleurs historiquement eu leur part.
Elles fondent le pacte républicain qui constitue très largement l’identité nationale française. C’est en ce sens qu’il faut clairement dire aux participants que nos valeurs ne sont pas négociables, à moins de nier la validité du pacte social qui fonde la République et se renouvelle génération après génération.
Poser la question des valeurs et symboles nécessite de revenir sur l’idée de République articulée autour des éléments de culture politique constitués à travers le temps, du concept de régime démocratique et enfin autour de la notion de citoyenneté corrélée à celle de l’identité nationale."

Écrit par Malika Sorel | 22 avril 2009

Chère Malika Sorel,

je me réjouis de vos bonnes nouvelles concernant le HCI. Lorsqu'on voit les efforts démesurés qu'il faut déployer pour simplement exprimer des choses si simples et évidentes, on se demande où le pays a la tête, mais ce qui doit être fait, doit être fait, et heureusement que des personnes vigilantes comme vous l'êtes travaillent à reconstruire l'idée de notre République.

Je me réjouis que vous passiez effectivement du côté de l'action politique, seule à même de concrétiser les idées que nous exprimons ici, mais d'un autre côté je dois avouer que la chose telle que vous la présentez a aiguisé ma curiosité!

Personnellement, et bien que je ne le connaisse pas vraiment et avoue n'avoir pas tant prêté attention à son mouvement ces derniers temps, et si vous vouliez bien me pardonner de me prendre au jeu, je miserais volontiers sur Nicolas Dupont Aignan, mais par discrétion je ne vous demanderai pas de confirmer ou d'infirmer.

En ce qui me concerne, en plus de mes devoirs de citoyen, je pense avoir certainement le moyen d'ajouter une pierre à ma façon à l'édifice républicain. Peut-être en reparlerons nous un jour prochain.

Au plaisir de vous lire prochainement, et comme toujours, merci de votre optimisme combatif.

Écrit par Demos | 23 avril 2009

Merci Malika

Oui, MERCI pour votre clairvoyance et votre analyse fidèle de la REALITE .
Dans le même sens que "la journée de la jupe", il y a le roman de Thierry Jonquet, publié au Seuil, fin 2006, dans la série "Roman Noir", et qui a emprunté son titre à une phrase de Victor HUGO : "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte".
Le décor est semblable à celui de la journée de la jupe, sauf que c'est à l'extérieur du collège que l'action se déroule le plus souvent, et que l'héroïne du roman est juive . . .
Cette banlieue du "9-3",et sa "cité scolaire" sont aussi des "territoires perdus de la République", où la barbarie, née d'une "tournante" entre l'ignorance et la loi du plus fort, règne en maître, où l'antisémitisme est basique,"banal" et "ordinaire", parce que l'ignorance a "appris" à tous ces jeunes que la shoa n'a jamais existé, et que "Feuj" = riches, par essence, parce que "c'est comme ça" . . .

Comme disait la 4ème de couverture, tout ici se passe dans "des territoires que la République se doit de reprendre à la barbarie".

Mais ce n'est toujours pas "politiquement correct" de dire cela, comme de faire les constats que vous faites, et qui sont pourtant INCONTOURNABLES pour une véritable intégration républicaine et citoyenne.
Merci pour votre action éclairée, et .....Continuez comme cela !

Écrit par Didier BLANCHERIE | 02 mai 2009

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