« Escapade chez le Comte de Monte-Cristo | Page d'accueil | Dati, Descoings, Sabeg, Sarkozy : même combat ? »
14 mai 2009
Risque révolutionnaire ?
C’est la question qui continue d’agiter les médias et notre classe politique. Les hommes et femmes politiques, les syndicalistes, mais aussi les journalistes, ont donné leur avis sur la question suivante : existe-t-il un risque révolutionnaire en France ? Ils réagissaient à la conviction exprimée par l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, pour lequel ce risque existe bel et bien. Le volcan français serait-il de nouveau prêt à une éruption dont lui seul connaît le secret ?
L’actuel Premier ministre, François Fillon, a qualifié d’ « irresponsable » l’avertissement de Dominique de Villepin. Faut-il être aveugle, sourd et ignorant de l’histoire de France pour ne pas voir, entendre et sentir que la France est désormais de nouveau entrée dans une période des plus instables, une période qui peut parfaitement déboucher sur une nouvelle révolution ? De fait, la violence que subit le peuple français, à qui on dénie l’existence d’une identité propre, pourrait bien conduire à l’avènement d’une convulsion majeure ; une crise économique prolongée pouvant jouer le rôle d’un puissant catalyseur.
Voici une des soixante-seize recommandations formulées par Yazid Sabeg dans le rapport qu’il a remis le 7 mai dernier au Président de la République, Nicolas Sarkozy : « Action 53 : Introduire le thème de “la France aux identités multiples” dans les contenus de l’enseignement dès le primaire, au collège et au lycée. »
Yazid Sabeg : « Les 76 actions ont suscité un accord complet de sa part… il apporte un soutien total à ce que j’ai proposé ». « Il », c'est Nicolas Sarkozy.
Communiqué de la Présidence de la République : « Validant les grandes orientations du rapport, le Président de la République a demandé au Gouvernement d’examiner dans les meilleurs délais les différentes mesures proposées par le Commissaire. »
Une étude très instructive sur les valeurs des Français, conduite tous les neuf ans, est passée inaperçue. Est-ce parce qu’elle met le doigt sur l’essentiel ? Dans cette étude dirigée par deux chercheurs, Pierre Bréchon et Jean-François Tchernia, on découvre que le sentiment de fierté nationale se raffermit, que 9 Français sur 10 se déclarent fiers d’être Français, et que 98% d’entre eux considèrent qu’être Français se mesure au respect de la loi et des institutions françaises. Voici l’un des enseignements de l’étude : « En 2008, être Français est donc avant tout perçu comme une donnée comportementale même si la dimension héritage par les origines n’est pas exclue. »[1]
Pour le peuple français, la France ne possède pas d’identités multiples, mais une seule et même identité, celle que les Français transmettent, au fil de l’éducation, jour après jour, à leurs enfants.
Selon le juriste et chercheur Hugues Fulchiron, « On peut définir la nation comme “une communauté généralement fixée sur un territoire déterminé dont la réalité résulte de caractéristiques ethniques, linguistiques, culturelles, de certaines coutumes sociales, de traditions historiques et religieuses, tous facteurs qui développent un sentiment d’appartenance et des aspirations politiques communes” […] Par la nationalité, un individu prend part à une culture, à une histoire, à un destin, devient une partie d’une nation. »[2]
Que se passe-t-il désormais ? Tous ceux qui ne souhaitent pas prendre « part à une culture, à une histoire, à un destin » qui sont ceux du peuple français, entendent en changer les règles. La France ne serait plus le territoire d’un peuple unique, non, elle deviendrait le territoire d’un peuple qui serait à identités multiples.
Voici un extrait de mon audition par la commission présidée par Simone Veil : « L’officialisation, par les textes, de l’existence d’une “diversité” consacrerait en réalité la coexistence, au sein de la société française, de groupes reconnus et identifiés comme ne partageant pas la même vision de la société et, ce qui est sous-jacent, pas la même définition des règles qui codifient le bien-vivre-ensemble. Cela signifie qu’à terme, chaque groupe souhaitera être régi par le corpus de lois qui découle de son propre projet de société. C’est ce vers quoi a très récemment failli glisser le Québec, et c’est ce contre quoi lutte actuellement, avec grande difficulté, la Grande-Bretagne. »
Vous me demandez ce que je pense du rapport Sabeg ? À mes yeux, les plus condamnables ne sont pas ceux qui, venus de l’étranger, exigent que l’État français éreinte la France, mais notre classe politique, censée bien connaître l'âme du peuple français, qui, consciemment ou non, mais là n’est même plus la question, participe à placer la tête de notre pays sur le billot. Ne laissons pas mourir la France ! Mobilisons toutes nos forces pour la secourir !
Depuis la naissance de ce blog, j’exprime à intervalles réguliers le vœu que le réveil du peuple français se produise dans le calme. Ce que je sous-entends par là, c’est que ce réveil pourrait être brutal, très brutal, car trop, c’est trop ! Je sens, comme beaucoup de Français, et comme l’a exprimé Dominique de Villepin, fin connaisseur de l’histoire de France, que le compte à rebours est enclenché et que seul un élan collectif, un rassemblement des Français autour de l’essentiel, pourra désormais l’arrêter. Quelle forme cet élan prendra-t-il ? Là est toute la question !
____________________________
[1] « Égalité, tolérance, travail, bonheur : les nouvelles valeurs des Français », Le Monde daté du 25 avril 2009.
[2] Hugues Fulchiron, « La nationalité française », Que sais-je ? - PUF, octobre 2000.
18:14 | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : révolution, villepin, fillon, sarkozy, sabeg, identité |
|
Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://puzzledelintegration.blogspirit.com/trackback/1756129
Commentaires
Bonjour,
Risque révolutionnaire je doute qu'en France ce soit un danger. Il n'y a plus d'idéologie actuellement pour faire une révolution. Par contre des révoltes ça peut être possible mais je crains qu'elles soient régressives.
Si elles prennent trop d'importance je crains que dans un cas extrême nous ayions l'ONU. Ce n'est pas un gag, je suis certains que si les émeutes de 2005 avaient contnuées pendant plusieurs mois avec une forte intensité (tirs à armes réelles, incendies de batiments public etc...), alors une force internationales pourraient être envisagée.
L'Etat français ne pourrait alors intervenir énergiquement sauf à se discrédité au niveau international où des renards nous attendraient.
Écrit par arnaud | 14 mai 2009
Bonsoir Malika,
Quand je vous et quand j'écoute cette ITW d'un policier "issu de l'immigration" je me dis que tout n'est pas encore joué...
http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,4411196,00-pj-n-9-les-tabous-de-la-police-i-.html
Éducation (famille solide et valeurs sures)et Instruction (école républicaine et laïque)sont les deux mamelles d'une intégration réussie.
Écrit par jugurta | 14 mai 2009
La plupart de ceux qui envisagent une révolution, qu'ils la redoutent ou l'espèrent, lui trouvent un motifs bien médiocre. La "baisse du pouvoir d'achat" semblerait être le seul scandale qui fait se lever les français!
Selon moi la maladie est d'autant plus installée que le patient ne la remarque plus.
Que l'on parle de crise économique est rassurant: cette crise sera enrayée puisque l'on s'y emploie. Mais qui parle des crises bien plus profondes qui frappent l'occident actuellement? je veux parler des crises spirituelles, culturelles et oui, identitaires.
Les diafoirus parlent de grippe à leur malade pour qu'ils oublient leur cancer. Je ne croit pas que la baisse du pouvoir d'achat provoque les révolutions: elle provoque des émeutes, à la rigueur. Il y a dans le terme révolution un fond d'idéalisme qui n'apparaît pas dans les us actuels. Nos parties révolutionnaires jouent avec les mots, ils rêvent de révolutions mais ne nous préparent que des émeutes.
Et quand à vous, Malika Sorel, je vous suis grès d'être un médecin qui pronostique la juste maladie, et qui parle de révolutions véritables et non d'émeutes.
Écrit par Forcione | 14 mai 2009
Chère Malika
C'est avec joie que je lis ce soir un autre de vos billets, où vous évoquez le rapport Sabeg et de nombreuses références propres à enrichir le débat. Toutefois, je dois confesser que je ne partage pas, tant s'en faut, l'analyse de Monsieur de Villepin. C'est qu'à mon humble avis, il faut que soient réunies au moins deux conditions préliminaires (qui font cruellement défaut dans les circonstances présentes) indispensables à la création d'un authentique climat révolutionnaire, à savoir :
1°) Un modèle politique susceptible d'être imité (pour par la suite être dépassé) et d'inspirer la fondation d'une nouvelle forme de société (témoin l'influence indéniable de la révolution américaine sur les débuts de la Révolution française, ou de la Révolution française sur la révolution bolchevique) ; or, les Français savent fort bien qu'il n'est aujourd'hui aucune alternative à la démocratie libérale et aux défauts qui lui sont liés. De plus, il n'est pas fort prudent de prendre de possibles flambées de violence qui ne peuvent déboucher sur quoi que ce soit (cas de figure qui tient plutôt de la révolte ou de l'insurrection) pour les prodromes d'une vraie révolution.
2°) Des élites compétentes et crédibles qui puissent encadrer les masses en cas de rupture révolutionnaire et d'apparaître comme des hommes providentiels. Il va sans dire que je ne vois point qui pourrait faire l'affaire dans la situation où nous nous trouvons plongés, d'autant plus qu'une bonne partie du personnel politique du moment crie haro sur Sarkozy en critiquant la manière dont il gère l'actuelle crise mais en ne proposant, dans le même temps, rien de consistant pour remédier aux insuffisances de la politique qu'il mène. Dans ces conditions, ce n'est pas une révolution que nous avons à craindre, mais des révoltes sanglantes comparables à celles que conduisirent les sans-culottes à l'encontre de l'Assemblée nationale durant les premières années de la Révolution française. Si de telles choses devaient se produire de nouveau (et la configuration historique qui est la nôtre y est particulièrement propice), des violences anomiques se déchaîneraient, qui emporteraient toutes choses sur son passage, sans que personne pût les canaliser ni éviter tout risque de surenchère. De surcroît, si révolte il doit y avoir, celle-ci n'aboutirait probablement qu'à installer aux pouvoirs des démagogues tout juste bons à brocarder la corruption des élites en place. Le simplisme inhérent à cette pensée conspirationniste ne résoudrait, ne nous y trompons pas, aucun des problèmes extraordinairement complexes et difficiles avec lesquels nous sommes aux prises.
Pour ces motifs, j'abonde dans le sens de Monsieur Fillon : il est en effet irresponsable de jeter de l'huile sur le feu quand l'on ne possède pas par-devers soi le remède propre à guérir les maux que l'on fait grief à ses adversaires politiques d'avoir causés (à plus forte raison en va-t-il ainsi lorsqu'on emploie des mots sans se soucier de leur sens). Villepin ne saurait par conséquent constituer une alternative raisonnable à Sarkozy (en matière politique et sociale, tout du moins). Cela étant, j'attends en revanche de savoir ce qu'il a à dire sur le chapitre de la discrimination positive.
Je tiens à m'excuser d'avance de mes propos, car ceux-ci vont sans nul doute vous paraître épouvantablement péremptoires et présomptueux. Vous savez néanmoins combien est grande l'estime que je vous porte, et c'est bien pourquoi j'espère que vous ne vous sentirez en rien offensée par ce que j'ai écrit. C'est juste que je crois qu'il est essentiel de ne pas tout confondre : tout sépare, à mon sens, 2009 de 1789 (opinion qui n'engage que moi). Lisez donc ce petit mot comme une tentative de réponse à un mot que vous avez eu en ce jour du mois de mars où vous m'avez fait l'insigne honneur de converser avec vous. Rappelez-vous : vous m'aviez affirmé que la défiance de l'opinion à l'endroit du personnel politique est telle que l'on peut à bon droit affirmer que nous sommes à la veille d'un "nouveau 1789". Je n'ai voulu, en définitive, que susciter un débat et suis curieux de connaître les arguments que vous pourriez m'opposer pour étayer votre thèse d'un risque révolutionnaire.
Écrit par Sieyès94 | 14 mai 2009
Malika,
Mon grand Architecte ! (version laïque du Mon Dieu !) Comme vous avez raison. Je redoute un raidissement des français dont les premières victimes seront les émigrés "francisés". Je ressens en moi-même ce raidissement. Je me reconnais encore mais pour combien de temps ? Mauvais signe. Vos propos devant la commission Veil sont absolument parfaits. Ils sont précis et me font penser à un fameux texte d'Ernest Renan "Qu'est-ce qu'une Nation ?" (si vous ne le connaissez pas, vous le trouverez sur Internet et si vous le connaissez, vous le relirez avec plaisir, une merveille de rhétorique et de style. La France de la 3ième République, celle de Clémenceau donc mieux que De Gaulle ! ).
J'arrête les compliments pour redevenir moins "cabot".
Quelle forme cette élan prendra ? Nous voyons dans les pays nordiques (Suède, Norvège, Hollande, Danemark) un début de rejet sourd qui peut se transformer en violence. Ces pays n'ont pas la culture de l'accueil comme la France (culture acquise aussi et surtout avec la colonisation, soyons honnête !). Mais en France ?
La doxa médiatique est encore très forte mais s'affaiblit. la popularité d'un journaliste comme Zemmour - de fait il prend la place d'un politique - en atteste. Politiquement, il n'y a pas d'issue dans le cadre actuel. La rue ? brrr. Inquiétant. Version 1934 ou 1936 ? Comment dire aux étrangers présents qu'on ne les refuse pas, beaucoup en ont bavé (l'arabe ou le noir de ma jeunesse creusait la tranchée, pas le blanc dans la pelleteuse), mais....ça coince. Les plus condamnables ? Les élites ! La France n'a jamais été trahie que par ses élites (*). Le changement d'élite (une génération en fait souvent) se fait rarement dans la douceur....
Bref c'est du 50/50.
(*) "élites républicaines" est un parfait oxymore. Que voulez-vous le dogme et la réalité....
Écrit par robespierre | 15 mai 2009
Chère Malika Sorel,
"Le risque révolutionnaire" évoqué par Villepin n'est pas du même ordre que le risque d'exaspération ou de réaction que vous semblez attendre de la part des citoyens français face aux fossoyeurs de la République.
Les "moteurs" sont différents.
Dans le premier cas ces moteurs sont le social et l'économique.
Dans le deuxième c'est l'aspect civilisationnel...
Hors on s’est évertué avec succès à bien séparer les deux.
Et là on le voit, le pouvoir actuel a des moyens puissants pour mener à bien la "conversion" du pays. Voir l'article 53.
Le camp républicain, nationaliste ou nationiste, en tous les cas patriote (mais pas anti-européen) n'a pas eu les "penseurs" au moment crucial, celui des années 80, pour faire face au hold-up de Le Pen sur les thèmes principaux du débat. Le Pen a été et reste le meilleur allié des fossoyeurs. Il a permis à ceux ci de rendre tabou tout débat sur la nation, sur la dérive européenne, sur l'immigration, sur l'islam, sur la politique familiale (Ségolène Royal déclarait en le regrettant que la « famille » faisait parti des sujets tabous au PS… et comme je le dis un tabou au PS est un tabou national via le relais des médias).
Revendiquer des racines chrétiennes ? Facho.
Revendiquer une identité française ? Facho.
S'inquiéter d'une immigration de peuplement ? Facho.
Etablir une jonction entre immigration et délinquance ? Facho.
Etablir une jonction entre immigration et faillite de l'école ? Facho.
S'inquiéter des adaptations nécessaires pour "intégrer" l'islam ? Facho.
Voir un lien entre immigration et chômage ou bas salaire ? Facho.
Etc.
Nous avons renoncé à l'assimilation, puis à l'intégration, nous en sommes à la "Diversité" et le "Métissage" pointe le bout de son nez comme horizon et but ultime du "progrès". Et tout cela dans l'indifférence de nos concitoyens, dont l'attention est sans cesse mobilisée sur les sujets sociaux économiques que l'on se garde bien de mettre en relation avec les bouleversements démographiques. On nie même cette relation en permanence.
L’immigration « chance pour la France » en est le plus bel exemple. Ce Credo ne se discute pas.
En dehors d'Internet, je ne lis, je ne vois pas l'ombre du commencement d'un discours positif et attractif pour faire dévier le "paquebot" France de sa trajectoire. Lorsque j’entendrais ces thèmes abordés sans biais par un responsable politique digne de ce nom je saurais que l’espoir est de retour. En attendant je reste raisonnablement pessimiste.
Écrit par noop | 16 mai 2009
Après la Halde, le Haut Commissariat aux Solidarités actives, le Haut Conseil à l’Intégration, le Plan Banlieue du Secrétariat d’Etat à la Politique de la Ville, le Haut Commissariat à la Jeunesse, … Sarkozy a nommé un Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances (Yazid Sabeg) , un Haut commissariat à la Jeunesse qui aura pour tache principale de s’apitoyer sur le malaise de nos djeunz, sans oublier un Conseil à la Création artistique.
La France se soviétise à coups de Commissaires, de Commissions, de Conseils, de Plans, de diversité citoyenne, de vivre ensemble multitout, de métissage obligatoire, de statistiques « positives » pour aboutir à une uniformisation de la population à un rythme effréné. Et tout ça avec votre argent comme disait Coluche ! C’est sans doute la première fois dans l’Histoire qu’un peuple paie cash pour s’auto-détruire en disant merci.
Écrit par Alice | 19 mai 2009
@Alice
"La france est une sorte d'Union soviétique qui n'a pas totalement réussi".
Jacques Lesourne.
Écrit par robespierre | 21 mai 2009
Je crois que la citation exact de Lesourne, dans son "modèle français", c'est "la France est une union soviétique qui a réussi"
Écrit par jugurta | 23 mai 2009
@jugurta
ou peut être "La france est une Union soviétique qui n'a pas totalement echoué ?".
Écrit par robespierre | 23 mai 2009
Bonjour.
Juste une précision personnelle qui me paraît importante.
1- A propos de : "Tous ceux qui ne souhaitent pas prendre « part à une culture, à une histoire, à un destin » qui sont ceux du peuple français, entendent en changer les règles".
Le constat que vous pointez ici concerne la dernière réplique en date d'un processus engagé depuis fort longtemps.
Même si ce processus éclaire plus aujourd'hui la question de certaines populations immigrées, l'existence d'une différence d'avec les immigrés précédents (XXeme siècle) ne se pose qu'en termes de "seuils", d'électrochoc, de niveau de conséquences, de vitesse d'assimilation. Car le processus d'altération en lui-même, la "forfaiture invisible" que vous dénoncez, est à l'oeuvre depuis assez longtemps* et n'a pas vraiment gêné jusqu'à présent, un peu comme quelqu'un peut s'habituer à un léger rhume chronique (*Entre parenthèses, ceci procure un sentiment sincère de légitimité aux fervents partisans de la sanctification politique de ce processus; et demande à ses adversaires -nous- quelques arrangements de conscience (arrangements causés par des implicites qu'on ne parvient pas à formuler, des vides théoriques)).
En fait, il manque dans toutes les démonstrations que je lis un "ingrédient" pour qu'elles soient vraiment vraies. Bien que mon âme se dévore de la France, même moi, je ne saurais pas décrire cet ingrédient. Mais j'ai forcément croisé son chemin. Je songe à l'instant que c'est peut-être justement le vrai défi que l'Histoire de ce pays demande à quelques-uns de relever : détricoter, refaire le chemin en sens inverse, et retrouver l'ingrédient fondateur et indiscutable (auquel nos démonstrations ne rendent pas justice, tandis qu'elles veulent pourtant le servir).
Écrit par YannC | 23 mai 2009
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

