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23 juin 2009

Ma colère…

J'écris, j'écris mais ne publie pas. Je ne publie pas, car j'ai peur de vous exprimer la colère qui souvent, ces derniers temps, a monté en moi. J’ai trop mal à la France ! J’aimerais que ce soit simplement un cauchemar, un cauchemar qui remonterait du fond de mon ancienne vie ; celle où j'étais prisonnière de savoirs-être dans lesquels je ne me reconnaissais pas. Ce doit être un cauchemar, je vais finir par me réveiller. Il n’est pas possible que la classe politique française ait pu laisser la France des libertés de mai 68 glisser vers l’obscurantisme !

J’ai frotté mes yeux, et j’ai réalisé que j’étais éveillée et que je me trouvais bien en France ; enfin, dans ce que nos dirigeants politiques avaient fait de la France. J’ai réalisé que le cauchemar était devenu réalité, et que M. Besson était bien ministre en 2009 et que, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c’était au nom de la liberté qu’il ne fallait pas, selon lui, interdire le port de la burqa. La burqa, ce symbole de l’asservissement d’une partie de l’humanité. Aïe, revoilà donc mai 68 avec son « il est interdit d’interdire ». Besson, soixante-huitard primaire ? Imaginerions-nous qu’une personnalité politique de notre pays puisse déclarer : « Au nom de la liberté, il est interdit d’interdire l’esclavage », ou encore : « Si l’esclave consent à être esclave, alors il faut respecter sa volonté, c’est une question de respect de la liberté individuelle » ? J’ai simplement envie de paraphraser Coluche : Interdisons la connerie, et la France ira beaucoup mieux !

Voici un extrait de mon audition par le HCI, le 3 mars 2009 :

« Le respect de la laïcité perd chaque jour du terrain dans notre société. Ce sont les femmes qui en subissent les conséquences et qui voient ainsi, jour après jour, rogner le peu de liberté qu’elles avaient. Ceux qui ne connaissent rien aux pressions et au harcèlement que subissent les femmes au sein de certaines sociétés pensent que les signes religieux qu’elles arborent sont les conséquences d’une liberté de choix. Lorsque l’on a vécu dans ces sociétés, on comprend, au gré de la pression du groupe, que ces choix ne sont jamais libres, mais contraints.
C’est à l’État, encore une fois, et c’est au HCI de faire prendre conscience que pour permettre l’insertion, il faut imposer le respect de cette valeur essentielle de laïcité, et que l’intégration n’aboutira jamais pour ceux qui ne respectent pas la laïcité, car jamais les Français de souche ne reconnaîtront une femme arborant un signe d’appartenance religieuse qui leur renvoie l’image de la société afghane comme concitoyenne, et à ce titre porteuse ou représentante de l’idéal français. Car être Français, c’est aussi cela : être porteur de l’image de la France vis-à-vis des autres communautés nationales. Il faut cesser d’occulter la réalité de ce qu’être Français signifie pour un Français. Le peuple français a droit au respect de son image et de son identité, de même que tout peuple au monde a droit au respect de son identité et de son image. Pourquoi vouloir nier un droit aussi fondamental et aussi élémentaire au peuple français ?
»

Alors oui, j’ai été choquée par une partie du discours que Barack Obama a prononcé au Caire. Pourquoi cette ingérence dans nos affaires intérieures, de la part d’un pays qui a déjà démontré sa forte capacité de nuisance sur la scène internationale avec la création de nouveaux foyers de terrorisme (Afghanistan, Irak) ?

J’ai été choquée aussi par le manque d’esprit stratège de Barack Obama, qui l’a conduit à s’adresser au « monde musulman » quand tous ces peuples sont différents, et qu’entre eux existent fractures ou profondes divisions. Quel intérêt pour la paix dans le monde, dans les circonstances d'insécurité que nous connaissons, y a-t-il à vouloir donner conscience à ces peuples que, partageant la même religion, ils formeraient de ce fait un seul et même corps ? Ce qui n’est pas le cas, bien entendu ! Notons au passage que B. Obama divise le monde selon les mêmes lignes qu’un G. Bush ! D’où vient cette obsession des Américains à vouloir pousser les peuples à majorité religieuse musulmane à s'agglomérer, à se regrouper sous un même idéal ?

J’ai été choquée plus encore quand Nicolas Sarkozy, en sa qualité de représentant des Français, a approuvé ce discours de Barack Obama — y compris sur la question du voile, a-t-il tenu à préciser. Mais voilà qu’hier, au Congrès de Versailles, il a dit le contraire et a même parlé de délaisser son concept de négation de la laïcité qu’il appelle « laïcité positive ». Lequel des deux Nicolas Sarkozy faut-il croire ?

Face au Congrès de Versailles, Nicolas Sarkozy a promis qu’il n’évoquerait plus la « discrimination positive », mais dans le même discours il a dit ce qui suit :

« Qui ne voit que notre modèle d’intégration ne fonctionne plus ?
Au lieu de produire de l’égalité, il produit de l’inégalité.
Au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment. Mais je veux dire que pour atteindre l’égalité, il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chances de réussir qu’à tous les autres. Il ne faut pas le faire sur des critères ethniques.
»

Ces paroles portent en elles des contradictions, mais je veux pouvoir y croire. Soyons adultes : jugeons sur les actes, et non sur les paroles ! Une première occasion de vérifier si Nicolas Sarkozy s’est métamorphosé et a enfin compris la nécessité de respecter les valeurs qui sculptent l’identité du peuple français sera d’analyser la composition de son gouvernement, qui sera annoncée demain.

Si Nicolas Sarkozy se sépare du commissaire à la diversité Yazid Sabeg ; si Nicolas Sarkozy renonce à faire entrer le directeur de Sciences-Po Richard Descoings dans l’équipe chargée de mettre en oeuvre la politique de la France, ces deux hommes étant parmi les plus acharnés défenseurs de la discrimination positive et de la lecture communautariste de la France, alors oui, nous pourrons dire que Nicolas Sarkozy a peut-être commencé à comprendre les véritables défis qui se posent à notre pays sur cette question de l’identité et du maintien de la cohésion nationale. Si Nicolas Sarkozy a bien rompu avec le Nicolas Sarkozy habité de convictions non-républicaines (au sens de la République française, et non américaine), nous pourrons alors tous nous réjouir de ce divorce. Dans le cas contraire, le discours d’hier au Congrès ne serait qu’un rideau de fumée ; non seulement Nicolas Sarkozy n’aurait toujours pas compris qu’il est en train de mettre en place, sans le vouloir bien sûr, les outils ou les armes qui conduiront à la disparition de l’identité française, mais en plus il avancerait masqué ! Dans ce cas, que pourrions-nous faire afin qu’il entende raison, afin qu’il s’assagisse ?

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Commentaires

Bonjour Mme Sorel,

Mes respects encore une fois, et toute ma compassion pour votre sincère douleur. Mais j'insiste.

Il n'y a qu'une seule chose qui puisse nous faire accepter de réduire certaines "libertés": le sens de la vérité. Aucun discours raisonnable, rationnel et sans référence transcendante ne saurait interdire la burqa, le voile, le mariage homosexuel, la drogue, l'avortement, l'euthanasie ou la polygamie.

La République n'est qu'un régime politique, elle ne dispose d'aucun corpus moral ni idéologique à la base. Et c'est très bien ainsi. Mais la conséquence est que ce ne peut pas être aux noms de "valeurs républicaines" totalement imaginaires, que l'on fera reculer la burqa ou que l'on conservera une certaine dignité à l'être humain.

Il ne peut y avoir que la quête de Dieu, et en l'occurrence la quête de Dieu selon la culture chrétienne, qui puisse peu à peu convertir, c'est-à-dire imposer par la culture l'idée qu'une femme n'a pas à se transformer en fantôme pour se promener dans la rue, que mentir ou tricher est mal, qu'adopter un comportement tribal au détriment de l'équité morale est mauvais, etc...

Je tiens aussi à répondre à un de vos précédents commentaires à mon endroit: il n'est pas question ici de vous "récupérer". Vous semblez être une personne noble, et je ne fais qu'exprimer une opinion contraire à la vôtre sur ce lieu d'expression tant que vous le permettez. Sans vous récupérer je me permets d'exprimer ce paradoxe qui fait hurler tant et tant de personnes à courte vue: votre mentalité, votre laïcité, votre anti-tribalisme sont des produits de la civilisation chrétienne. C'est la Révélation du Christ qui, très graduellement, a pu permettre ces évolutions culturelles absolument majeures et que je partage. Et puis un beau jour, des hommes orgueilleux ou simplement ignares ont dit que l'on pouvait bien se passer du christianisme maintenant qu'on en a récoltés les fruits.

Le résultat? le résultat est qu'en 2009 on en est à discuter d'une loi qui interdirait les burqas. En France. Le résultat est que la France est islamique, et que son peuple est castré, les derniers survivants fiers de leur culture étant destinés à devenir des sortes d'indigènes dhimmis.

Vous comprendrez donc pourquoi je persiste à croire que vous nagez dans le vide, et que RIEN ne viendra d'un "combat républicain", aussi noblement inspiré fut-il. Si nous voulons que les choses changent, il faut avant tout prier le Seigneur, et accepter de souffrir pour notre liberté de croire en Lui. C'est par ce bout-là que les choses pourront un jour changer; en attendant c'est la lente descente aux enfers.

Écrit par Olivier | 25 juin 2009

Cher Olivier, vous êtes vraiment sérieux lorsque vous dites qu'il existerait une religion qui accorderait une place d'égale des hommes à la femme? Ne confondons pas le contenu des livres saints, qui sont vraiment très ressemblants sur cette question, et les évolutions, très appréciables pour vos "moitiés", que certaines sociétés ont réussi à apporter...

Écrit par Malika Sorel | 25 juin 2009

Je ne considère certainement pas l'homme et la femme "égaux", ce qui dans le jargon actuel veut immédiatement dire "similaires et interchangeables". Nous sommes profondément différents, cette différence se trouvant à la source de toute vie, et ces différences naturelles provoquant naturellement des différences sociales. Chercher à effacer cette différence sexuelle est très certainement le danger extrémiste le plus grand à l'heure actuelle, et persister dans cette voie apportera un retour de bâton en sens inverse un jour ou l'autre, sous la forme de burqas et d'appels forcenés du muezzin. L'islam est le double mimétique de la décadence occidentale.

Demander la "parité", imposer aux hommes de devenir des secondes femmes, imposer aux femmes de mener des carrières brutales qui les coupent de leurs enfants, sont des évolutions parfaitement criminelles et qui en retour et paradoxalement, poussent certains désespérés dans les bras de l'islam. Hommes comme femmes. Il suffit de lire leurs témoignages pour s'en rendre compte. Burqas et strings sont intimement liés, d'ailleurs les burquisées parlent tout le temps de strings dans leur défense. C'est leur alibi.

Il existe un nombre ahurissant de divorces, d'enfants européens qui connaîtront d'immenes problèmes psychologiques toute leur vie à cause des dérives féministes actuelles. Les mots de père, mère, frère et soeur perdent peu à peu tout sens, c'est une évolution lente alors c'est difficile de le voir, mais c'est déjà palpable. Chaque famille européenne, plus ou moins proche de soi, en souffre atrocement. Cet état de fait est absolument intenable, socialement, culturellement et moralement. C'est une civilisation qui s'effondre, qui se craquèle de partout jusque dans son langage.

On voudrait nous faire croire que la seule alternative à cela serait l'islam et tout ce qu'il charrie et qui vous horrifie: tribalisme, infériorité légale de la femme, polygamie, absence de liberté arbitre, etc... il existe une autre alternative civilisationnelle, il serait temps de s'en apercevoir.

Écrit par Olivier | 26 juin 2009

@ Olivier
La République n'aurait pas de colonne vertébrale d'après vous, pas de valeur morale... Je pense que vous faites fausse route.

La République ne nie pas le sentiment religieux. Pas plus que la laïcité ne le fait. Je suis croyant, catholique, et laïc...
La laïcité prend acte que la religion, les religions s'adressant à des populations diverses, à des esprits plus ou moins simples, plus ou moins malléables peuvent mener à l'intolérance... La laïcité c'est savoir que l'homme n'est pas infaillible et que la société (donc l'ensemble) doit être préservée de l’intolérance de certains. La laïcité ne dit pas "ne croyez pas", ne dit pas "le bien et le mal" n'existe pas, ne prône pas de se placer "au delà du bien et du mal"...

Il semblerait que le catholicisme, peut-être même la chrétienté, soit parfois traversée aujourd'hui par le syndrome de "l'abandon". Cet abandon total dont Jésus a eu le courage. C'est limite sectaire. Nous ne sommes pas Jésus. Que les apôtres abandonnent tout pour tenter de nous conduire, mais nous nous ne sommes pas des apôtres. Nous n'avons pas à "abandonnez".

Devant cet "abandon" qui voit ces effets jusque dans une démographie suicidaire, l'islam et l'immigration issue des pays musulmans viennent combler un vide. C'est terriblement dangereux.

Mais la situation est dangereuse précisément parce que les « laïcs » (ou ceux qui devraient les défendre) baissent aussi les bras, abandonnent également. L’égalité, n’est pas l’égalitarisme, c’est même opposé. Nous sommes égaux en droit… C’est le périmètre de ces droits qui a été chamboulé. « L’interdit d’interdire » soixantehuitard a fait des ravages. Le relativisme égalitariste aussi. Tout ça met à mal la République et la laïcité véritable garant de notre « vivre ensemble ».

Que nous finissions par être remplacé par l’immigration du sud cela semble en « bonne » voie. Mais au moins devrions nous être intransigeants sur les « valeurs » qui sont les nôtres, pour justement les transmettre.

Ce qui motivent nos « élites » c’est la peur. La peur d’être la cible des damnés de la terre, de l’ex tiers monde, eux en plein boum démographique. Leur idée c’est de nous faire intégrer par l’immigration toutes les « différences » afin que les opprimés (par l’occident bien sur) ne voient plus en nous une cible mais des semblables. L’immigration est autant un outil économique, qu’un moyen de faire baisser la pression et qu’un « camouflage » ethnico-culturel.

Écrit par noop | 26 juin 2009

Bonjour,

Je vois qu'Olivier est toujours à genoux devant sa croix....

Oui toutes les religions donnent un statut inférieur aux femmes. Peut-êtyre que le christianisme en pronant la bigamie a ouvert une porte, sans le savoir, sur l'égalite mais ça n'était pas son intention première.

Concernant la laïcité on dit qu'elle ne nie pas les religions. On peut être septique car quand on confine la liberté religieuse dans le privé que reste t'il dans le commun?
On peut être croyant et rationel mais quand on est dans ce dernier domaine et qu'on est un libre penseur on est dans une certaine négation de Dieu.
Précision : je suis athée.

Je rejoint Noop dans sa distingtion entre égalité et égalitarisme. Certains "laïque" on considéré comme excellent de faire "l'égalité des religions et des cultures". Quand on sait qu'une religion est une opinion on soupçonne un certain totalitarisme dans cette conception de l'égalité. Si vous n'êtes pas d'accord avec eux alors vous devenez xénophobe et raciste.
As t'on déjà eu l'idée débile de faire l'égalité des opinions politiques?

Entre une culture qui accepte l'exogamie, la liberté de conscience, la primauté de l'individu sur le groupe ethnico-religieux, qui accepte la critique etc.. et une autre qui refuse tout ceci les valeurs ne sont pas les mêmes.

Bonne journée à tous

Écrit par arnaud | 27 juin 2009

Bonjour Malika,

Je n'ai pas besoin de dire combien je suis d'accord avec votre colère.

Par contre je ne sais pas, comme le souhaite Olivier, si c'est dans le Christianisme que nous retrouverons foi dans les valeurs fondatrices de la Civilisation : la liberté individuelle et l'égalité en droit.

Je laisse ici un lien vers un article d'un républicain de gauche, M. Brighelli, qui dit simplement mais fermement pourquoi il faut tout faire pour éviter que les femmes et leur féminité soient ainsi niées par un signe religieux.

http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2009/06/27/ces-obscurs-objets-du-desir.html

Écrit par jugurta | 01 juillet 2009

@ arnaud
"On peut être croyant et rationel mais quand on est dans ce dernier domaine et qu'on est un libre penseur on est dans une certaine négation de Dieu."

Arnaud ne vous ait-il jamais arrivé de vous demander d'où vient cette "conscience", d'où vous viennent vos pensées... Biologique tout ça ? Uniquement ? Je suis croyant et rationel et je ne nie pas Dieu, pas plus la science. L'homme a l'intuition de dieu et du sprituel. De nos jours nous sommes tellement aveuglés par notre soit disante toute puissance que nous ne nous étonnons même plus de penser et de disserter sur Dieu, rien de moins...
Dieu est dans l'homme. C'est très anthropocentré tout ça, mais que voulez vous ce qui fait que tant de gens ne croient pas, c'est ce qui fait que j'y crois, avec d'autres.

Écrit par noop | 03 juillet 2009

Bonjour,

Que la laïcité [et plus généralement les Droits de l'Homme] soit fille du judéo-christianisme et seulement de lui est une évidence.

Il suffit de regarder les gravures d'époque des grands ancêtres de 1789:

la déclaration des Droits de l'Homme est représentée comme les Tables de la Loi de la Bible !

Je pense que la laïcité est déjà présente dans le Judaïsme quand Abraham (L'homme de Dieu par excellence) rend une visite de courtoisie au Roi (Abimelek) maître du lieu où il s'installe.

Marquant ainsi la distinction ...

Le Christianisme a poursuivi sur la lancée du Judaïsme antique.

L' islam n'a jamais eu cette conception:

un Etat gouverné par des "prêtres" comme en Iran actuel est une chose totalement inconnue dans toute l'Histoire d' Israël ou de la France.

Écrit par un lecteur | 03 juillet 2009

Je comprends bien votre colère.

Il est déjà choquant et symptomatique que la France entière se lève contre le concept d'identité française.. A l'occasion de la création du ministère de l'identité nationale, combien en effet ce concept a été remis en cause et combien rares sont ceux qui l'ont défendu! Combien de pirouettes, de contorsions chez les intellectuels pour fuir son évidence! Combien même ont carrément nié son existence! et combien les médias ont relégué au banc de l'extrême droite ceux qui l'ont assumé!

Déjà le contenu de l'identité française, si tant est qu'on accepte son existence, est soumis à caution: dans la majorité des cas on le réduit à une batterie de droits et de principes: mixité, laïcité, égalité, etc...
Et c'est tout.
C'est déjà ça me direz vous mais les principes généraux, s'ils constituent le squelette d'une nation, n'en constituent pas la chair. On n'aime pas une nation, on ne la chérie pas pour ses principes mais pour sa culture, je veux dire ses écrivains, sa langue, ses artistes, ses grands hommes, son histoire etc..
L'identité d'une nation se doit d'être un peu "substantielle" et pas seulement abstraite.
je constate que cette dimension là est en passe d'être oubliée. Pour défendre quelque chose encore faut il avoir conscience de son existence, or la substance de la culture Française disparaît des esprits. Pour nous, Péguy, Claudel et Bernanos sont des auteurs de l'antiquité chinoise. Ils ne nous parlent plus.

J'étais cet hivers à la représentation de Noël de l'école de ma fille, 4 ans. Les gamins, regroupés sur quelques estrades au fond du préau, chantaient pour leur parents.
Comme je m'intéresse aux expressions de la vie contemporaine publique, je prêtais attention aux paroles des chansons. Elles traitaient toutes, sans exception, du père Noël et, au delà des détails et du pittoresque, leur message donnait quelque chose comme: "le père Noël est votre ami car il vous offre des cadeaux." Il y avait comme un relent de petit père des peuples dans ces hymnes au père Noël, nos enfants les récitaient d'ailleurs avec toute la ferveur qu'un très jeune enfant peut donner au seul idéal qu'on lui donne. Il y a avait également bien sur une très forte imprégnation de la société marchande qui s'insère maintenant dans nos vies dés le plus jeune âge, sans que notre système éducatif lui oppose un seul contre-modèle et même, donc, par l'entremise même du système éducatif.
Les parents, loin de limiter ou de borner l'influence du père Noël, sont au contraire ses premiers zélateurs. En l'occurence, le nombre de camescopes en action en témoignait.

J'ai éprouvé à ce moment un sentiment de colère: oui, à une France qui nie en bloc sa culture, il ne reste rien sinon le père Noël!!
Il y avait dans la salle quelques parents d'origine étrangère et je regardais la scène avec leurs yeux. Effectivement le néant culturel de cet instant devait leur paraître encore plus évident qu'à nous et je ne doutais pas que malgré toutes les réticences que je lui porte, l'Islam propose à ses enfants un contenu pédagogique d'une autre ambition que la tournée du père Noël!

Il est évident que je préfère la République à L'Islam, qu'avec Voltaire et Pascal par exemple, l'un par son emploi de la raison l'autre par celui de sa foi la France possède la meilleure réponse qu'on puisse d'ailleurs lui opposer, mais si fasse à la tradition musulmane nous n'avons à proposer que le père Noël et autres mythes consuméristes et gnangnan alors il me parait tout aussi évident que nos enfants les plus curieux, les plus intelligents, ne manqueront pas de constater l'inanité de notre civilisation et si ce n'est de se tourner vers l'Islam de se détourner de toute culture pour mener des ambitions plus personnelles et lucratives.

Écrit par Forcione | 06 juillet 2009

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