« 2009-10 | Page d'accueil | 2009-12 »

27 novembre 2009

Gadgets et recettes de cuisine…

Mon livre est bien trop compliqué pour une société devenue avide de gadgets et de recettes de cuisine vite prêtes, vite consommées. Traiter la réalité du sujet de l’intégration en évoquant tout le travail à accomplir au sein des familles, à l’école, dans le monde politique, dans la société, tout en prenant en considération une grande variété de facteurs, tels que l’impact du maintien d’un lien étroit avec le pays d’origine ; ce qui a changé par rapport aux précédentes vagues d’immigration ; les conséquences des flux migratoires continus ; les ressorts psychologiques et philosophiques ; la dynamique des groupes… tout cela se révèle en effet bien trop compliqué, quand d’autres promettent le paradis par quelques coups de baguette magique. Le pire dans tout cela, c’est que beaucoup de Français croient au surnaturel. C’est ainsi que grâce à Rama Yade, tous les Africains s’intègreront et se sentiront Français un jour prochain, et que Rachida Dati conduira tous les Maghrébins à devenir véritablement Français et donc à transmettre les idéaux français à leur descendance…

Mon approche est bien trop compliquée. Pour qu’elle soit prise en compte, il faudra vraisemblablement que les Français touchent d’abord le fond du fond : qu’eux-mêmes ou des membres de leurs familles soient victimes des dégâts collatéraux de la discrimination positive, que défend Rama Yade, l’une des personnalités préférées des Français (quand on aime, on ne compte pas le nombre de flagellations…) ; qu’il y ait encore bien d’autres émeutes de banlieues malgré les torrents de milliards déversés ; que les enseignants se mettent à refuser d’enseigner, la peur au ventre, dans des classes où ils se sentent en insécurité ; que bien d’autres matches de football se concluent par des attaques sur les Champs-Élysées, sous les yeux effrayés de touristes venus des quatre coins du monde admirer les beautés léguées par l’histoire de la France ; que les Français ressentent une overdose de religion envahissant tous leurs espaces de vie…

Lorsque les Français auront touché le fond, je suis sûre qu’ils se souviendront alors que leurs ancêtres s’étaient battus pour faire entrer leur société dans la modernité politique, et que cela correspondait au respect d’un certain nombre d’exigences. Ils se détourneront alors des “solutions” gadgets-recettes de cuisine et accepteront d’appréhender les problèmes dans leur globalité. Bref, ils accepteront de quitter le monde de l’enfance pour entrer dans l’âge adulte.

11:17 | Lien permanent | Commentaires (72) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : immigration, intégration, yade, dati | |

24 novembre 2009

Responsables ou irresponsables ?

Martine Aubry, dimanche 22 novembre : « Le PS doit défendre une régularisation large des sans-papiers. »

François Bayrou, le 24 novembre sur France Inter : « On ne peut pas continuer comme on le fait depuis des années avec des gens qui travaillent […] donc je pense qu’il faudra trouver un moyen de leur rendre ou de leur donner les papiers qu’ils devraient avoir. »

Voilà des prises de positions que je juge totalement irresponsables de la part de personnalités membres de partis politiques de gouvernement, qui peuvent donc demain présider au destin de la France et des Français.

Faut-il rappeler que les régularisations constituent un appel d’air extraordinaire pour tous les candidats à l’immigration, qui savent parfaitement qu’il suffit d’entrer illégalement sur le territoire français puis d’attendre patiemment l’obtention de papiers qui viendront tôt ou tard, ne serait-ce par le biais de l’enfantement sur le sol français ou par l’accession au pouvoir d’irresponsables en la matière ?

Pourquoi employer le terme d’« irresponsables » :

  • Faut-il rappeler à ces « responsables » politiques que la France compte 3 millions de chômeurs « officiels » ? Que beaucoup de ceux qui n’espèrent plus rien (au vu de leur âge) ne s’inscrivent plus au Pôle Emploi ? Que les femmes sont durement frappées par le travail partiel ? Que l’État français dépense des sommes considérables en RMI, RSA et autres aides sociales, dont une partie va à des personnes qui pourraient parfaitement occuper les emplois détenus par des clandestins ?
  • Faut-il leur rappeler que l’intégration, à large échelle, de populations extra-européennes est un cuisant échec dont nous payons chaque jour les conséquences et que, plus grave encore, cet échec met désormais la République en danger ?

Que nous préparent, sans le vouloir et sans le savoir, tous ces « responsables » politiques, dans lesquels j’inclus ceux qui prônent l’instauration de la discrimination positive en faveur des classes populaires ? Ils nous préparent, dans les faits, un violent conflit entre les classes moyennes et les classes populaires !

14:25 | Lien permanent | Commentaires (84) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aubry, bayrou, clandestins | |

23 novembre 2009

Ne jamais renoncer !

« Aujourd’hui tout a changé, vous le savez. Nous sommes seuls, entourés d’indifférents ou d’ennemis. On a cessé de nous admirer en cessant de nous craindre. On adresse à d’autres les adulations qu’on nous prodiguait jadis [...] Faut-il renoncer à l’espoir de reprendre la place qui est due à une puissante nation comme la nôtre ? Non, n’est-ce pas ? L’intérêt même de la civilisation exige que la France soit grande et forte. Notre patriotisme le veut aussi. Tous, nous souffrons de l’abaissement de notre patrie. Notre plus ardent désir doit donc être de la relever.
[…]
Nous avons refait une armée. Mais ce n’est pas seulement par le perfectionnement de leur matériel de guerre que les peuples vaincus se relèvent. C’est bien plus encore par l’enseignement public, par l’éducation de la jeunesse. Il est temps de nous occuper maintenant de l’âme même de la France.
[…]
L’histoire démontre avec la plus complète évidence que le patriotisme seul a fait les grands peuples. Aussi loin que nous puissions remonter dans le passé, nous voyons que les nations puissantes ont été celles où chaque citoyen était pénétré du sentiment de ses devoirs envers la patrie. La décadence de la Grèce et de l’Empire romain n’a pas eu de cause plus efficace que la diminution du patriotisme [...]
»

À présent, pour vous permettre de situer le contexte :

« Nous sommes des vaincus. Depuis la fatale année 1871, la France a perdu le rang qu’elle occupait naguère à la tête des nations de l’Europe. On lui a pris deux provinces, on a mutilé ses frontières, on a détruit l’équilibre de ses finances en lui imposant une formidable indemnité de guerre. Si nos pertes militaires sont immenses, que dire de l’humiliation morale qu’on nous a infligée ? »

Merci à Pierre pour ce texte de Georges Duruy, qui était professeur d’histoire à l’École Polytechnique. Nous connaissons la suite que les Français ont donnée à cette histoire… Les défis que notre époque nous commande de relever sont bien moindres. C’est pourquoi il est interdit de baisser les bras et de prétendre que la situation est inextricable !

13:11 | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrie, identité, france | |

20 novembre 2009

Lu dans Marianne

La revue Marianne consacre un article à l'analyse des phénomènes que les récents matchs de football ont mis en lumière.

Extraits :

Mais ne serait-ce pas plutôt la morcélisation très avancée du vieux pays qui explique l’impuissance grandissante de son peuple à se reconnaître dans un projet commun ?
[…]
La Française d’origine algérienne Malika Sorel, membre du Haut conseil pour l’intégration et auteur du « Puzzle de l’intégration » refuse cette opération de passe-passe supposée rassurante. «
Le déni continuel du réel n’aide personne, dit-elle. Et certainement pas les premiers intéressés. Si l’intégration réussie concerne plus de monde qu’on ne le croit, une partie de la communauté immigrée rejette aujourd’hui la France et la République et on aurait tort de leur trouver des bonnes raisons. »  Pour l’instant elle n’est guère entendue. Alain Léauthier

Sur Internet, vous ne trouverez qu'une partie des 4 pages que Marianne du 21 novembre a consacré à "ce que révèle l'euphorie des Français d'origine algérienne".

16 novembre 2009

L'identité dessine le projet collectif

Samedi, l’équipe de France de football a battu l’Irlande. Les reportages ont montré que, sur place, les Irlandais faisaient la fête avec les Français, d’une part pour rendre hommage aux sportifs vainqueurs, et d’autre part pour partager le bonheur des Français. Signalons également que des Irlandais avaient accroché des drapeaux français à leurs fenêtres pour souhaiter la bienvenue à l’équipe de France et aux supporteurs français qui avaient effectué le déplacement.

En octobre dernier, l’équipe d’Algérie battait le Rwanda ; la ville de Marseille écopait d’« incidents » en guise de cadeau. « Incident », c’est le terme consacré, en langage politiquement correct.

Samedi dernier, l’équipe de football d’Algérie a été battue par l’Égypte ; sitôt sifflée la fin du match, plusieurs villes de France étaient le théâtre de sérieux incidents.

Lu dans Le Monde : « Plusieurs devantures de magasins, dont la façade de la bibliothèque de l’Alcazar, ont été endommagés et des abris bus brisés. Six bateaux ancrés sur le plan d’eau du Vieux-port ont par ailleurs été fortement dégradés. Un fumigène lancé sur l’un des bateaux est à l’origine de l’incendie qui s’est propagé aux autres embarcations, dont deux ont coulé. »

En résumé :

Si l’Algérie gagne, la France se trouve violentée ;

Si L’Algérie perd, la France se trouve violentée.

De nombreux responsables politiques, toutes tendances confondues, refusent de participer au débat en cours sur l’identité française, au prétexte que ce sujet, qui est pourtant celui des règles du bien-vivre ensemble qui découlent de cette même identité, a été mis sur la table par Éric Besson ou par Nicolas Sarkozy. Il est reproché à ce dernier une approche un peu trop rude des thèmes qui gravitent autour de l’immigration-intégration. Cela est vrai, et c’est contre-productif ; mais est-ce une raison suffisante pour boycotter un débat considéré comme très important par les Français eux-mêmes ?

Il est reproché par ailleurs à Éric Besson de diriger un ministère qui accole dans son intitulé les termes d’immigration et d’identité. Est-ce une raison suffisante pour refuser une réflexion profonde sur la société que nous voulons pour nos enfants ? Car bien sûr, la question de l’identité porte en son sein celle de la France que nous souhaitons léguer à nos enfants et petits-enfants : quel projet de société, assis sur quels principes et quelles valeurs ? C’est cette question qui taraude les Français, et même qui les effraie.

Le plus souvent, le refus de participer à ce débat national sur notre projet collectif masque un manque flagrant de courage, ou bien un désir de se voiler la face qui conduit à nier la réalité. Dans les deux cas, est-ce une attitude compatible avec la responsabilité de gérer le destin du peuple français ? Il ne tenait en effet qu’à ces personnalités de saisir la balle au bond et de montrer aux Français de quelle manière elles entendaient faire sortir la France du bourbier dans lequelle elle se trouve. Cette attitude ne rend service à personne, et surtout pas aux enfants issus de l’immigration. Je dirais même qu’elle les dessert fortement.

Oui, la France se trouve à présent engluée dans un véritable bourbier, et il est plus qu’urgent de mettre en œuvre l’ensemble des actions qui permettront de réduire drastiquement le taux d’échec scolaire des enfants issus de l’immigration, ainsi que leur taux de participation à des « incidents » ; et de réduire aussi le flux de nouveaux entrants, qui accroît les difficultés. Comme je l’explique dans Le puzzle de l’intégration, ce flux compromet, chaque jour un peu plus, toute chance d’insertion des populations issues de l’immigration qui sont déjà sur le sol français. Dans ce contexte, la promesse qui aurait été faite (en off), d’une possibilité de libre circulation des personnes dans le cadre du projet d’Union Pour la Méditerranée, est un pur délire !

Une remarque pour terminer : si ce débat sur l’identité nationale se révélait être, pour le coup, un prétexte pour permettre à des hautes personnalités de venir ensuite demander au peuple français de prendre acte du fait que la France serait devenue multiculturelle (plusieurs Frances), et qu’il conviendrait d’accepter que chacune des cultures participe à la définition de notre projet collectif, alors il faudra redouter les conséquences d’une telle injonction. Il est en effet à craindre que dans un tel cas de figure, la passion manifestée par les Français pour ce débat sur leur identité ne se transforme, tôt ou tard, en bien autre chose. J’espère vivement que nos hommes politiques en ont pleine conscience !

14:30 | Lien permanent | Commentaires (75) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : intégration, identité, sarkozy, besson | |

10 novembre 2009

1940 : un autre 11 novembre…

À la veille de la célébration de l’armistice qui a mis fin à la première guerre mondiale, je vous propose aujourd’hui de repenser très fort à l’une des recommandations les plus importantes qu’Ernest Renan ait pu nous faire, et surtout de la mettre en pratique : « Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. »

En ces temps où notre pays se trouve maltraité, les Français doivent replonger dans leur histoire, non pour la contempler passivement, mais bien au contraire pour y puiser le courage d’agir enfin et de porter secours à la France, comme d’autres ont su le faire avant eux. Car la nation, comme nous l’a si bien enseigné Renan, c’est un héritage qu’il convient d’honorer, mais c’est aussi la volonté de s’engager à le perpétuer.

Dans le livre qu’il vient de publier, 1940 : un autre 11 novembre, Maxime Tandonnet, haut fonctionnaire, amoureux de la France et actuellement conseiller Immigration et Intégration du Président de la République, nous rappelle un fait de gloire accompli par de jeunes Français. Ils étaient étudiants ou lycéens et surent, un certain 11 novembre 1940, surmonter la frayeur et l’épouvante qu’inspirait le bruit des bottes pour aller crier « vive la France » dans les rues de Paris, et s’insurger contre l’interdiction de célébrer le 11 novembre 1918.

La lecture de ce remarquable ouvrage remplit d’espérance, et nous fait comprendre à quel point ce qu’exige aujourd’hui de nous le devoir de la France, est en vérité bien peu de chose. Bien d’autres ont su, avant nous, relever des défis qui semblaient à leur époque autrement redoutables. C’est grâce à leur engagement, grâce à leur dévouement, que la France continue d’exister. « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque)

Il faut lire 1940 : un autre 11 novembre, sans oublier surtout de le faire lire aux jeunes générations, car les Français, tous les Français, doivent se réapproprier la conviction selon laquelle rien ne peut résister longtemps à la volonté d’un peuple.

1940.jpg« Automne 1940 : la France est au fond de l’abîme. Elle vient de subir l’un des plus effroyables désastres militaires de son histoire. Le 14 juin, la Wehrmacht a pénétré dans Paris et le vainqueur a fait parader ses troupes sur les Champs-Élysées. La ville, assiégée, prend le visage de la défaite.

Pourtant, un vent de fronde souffle au Quartier Latin et dans les lycées. Depuis la réouverture de la Sorbonne, les lancers d’œufs pourris et la distribution de tracts répondent à la présence allemande jusque dans l’université. Puis, subitement, c’est la mobilisation spontanée des étudiants et lycéens de Paris, qui s’insurgent contre l’interdiction de célébrer le 11 novembre. »

« Le 11 novembre 1940, trois mille jeunes filles et garçons remontent les Champs-Élysées, se rassemblent devant l’Arc de triomphe pour commémorer la Victoire de 1918 et entonnent La Marseillaise, défiant ainsi l’armée d’occupation d’Hitler. L’intervention de la Wehrmacht et la répression qui s’ensuit sont impitoyables : quinze blessés, un millier d’interpellations, cent vingt-trois arrestations, surtout de jeunes lycéens emprisonnés et martyrisés. Cet acte de résistance constitue, au dire même du général de Gaulle, la première réponse de la France à l’appel du 18 juin. De fait, les conséquences furent considérables, marquant la rupture entre le régime de Vichy et une partie de l’opinion publique, qui tourna désormais ses espoirs vers la France libre. Cet événement, qui aurait dû entrer dans la légende nationale, a quasiment sombré dans l’oubli. Il est temps de le redécouvrir. »

08 novembre 2009

La dissonance identitaire

Aux États-Unis, la tragédie provoquée par un officier qui vient d’assassiner treize de ses collègues montre à quel point il est dangereux de placer des être humains en des positions de conflits intérieurs qui peuvent se révéler d’une très grande intensité. Les conflits identitaires sont de ceux-là.

Nidal Malik Hassan, 39 ans, psychiatre, donc d’un niveau d’études supérieur (pas de problèmes sociaux à l’horizon), ne supportait pas l’idée de devoir rejoindre les troupes américaines déployées en Irak. Était-ce une raison pour en arriver au meurtre ? Barack Obama a décrit un « horrible déchaînement de violence ». Nidal Malik Hassan était d’ascendance palestinienne, mais il était né aux États-Unis et y avait grandi. Bien qu’ayant toujours vécu aux États-Unis, il aurait, d’après les premiers éléments de l’enquête, assassiné ses collègues soldats Américains en jetant à la ronde des « Allah est le plus grand ».

Ce drame, c’est certain, va poser à l’armée américaine ainsi qu’aux Américains la question de l’intégration de musulmans dans l’armée US. Voilà comment l’acte d’une seule personne fera naître la suspicion et la méfiance envers tous les musulmans pratiquants, comme c’est le cas de Nidal Malik Hassan.

Quelle éducation cet homme a-t-il bien pu recevoir de la part de ses parents pour en arriver là ? Car oui, comme le dit un célèbre psychologue, « tout se joue avant 6 ans », et je peux vous confirmer que, dans le sujet qui nous concerne, presque tout se jouera avant 6 ans. Le comportement des enfants, devenus adultes, dépendra éminemment de ce qu’ils auront ingéré au cours de leur toute petite enfance. Le défi que doit relever la France est donc d’envergure, et c’est de surcroît montre en main qu’il lui faudra réussir à le relever. D’où l’importance de ne rien brader des valeurs et des principes à transmettre. Seul un passage par ce que j’appelle « le moule républicain » peut en effet minimiser les risques de déviance par rapport au comportement attendu par la société française. Il me semble que la clé se situe au niveau de la hiérarchie entre deux mondes : les lois qui régissent notre société sont-elles placées, par le pratiquant, au-dessus ou en dessous de sa religion ?

En janvier dernier, l’armée française avait fini par reconnaître que plusieurs soldats de confession musulmane avaient refusé de se soumettre aux ordres et de rejoindre les troupes françaises en Afghanistan.

Pardonnez-moi de citer de nouveau des extraits du Puzzle de l’intégration mais, sur ce point aussi, j’avais déjà dit beaucoup de choses : « Seules 30% des recrues d’origine maghrébine rejoindraient l’armée par vocation[1] ! En période de fort chômage, il est vrai que beaucoup de ces jeunes non diplômés s’y orientent pour trouver un emploi, sans aucunement peser les réels enjeux d’une appartenance à la Défense Nationale. Qu’adviendra-t-il si l’évolution des relations internationales à laquelle nous assistons depuis plusieurs années nous conduit à une situation de conflit ? Nul doute que servir sous le drapeau français représentera pour certains détenteurs de la nationalité française, une lourde épreuve. […] Il est imprudent d’imaginer que l’idée de « pluri-appartenance culturelle » ou « pluri-nationalité » saura résister dans de telles situations de tension. Cette idée de pluri-appartenance à des sociétés profondément dissemblables, est une chimère et ne correspond à aucune réalité. Elle cache, dans la majorité des cas, des difficultés intellectuelles et affectives à se sentir partie intégrante de la communauté nationale du peuple d’accueil.
[…]
Quelle position adopteront ceux qui se trouvent être administrativement Français, mais moralement et affectivement étrangers ? Comment gèreront-ils cette situation ? Comment ceux qui possèdent une identité brouillée réagiront-ils ? Utiliser l’armée comme moyen d’intégration des jeunes des quartiers sensibles, qui rencontrent souvent ce problème de l’identité, est une voie des plus hasardeuses.
»

La professionnalisation des armées a fait disparaître le service militaire et, de ce fait, fermé le robinet en moyens humains issus de la société civile. Pour faire face à ses besoins, l’armée s’est donc tournée vers les banlieues. Elle y a même été plus qu’« encouragée » par nos hommes politiques. L’armée s’est vu attribuer une mission sociale. On me dira que cela a toujours été ; oui, mais cette mission sociale ne doit jamais prendre le pas sur ce qui est la raison d’être d’une armée. L’armée n’est pas un métier comme les autres.

Au débat sur l’identité nationale, je voudrais verser cette phrase du discours d’Ernest Renan sur la nation : « Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. »

____________________________

[1] Élodie Bernard, « L’armée mobilise la banlieue », l’Express du 2 mai 2005

06 novembre 2009

Oser s'élever contre la Halde

Je suis très heureuse que des élus commencent à se réveiller et à oser enfin s’élever contre la Halde. C’est un début très timide, mais il convient de le saluer et de l’encourager.

Richard Maillé (député UMP des Bouches-du-Rhône) et Philippe Briand (député UMP d’Indre-et-Loire) avaient déposé un amendement qui visait à la diminution du budget de la Halde de 20%. Ils n’auront obtenu que le gel de ce budget mais auront été, en cours de route, rejoints par 50 autres députés. Si vous lisez attentivement l’amendement, vous comprendrez que ces députés désapprouvent les travaux de la Halde.

Extrait de l’amendement :

« On peut légitimement s’interroger sur la pertinence des travaux commandés par la HALDE, comme par exemple le rapport sur les manuels scolaires intitulé : “Place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires”. Ce rapport explique concernant les femmes que “Dans les manuels d’histoire-géographie, elles apparaissent comme «icône ou emblème» (Marianne, déesses grecques ou romaines, etc) ou comme «fille de» ou «femme de» (Joséphine de Beauharnais) ou «mère de» (Létizia, mère de Napoléon) ou entourées d’enfants en représentation de la famille bourgeoise ou en séductrices.” Au sujet du handicap, “L’analyse experte montre que les personnes en situation de handicap tendent à être massivement reléguées dans des contextes qui leur sont propres, en lien avec leur handicap (associations spécialisées, jeux paralympiques) ou besoin d’assistance (chapitre d’éducation civique sur la solidarité, discriminations subies).” Enfin, au sujet de l’hétérosexisme dans les programmes scolaires : “Si nous n’avons pas observé de couples homosexuels ni de familles homoparentales dans les manuels que nous avons analysés, les couples hétérosexuels et les familles hétéroparentales sont fréquentes. […] Ainsi, dans le manuel d’anglais de seconde professionnelle et terminale BEP, on peut voir le dessin d’un jeune homme couché en train de rêver à son avenir. On constate qu’il aspire au mariage avec une femme et à une famille hétéroparentale.” On peut également douter des méthodes de travail de la HALDE comme ce fut le cas avec un “test antidiscrimination à très grande échelle”. Cette enquête fut critiquée de toute part aussi bien quant à sa solidité que par sa pertinence, enquête estimée à 500 000 euros. »

Pour information, La Halde, c’est :

  • un budget de 12 964 000 euros pour 2010 ;
  • 50 juristes de catégorie A ;
  • un Président, Louis Schweitzer, qui reçoit un salaire de 6 700 euros par mois.

Vous savez déjà ce que je pense du travail de la Halde et de ses conséquences sur la cohésion nationale. Voilà un organisme dont toute l’œuvre consiste à subdiviser le corps social, à dresser des catégories de population les unes contre les autres. Quel homme politique aura un jour le courage et surtout l’intelligence d’en demander la suppression ? Certains me répondront que la Halde est née de la transposition d’une directive européenne dans le droit français. Je leur répondrai que les Européens doivent désormais refuser d’aller dans le mur, y compris si l’ordre vient de « l’Europe » !

03 novembre 2009

Le débat sur l’identité nationale

Nous devons faire entièrement fi des motivations qui ont pu amener ce débat sur la table et, bien au contraire, saisir cette occasion unique qui nous est donnée pour aider la France à accoucher d’un plan d’action bien concret qui sauvera le peuple français du naufrage, donc de la disparition.

Mes propositions concrètes, vous les trouverez toutes dans mon livre. J’envisageais de les énumérer ici, lorsque j’ai reçu plusieurs messages de lecteurs en pleine lecture du Puzzle de l’intégration, qui n’ont pas apprécié que je publie dernièrement sur ce blog quelques paragraphes de mon livre alors qu’ils ne les avaient pas encore atteints dans leur lecture. Je comprends leur déconvenue, car il y a tout un enchaînement à respecter. Lorsqu’on lit Le puzzle de l’intégration pour la première fois, il est nécessaire de le lire dans l’ordre.

La suggestion de mes lecteurs Paris et Dominique de faire envoyer mon ouvrage, par le HCI, à tous les parlementaires pour les aider dans cette réflexion sur l’identité nationale, est très intéressante. Mais je ne vois pas vraiment comment le HCI pourrait se permettre de donner publiquement un signal qui privilégierait, de fait, ma parole sur celle des autres membres du Conseil.

Nous devons pourtant trouver le moyen de faire du lobbying pour la République, de la même manière que les communautaristes en font contre la République. J’aurais donc tendance à inciter tous ceux qui peuvent accéder à leur Député ou Sénateur, que ce soit sur un marché, à l’occasion d’une réunion publique, ou encore dans sa permanence, à lui remettre Le puzzle de l’intégration en main propre. Le contact direct est infiniment plus porteur qu’un envoi postal qui pourrait prendre la poussière sur une étagère.

Voici à présent une information de terrain très précieuse : lors d’une réunion dans une enceinte administrative où l’on demandait aux intervenants de privilégier, pour l’insertion professionnelle, des personnes d’origine étrangère, un de mes lecteurs a récemment fait appel à plusieurs de mes démonstrations pour démonter l’approche communautariste et refuser de s’y plier. L’assistance a été attentive à ses arguments, et jamais il ne s’est vu opposer ni réaction de rejet ni procès en racisme. Je tiens à préciser que le lecteur dont il s’agit est de souche européenne. Il a pu ainsi tester la robustesse de mes arguments et vérifier, à sa grande satisfaction, la réceptivité de l’auditoire. Vous voyez qu’il n’est pas nécessaire d’être d’origine étrangère pour pouvoir à présent exercer pleinement son esprit critique et sa liberté de jugement. C’est à la portée de tous les citoyens. Cela doit vous encourager à prendre la parole dans le débat sur l’identité lorsqu’il se tiendra dans votre ville. N’hésitez surtout pas à engager la discussion autour de vous et à fournir des arguments aux autres citoyens.

Gardez toujours en tête que ceux qui souhaitent la disparition de nos valeurs et principes arguent du fait que le modèle républicain d’intégration aurait échoué, et qu’il faudrait dès lors lui substituer d’autres modèles. Soyez donc extrêmement vigilants. Ne vous laissez surtout pas piéger en reprenant à votre tour cette attaque contre la République. NON, le modèle républicain n’a pas échoué, car il n’a tout simplement pas été appliqué ces trente dernières années par l’État français. L’État a en effet le plus souvent abdiqué sur la question des principes républicains et sur la nécessité de transmettre la culture française, faisant ainsi perdre de vastes territoires à la République. Il n’est qu’à observer la réalité des quartiers dans lesquels les principes de liberté, d’égalité et de laïcité ont disparu, pour réaliser que ce n’est pas la République qui a failli à sa mission, mais bien l’État.

À tous les citoyens que nous croisons sur notre chemin, nous devons à présent insuffler le devoir de s’engager pour faire en sorte que l’État français se place entièrement au service de la République, et rompe ainsi définitivement avec la remise en cause des valeurs et principes qui fondent l’identité nationale française.

Toutes les notes