06.06.2008

Rachida Dati : quand l’hôpital se moque de la charité…

L’annulation d’un mariage à Lille pour cause de non-conformité de la marchandise reçue, et donc retournée à l’envoyeur – car il s’agit de cela et de rien d’autre, tant le statut de la femme se trouve atrophié au sein de certaines familles – suscite de très vives réactions de la part de notre classe politique. Or, cela fait bien longtemps que de telles histoires se produisent sur la terre de France, terre dite des droits de l’Homme. De même que cela fait bien longtemps qu’une écrasante proportion de mariages « mixtes », qui ne possèdent de mixte que le nom, ne sont dans les faits que l’aboutissement de tractations entre deux parties, dans le but de permettre à l’heureux élu, qui réside de l’autre côté de la Méditerranée, d’obtenir ce que je dénomme dans Le puzzle de l’intégration « le fameux sésame ». Par leur nombre très élevé, ces mariages sont devenus une question centrale, car ils sont une cause directe de l’aggravation du problème de la non-insertion et de la non-intégration. Cette question n’est en effet pas étrangère au refus de plus en plus manifeste de l’utilisation, par les migrants et leurs descendants, de la langue française ; au durcissement des positions des « jeunes » issus de l’immigration ; à l’importation d’attitudes ou de convictions que les Français ne sont pas prêts à reconnaître, car ils les considèrent comme antinomiques de l’identité française… Si le taux de mariages mixtes pouvait, à une époque bien antérieure, être le signe d’une amélioration de l’intégration, il est à présent devenu le signe patent de l’échec de l’intégration.

Alors, quoi de neuf sous nos tropiques ? Ce qui est nouveau, c’est qu’apparaît au grand jour, aux yeux des Français de souche, et grâce à l’inacceptable décision du TGI de Lille, la brutalité de situations bien réelles qui ont cours en France. Et à présent, beaucoup de nos hommes et femmes politiques qui savaient déjà tout cela ne peuvent plus détourner les yeux et faire comme s’ils n’avaient rien vu. La classe politique, dont le devoir est d’anticiper, démontre ici avec brio qu’elle est en réalité à la traîne. Afin que la question des mariages de complaisance, qui rend encore plus improbable l’intégration de ceux qui se trouvent déjà sur le territoire français, soit véritablement prise en considération par notre classe politique, souhaitons qu’une affaire terrible – aux yeux des Français – surgisse dans le paysage public. La gouvernance par scandales successifs viendrait ainsi au secours de notre société.

Extrait du Puzzle de l’intégration : « Les familles de l’immigration récente qui ont des enfants en âge d’être mariés, se trouvent extrêmement sollicitées pour conclure des alliances […] Cela pose un problème d’une extrême gravité aux enfants de l’immigration, qui perdent par la même occasion la liberté du choix de leur conjoint, ou qui s’engagent dans une lutte acharnée et parfois désespérée pour la préserver.

Cette aberration couvre tantôt des mariages de complaisance, tantôt des mariages forcés pour que les heureux bénéficiaires puissent à leur tour devenir « Français ». Ce phénomène est connu depuis très longtemps par notre classe politique. En pensant défendre la liberté de mariage des enfants issus de l’immigration avec des étrangers, les Français soutiennent le plus souvent, dans les faits, la confiscation de la liberté de ces enfants de se marier avec le conjoint de leur choix. »

Dans ce contexte, Rachida Dati fait preuve d’un incroyable toupet en rejetant sur la gauche la responsabilité de tous les errements en matière de politique d’intégration, alors que la droite et la gauche ont partagé le pouvoir à quasi-égalité depuis trois décennies. Comment peut-elle se permettre de telles attaques, elle qui a de prime abord trouvé des justifications à cette annulation de mariage? Rachida Dati est-elle bien placée pour critiquer la politique d’intégration menée par la gauche ? Elle qui fut conseillère à la prévention de la délinquance de Nicolas Sarkozy Place Beauvau ; période qui n’a pas vu la délinquance des enfants issus de l’immigration régresser, mais au contraire exploser, comme elle l’exposait elle-même le 22 juin 2007 au Tribunal de Grande Instance de Bobigny. Le coût de l’incarcération d’un mineur, arme lourde mais impuissante bien que très prisée de l’actuel Ministre de la Justice, est d’environ 230 000 euros par an. Ne serait-ce que pour contribuer au nécessaire allégement de la dépense publique, l’État ne devrait-il pas se muscler davantage sur les dossiers dont il se doit d’assumer la responsabilité, puisque le « bien vivre ensemble » en dépend ? Pour mémoire, je rappellerais ici ce que Rachida Dati ne peut en aucun cas ignorer : contrairement à ce qu’elle a osé affirmer devant la représentation nationale, ce qu’elle dénomme « la politique des grands frères » n’a jamais été fabriquée par la gauche…

Il me semble par ailleurs important de préciser que ni la gauche, ni la droite n’ont souhaité mener la France au chaos. Notre personnel politique a considérablement sous-estimé la complexité des problèmes. Il a parié sur le fait que le temps viendrait à bout de toutes les difficultés. Combien de fois ai-je entendu dans le milieu politique : « la France en a vu d’autres » ! Quel regard la société porterait-elle sur un parent qui aurait observé avec autant de détachement et d’indifférence son enfant soumis à une terrible épreuve ?

Vu la gravité des défis que nous devons tous participer à relever, il est irresponsable de dépenser la moindre énergie à tenter de déterminer qui, de la gauche ou de la droite, sur le sujet de l’intégration, a par le passé perpétré le plus grand nombre de mauvaises actions politiques. Je pense qu'il est désormais bien trop tard pour se permettre un tel luxe. Nous devons veiller à nous focaliser sur ce qui se déroule, et il est manifeste que l'équipe politique qui détient aujourd’hui le pouvoir de décision, si elle n’est pas raisonnée à temps, affaiblira de manière irréversible, sans l’avoir prémédité, les fondations de la maison France ; j’insiste sur le terme « irréversible ». L’ironie du sort pour les Français est que l’élection présidentielle de 2007 se sera gagnée sur le thème de l’identité nationale.

 

28.02.2008

Faites vos jeux, rien ne va plus !

Selon Rama Yade, la gauche l’attaquerait non pas sur la base de considérations politiques, mais en raison de son origine raciale. Rama Yade accuse donc l’un des trois partis les plus importants de la vie politique française d’être raciste : « Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c’est cette gauche qui s’en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s’en prend à moi parce que je suis Noire. » (Colombes, le 16 février 2008)

Est-il anodin qu’un ministre de la France porte une telle accusation ? Non, car il est évident que sa voix, celle d’un représentant de l’État, sera entendue comme une vérité par tous ceux qui seraient enclins à s’identifier à elle en raison de la couleur de leur peau. Est-il responsable de jouer avec le feu en attisant la haine ambiante ? Non, c’est totalement irresponsable.

Alors qu’elle participait le 30 janvier dernier au dîner annuel du CRAN (Conseil représentatif des associations Noires), Rama Yade avait déjà illustré sa propension à se vivre comme Noire avant tout : « Après tout, les Blancs votent à droite, à gauche ! Bon, pourquoi, nous, nous devrions tous voter dans le même sens ? […] Ne serait-ce que par intérêt. Y’a Ségolène Royal, y’a Sarkozy. Sarkozy avait 50% de chances. Qu’est-ce qu’on fait s’il gagne ? Et il a gagné. Qu’est-ce qu’on fait ? C’est fini pour les Noirs ? […] »

Rama Yade a été vice-présidente, et reste administratrice, du Club XXIème siècle (créé, entre autres, par Rachida Dati). Ce club affiche publiquement sa détermination à œuvrer pour favoriser l’ascension des personnes d’origine étrangère dans les cercles du pouvoir. Rien ne vous choque ? Imaginez donc la création, demain, d’une organisation qui afficherait comme ambition de favoriser l’ascension des Français de souche… Allô, M. Louis Schweitzer (HALDE) ?

Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à « l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international ». Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce conseil figurent des personnalités très actives au sein de structure nationales françaises à caractère politique. Je vous laisse juges :

  • Najat Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles ;

  • Abdellah Boussouf, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), nommé Secrétaire général du CCME ;

  • Najat Azmy, Conseillère municipale de la ville de Roubaix, présentée par le PS à la députation pour la circonscription de Tourcoing ;

  • Driss El Yazami, membre du Conseil d’administration et du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration en France, nommé Président du CCME.

Trouverait-on acceptable que demain, des Français possédant aussi la nationalité américaine, en position d’influencer les plus hautes sphères du pouvoir politique de la France, puissent accepter une mission officielle de la part de George Bush pour œuvrer à l’essor de leur mère patrie, les États-Unis d’Amérique ? Ou que des concitoyens de sensibilité juive acceptent une telle mission au service de l’État d’Israël ?

Rachida Dati ne figure pas parmi les membres du conseil installé par le Roi du Maroc, mais voici, dans le même registre, ce qu’elle confessait dans un entretien que je cite dans Le puzzle de l’intégration et qu’elle avait accordé le 31 août 2006 à un journal marocain : « C’est toujours comme ça, je bascule entre les affaires d’ici et de là-bas [Maroc] […] Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club XXIème siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française […] Je suis toujours allée au Maroc en disant “on est votre première vitrine”. Peut-être considèrent-ils qu’on n’est pas assez malléables. C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains] se privent d’une vraie représentation […] Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays. »

Un Président de la République française qui se rend au dîner annuel du CRIF escorté d’une armada de ministres ; Alain Juppé qui se dit respectueux des principes républicains, et fait néanmoins ses emplettes municipales guidé par le marketing communautariste, et dans le panier duquel on retrouve, aux élections de Bordeaux, la présidente régionale du CRAN… Pour compléter le décor de cette France atomisée par le manque de vision de sa classe politique, ne manque plus que la création du Conseil représentatif des Français de souche. Faites vos jeux, rien ne va plus !

27.11.2007

La République finira-t-elle par imploser ?

J’évoque régulièrement sur ce blog les errements de la politique de « miroir aux alouettes » que conduit notre actuelle majorité, pour la simple raison que c’est toute notre société qui en paiera tôt ou tard les conséquences, et ces dernières, à n’en pas douter, seront de plus en plus lourdes.

Au cas où certains avaient pu, de manière enfantine, l’espérer, les événements de Villiers-le-Bel sont là pour nous le rappeler : la nomination d’une Rachida Dati ou d’une Rama Yade, que l’on exhibe dans tous les voyages officiels comme les totems d’une France « métissée » qui se porterait bien, n’a aucune incidence sur le maintien de la paix dans certains de nos territoires où les lois de la République ont de plus en plus de mal à être appliquées.

Il suffit de se plonger dans le quotidien des pompiers, médecins ou enseignants des quartiers dits « sensibles » pour réaliser qu’il y a bien aujourd’hui deux France, et que le défi que nous devons tous participer à relever est d’éviter la dislocation de la France dans un proche avenir. C’est pour cette raison que j’attire l’attention, dans « Le puzzle de l’intégration », sur la grande prudence dont nous devons faire preuve, non seulement dans la politique de décentralisation, mais aussi dans le parachutage de personnalités politiques au seul motif qu’elles seraient d’origine étrangère, donc susceptibles de mieux capter les voix d’électeurs de la même origine.

Le décès de deux adolescents à Villiers-Le-Bel a aussitôt déclenché de nouvelles scènes d’émeutes, rappelant celles de novembre 2005. En quelques heures se sont produits incendies de véhicules, destructions de postes de police et de bâtiments publics (école, bibliothèque, centre des impôts…) et de boutiques du centre ville, incendie d’une entreprise, agressions de plusieurs dizaines de policiers et de pompiers… et l’insurrection semble à présent se propager aux quartiers environnants.

Voici à ce propos quelques réactions significatives.

Jean-Yves Bugelli, n°2 du syndicat de police « Alliance », au micro de France Inter : « Depuis 2005, on n’a rien réglé au fond donc c’est vrai qu’un évènement comme celui-là peut déclencher quelque chose. C’est une éventualité. Je ne dis pas que c’est attendu. Je ne dis pas que tous les éléments sont réunis pour cela, mais c’est vrai quand on voit les réactions qui sont quand même complètement démesurées par rapport aux faits eux-mêmes […] »

Patrice Ribereau, secrétaire général adjoint du syndicat « Synergie Officiers » : « Les événements dans leur intensité et dans leur niveau de violence ont largement dépassé cette nuit ce qu’on a pu connaître à Villiers-le-Bel et à Sarcelles il y a deux ans pendant les émeutes de 2005. On a assisté à des scènes de violence d’une rare sauvagerie cette nuit, que ce soit des scènes de razzia, de pillage mais aussi d’agressions envers nos collègues notamment, et c’est nouveau, avec des tirs d’armes à feu, de fusils à pompes et de fusils de chasse sur nos collègues. Auquel cas là on n’est plus dans des violences urbaines ordinaires si on peut dire, mais on bascule dans la guérilla urbaine. »

Fabrice Drouelle, présentateur du journal de 13h de France Inter : « C’est justement parce que l’on ne sait pas ce qui s’est passé que Villiers-le-Bel s’est embrasé ». Question : depuis quand, lorsqu’« on ne sait pas », est-on légitimé à saccager ? Ce commentaire de Fabrice Drouelle, que je considère par ailleurs comme un très bon journaliste, montre à quel point notre société a pris l’habitude de participer à légitimer la violence en la justifiant.

Yvan Hallouin, présentateur du 19/20 de France 3, informe quant à lui ses téléspectateurs : « Précisons que ce reportage aurait dû être plus complet. D’autres témoignages avaient été recueillis, mais l’équipe s’est fait agresser en milieu de journée sur les lieux de l’accident. La caméra et les images ont été volées. »

François Hollande, toujours au micro de France Inter : « ces violences sont inexcusables, sont inacceptables et en même temps elles traduisent une crise sociale, une crise politique […] La première solution, c’est de régler la crise sociale profonde dans l’emploi […] Pourquoi les logements ne sont attribués que dans certaines villes ? […] Je fais aujourd’hui la proposition : lorsque les maires n’attribuent pas les 20% de logements sociaux dans leurs villes, eh bien ce sera le Préfet qui se substituera à eux. »

Vous noterez que François Hollande, tout en affirmant que ces violences sont inexcusables, insinue dans le même temps qu’elles auraient pour origine des questions de logement ou d’emploi. Il trouve donc ainsi une justification aux agressions d’agents de l’État et aux dégradations. Je pose donc la question à M. Hollande : si la France entrait en récession économique, comme cela s’est déjà maintes fois produit au cours de son Histoire, devrions-nous alors nous attendre à la voir brûler ?

Les habitants de Villiers-le-Bel ont quant à eux immédiatement réclamé que les policiers qui conduisaient la voiture impliquée dans l’accident soient déclarés coupables, avant même que les enquêteurs aient pu effectuer leur travail. Pour avoir la paix, l’État français devra-t-il un jour offrir la tête de ses policiers ?

Face à des comportements de violence quels qu’ils soient, l’ensemble de notre classe politique doit opposer un front républicain commun et uni. Lorsque ce n’est pas le cas, et que certaines personnalités politiques tentent d’accréditer le bien-fondé de la violence, alors ceux qui souhaitent en découdre avec la République l’interprètent comme un signe de compréhension et d’encouragement. Les conséquences en sont terribles pour tous, et pour les habitants des quartiers « sensibles » en premier lieu.

Comment peut-on s’étonner que les entrepreneurs et les commerçants désertent certains quartiers, alors même que l’État y alloue des sommes conséquentes en avantages fiscaux, quand on voit le climat qui y règne même en dehors des périodes d’insurrection ? Comment peut-on encore s’interroger sur les hésitations des entreprises, à la lecture de certains CV portant l’adresse de quartiers qui renvoient régulièrement à l’opinion publique une image des plus déplorables ? Comment peut-on encore surseoir à sensibiliser les parents de ces délinquants aux comportements que la société française attend de tout parent ? Comment s’étonner que personne en France ne souhaite accueillir des logements sociaux de gaieté de cœur ? Et ce n’est pas une loi coercitive telle que la « loi SRU » qui règlera le problème d’acquisition des règles de comportement qu’attend la société française. En l’état actuel des choses, l’application de cette loi ne conduirait qu’à disséminer dans tous les autres territoires les problèmes des quartiers sensibles. Cessons de mettre en œuvre des idées qui ne feront qu’amplifier les difficultés au lieu de les résorber !

Nous vivons une période d’hypocrisie qui n’a que trop duré. Il est maintenant urgent de cesser de cautionner la violence en la justifiant. Comme je le développe dans « Le puzzle de l’intégration », cette attitude est terrible de conséquences pour l’éducation des enfants issus de l’immigration. Il faut cesser de laisser croire à des quartiers entiers que l’on peut réussir un jour à décrocher un emploi sans fournir le minimum d’investissement requis au cours de l’apprentissage scolaire, et en bafouant les règles élémentaires du « savoir vivre ensemble » propres à la société française. En poussant le système scolaire à attribuer des notes et des diplômes sans rapport avec le niveau réel des élèves, nos dirigeants politiques desservent en réalité les enfants, qui sont devenus incapables d’établir un lien de causalité entre leur niveau d’investissement ou de désinvestissement personnel, et leur réussite ou leur exclusion ultérieure.

Il faut d’autre part que le Ministre de la Justice s’occupe de toute urgence des vrais dossiers liés à la délinquance, au lieu de faire diversion en tentant de modifier une carte judiciaire qui n’aurait pour inconvénient que de dater de 1958. Quand, par exemple, le Ministre de la Justice s’occupera-t-elle de démanteler les réseaux d’économie parallèle ? Je répète ici ce que j’ai écrit dans « le Puzzle de l’intégration » : tant que les élèves des quartiers sensibles auront sous leurs yeux des exemples de « réussite » facile, jamais ils ne développeront d’effort réel à l’école. Plus grands, ils lutteront à leur tour contre la présence policière sur des territoires qui ne sont plus vraiment sous contrôle de la République française. Ni ce sujet, ni celui du traitement de la délinquance, n’ont connu d’amélioration de la part de Nicolas Sarkozy, qui fut pourtant Ministre de l’intérieur pendant quatre ans, ou de Rachida Dati, qui fut sa conseillère Place Beauvau. Nous avons, bien au contraire, enregistré une nette dégradation. Ils ont à présent le devoir de cesser de faire illusion en ne se préoccupant que de communication, pour traiter véritablement le fond des problèmes, car la colère des Français pourrait être un jour à la hauteur de la déception !

Le problème de l’immigration-insertion-intégration est un défi majeur pour la France de demain. Je dirais même que c’est le principal défi que devra relever la France, tant il pèse sur son avenir. Ses conséquences se font déjà sentir dans notre enseignement supérieur, altérant de ce fait l’aptitude de la France à relever les défis posés par la mondialisation. Ce ne sont pas les quelques milliards d’euros que vient de promettre le gouvernement qui porteront le niveau réel des élèves à l’entrée du supérieur à un niveau suffisant ; pas plus qu’ils ne donneront, aux 20% de la population estudiantine qui ne possèdent pas le minimum de culture générale nécessaire à un bon déroulement de scolarité, le niveau d’excellence qui seul permettra à la France de tenir sa place dans une compétition internationale sans merci. L’Inde et la Chine forment à présent une élite qui détient, elle, de vrais diplômes et de véritables compétences leur permettant de créer les produits innovants qui seront demain achetés par les consommateurs de la planète entière. Que sera l’avenir d’une France exclue de la compétition internationale ?

Notre classe politique devra se résoudre à aborder le puzzle de l’intégration en considérant l’ensemble de ses pièces, et non plus en le réduisant à une seule de ses pièces, qui plus est la plus insignifiante, celle du niveau économique des familles issues de l’immigration. Les raisons de l’échec de l’insertion dans la société française, sans même évoquer celles de l’intégration dans la communauté nationale, se trouvent en effet bien ailleurs…

31.08.2007

Intégration : le réalisme sera plus efficace que le miroir aux alouettes

De tous temps et sous tous les cieux, les nouveautés ont attiré une attention particulière, le temps que l’opinion publique se forge son propre jugement. Vouloir l’ignorer au sujet de l’intégration, c’est prendre le risque de gravement nuire à ceux-là même dont on voudrait aider à la reconnaissance. Voici ce que j’écrivais dans « Le puzzle de l’intégration » à propos du processus de construction d’une image positive :

« Lorsque les premières femmes se sont lancées dans des métiers traditionnellement identifiés comme masculins, l’attention de tous (hommes et femmes) s’est portée sur leur aptitude à relever ce qui était assimilé à un défi. Elles ont eu droit à une période d’observation critique. C’est la démonstration de leur totale compétence qui a permis aux femmes de gagner leurs lettres de noblesse dans tous les domaines qu’elles ont investis.

Notre classe politique, pressée par l’urgence de rendre visibles dans le paysage politique des membres des minorités pour calmer l’impatience de leurs communautés d’origine, ne semble pas avoir pris la mesure de sa responsabilité.
 »

Or, quel est le spectacle auquel nous convie le gouvernement ?

La tension est telle dans le monde de la magistrature, que deux de ses syndicats ont refusé d’accompagner le Ministre de la Justice Rachida Dati dans son déplacement aux Pays-Bas. De plus, l’hémorragie se poursuit dans son cabinet ministériel, qu’une 5ème personne vient de quitter (et pas des moindres, puisqu’il s’agit de son chef de cabinet). On pourra toujours raconter des balivernes aux Français ou inventer des sornettes ; qui connaît un tant soit peu le fonctionnement d’un cabinet ministériel sait parfaitement que les nominations sont acceptées par les intéressés en connaissance de cause, et que ce qui se produit actuellement à la Chancellerie est pour le moins inhabituel.

Fadela Amara a été nommée au titre de sa très, très longue expérience de terrain sur les questions liées aux banlieues réputées difficiles. Elle n’a pourtant pas craint le ridicule en annonçant, à grands roulements de tambours, avoir ouvert un blog pour solliciter, des jeunes de banlieues, des idées de solutions à leurs problèmes. Pourquoi, au juste, a-t-elle donc été nommée ? Cependant, aucun journaliste ne semble avoir relevé cette étrangeté. Pour quelle raison ? Est-ce parce qu’avec les personnes issues de l’immigration, il faut prendre des gants, faire preuve d’une plus grande indulgence ? Cette attitude teintée de misérabilisme est un réel poison pour le fonctionnement de notre société. Le jour où l’on osera critiquer de la même manière, sur ses compétences, tout Français, quelle que soit son ascendance, ce jour-là nous aurons gagné une belle manche dans le match de l’intégration.

Rama Yade occupe, elle, un poste dans le monde de la diplomatie qui exige une grande maturité et de sérieuses connaissances géopolitiques et culturelles. Des rares lieux où elle s’est rendue pour représenter la France, les seuls commentaires qui nous sont revenus sont qu’elle est « jeune et jolie ». C’est bien agréable et flatteur, mais encore ? Dispose-t-elle d’autres qualités dans le cadre de ses fonctions, que l’on nous cacherait soigneusement ?

Contrairement à ce qui s’est sournoisement institué sous nos tropiques, il est pourtant essentiel d’éviter le recrutement sur le critère de la couleur de peau ou de l’origine ethnique. Bien sûr, nul n’est jamais à l’abri d’une erreur dans la composition d’une équipe, mais lorsque cette équipe a été constituée sur des bases ethniques ou raciales, l’erreur risque alors de faire rejaillir le discrédit sur toutes les personnes qui partagent le critère utilisé lors du recrutement. Pour citer un nouvel exemple et montrer que ce phénomène est très banal, je m’appuierai sur ma connaissance du monde des grandes écoles. Lorsque vous êtes diplômé d’une école, et que l’on vous a recruté à ce titre, vous portez de ce fait une grande responsabilité vis-à-vis de vos camarades d’école : si votre employeur est enthousiasmé par vos compétences, il gardera de vous et de votre école une image très positive, ce qui le poussera d’emblée à une attitude ouverte vis-à-vis des CV qui porteront la même mention. Dans le cas contraire, une méfiance instinctive s’installera, et vos camarades de formation identique courront le risque de ne pas même se voir inviter à un entretien d’embauche.

Il en va de même pour les personnes issues de l’immigration. Puisque les trois ministres sus-citées sont supposées faire partie de l’« élite » d’origine maghrébine et africaine, leurs « performances » vont-elles contribuer à améliorer, ou au contraire à dégrader, la perception qu’a l’opinion publique des communautés dont elles se réclament ?

Je ne reviendrai pas sur le fait que ces nominations ne sont en réalité que des « voiles cache-misère », et qu’on ne voit pas par quel miracle elles feraient pousser des ailes à ceux des enfants de l’immigration qui posent de sérieuses difficultés à notre société. Afin d’éviter la déception, les Français ne doivent en attendre aucun résultat ; il n’y en aura guère. Car quel est le rapport de cause à effet ? Le fait que ces personnes soient propulsées au sommet du pouvoir aide-t-il en quoi que ce soit les enfants de l’immigration à combler toutes leurs lacunes, que j’ai longuement décrites dans mon livre ? À ce propos, faut-il s’étonner que malgré la nomination de Rama Yade, plusieurs dizaines de voyous d’origine africaine (150 selon la police) se soient affrontés à coups de machettes, couteaux et barres de fer dans le quartier de Pigalle à Paris dans la nuit du lundi 27 août ? Autre question : ne nous avait-on pas asséné que la loi sur la récidive avait été conçue pour dissuader les « jeunes » de passer à l’acte de délinquance ? Ces derniers jours, le gérant d’un magasin en Seine-Saint-Denis a pu lui aussi constater que ni cette loi de répression, ni l’installation de 20 caméras, n’auront réussi à dissuader des bandes de s’attaquer à son outil de travail. On ne peut pourtant pas prétendre que la loi n’a pas été suffisamment médiatisée…

Autre question : a-t-on véritablement besoin que des membres de l’immigration récente soient « iconifiés » pour que le problème de l’intégration soit enfin résolu, et avant lui, celui de l’insertion ? N’est-ce pas plutôt lorsque les enfants de l’immigration auront réussi à acquérir et respecter les règles du bien vivre ensemble de la société française, qu’ils seront enfin reconnus comme n’étant plus un problème ? S’est-on jamais préoccupé de la nomination de ministres d’origine slave, hispanique, italienne… à l’époque où la question de l’intégration des membres de ces communautés se posait à la France ? Acceptons enfin de ne plus fuir la réalité des problèmes, si nous voulons véritablement aider les enfants issus des dernières vagues d’immigration !

Notre classe politique devra un jour admettre que l’insertion et l’intégration sont des sujets extrêmement sérieux pour l’avenir de notre pays, et qu’à ce titre ils ne souffrent ni les simples effets d’annonce, ni les miroirs aux alouettes. Il y faudra une réflexion beaucoup plus approfondie, ainsi que des mesures dignes de mériter le qualificatif d’action politique.

19.07.2007

Les effets pervers de la discrimination positive : le cas Dati

Non seulement la discrimination positive fera subir des dégâts collatéraux aux Français de souche, qu’elle discriminera négativement, mais elle produira également des effets pervers sur les membres des minorités ethniques ou raciales qu’elle avantage. Les déboires actuels de Rachida Dati l’illustrent à la perfection.

Le Président de la République ayant souhaité exploiter l’image de Rachida Dati dans le cadre de sa stratégie de communication, il apparaît aujourd’hui au grand jour que cette dernière ne doit sa nomination qu’à ses origines arabes. Si un doute pouvait encore subsister dans l’esprit de nos concitoyens, le Président de la République vient lui-même de le dissiper : « Il faut qu'elle réussisse, car c'est un message à la France diverse, à la France multiple : le signe que chacun a sa chance ». Dans ces circonstances, comment s’étonner de voir, à la première difficulté, poindre la suspicion sur ses compétences ? Le doute sur les aptitudes des membres des minorités est l’un des effets pervers les plus courants dans tous les pays qui pratiquent le traitement inégalitaire des citoyens.

Rachida Dati n’a jamais été connue ni reconnue comme une pointure dans le domaine juridique. Au sein de l’UMP, ce sont d’autres personnalités qui détiennent ces compétences et ont, à ce titre, assumé la tâche de l’élaboration du projet juridique. Comme je l’évoque dans « Le puzzle de l’intégration » (dont l’écriture était achevée dès septembre 2006), Rachida Dati fut pendant quatre ans chargée de la prévention de la délinquance auprès du Ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, avec les résultats pitoyables qu’elle a elle-même, dans une touchante naïveté, tenu à détailler à l’occasion de son discours au TGI de Bobigny le 22 juin dernier : « Le nombre de condamnations en récidive pour les crimes et délits a augmenté de 68 % en cinq ans. Pour les délits les plus graves, cette augmentation a été de 145% [...] La délinquance des mineurs augmente. Elle est de plus en plus violente. Elle concerne des tranches d'âge de plus en plus jeunes. En 5 ans, le nombre de mineurs condamnés pour des délits de violence a augmenté de près de 40%. En 2006, la part des mineurs dans le total des personnes mises en cause pour l'ensemble des crimes et des délits est de 18%. Elle s'élève à 45% pour les vols avec violence. »

Si Rachida Dati était dotée de compétences et d’une expérience largement reconnues, elle aurait bénéficié d’une confiance en ses capacités qui lui aurait permis de démontrer aux Français qu’elle est à la hauteur de la mission qui lui échoit. Elle se serait probablement reposée sur le monde de la magistrature pour attester de son expérience. Au lieu de cela, les médias nous apprennent que Rachida Dati aurait elle-même demandé à des associations de lutte contre le racisme de monter au créneau pour prendre sa défense. Une mise au point de sa part s’impose sur ce sujet qui, contrairement aux apparences, est tout sauf anodin. Comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer sur France Inter, il n’est en effet pas sans conséquence de diviser la société française en « victimes » et « bourreaux ».

Aujourd’hui, face aux portes qui claquent au sein de son ministère et à la levée de boucliers que suscite (à juste titre) son projet de loi sur la récidive, l’argument le plus souvent invoqué par ses défenseurs pour mettre fin à la critique est que Rachida Dati subirait une mise en cause de sa légitimité en raison de son origine ethnique. Or, lorsqu’Édith Cresson avait essuyé le vif mécontentement de la classe politique (jusque dans ses propres rangs), sa nomination apparaissait elle aussi illégitime, car elle était assise sur le seul bon vouloir du prince. Nous sommes en réalité dans la même situation aujourd’hui.

L’exemple du cas Dati laisse par ailleurs augurer des terribles difficultés qui attendent nos entreprises, dès qu’elles se verront imposer la mise en oeuvre de la discrimination positive : elles se trouveront alors confrontées à la nécessité de tenir compte de paramètres autres que la seule adéquation des salariés aux postes proposés, et devront s’attendre aux pires attaques lors des décisions de recrutement, promotions ou licenciements.

La tentative, de la part d’associations et même de personnalités politiques comme Simone Veil, de transformer de manière éhontée un procès en incompétence en campagne de lutte contre le prétendu racisme des Français, est dangereux pour notre paix civile. Depuis trente ans, on diffuse aux populations issues de l’immigration le disque du racisme des Français de souche ; cela a largement contribué à développer, puis à entretenir, la haine que nourrissent à présent une partie des jeunes issus de l’immigration envers les Français de souche et leur société, avec les conséquences que l’on observe déjà.

26.06.2007

Rachida Dati et l’idéologie victimaire

Lors du discours qu’elle a tenu le 22 juin dernier au Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le nouveau ministre de la justice a effectué quelques annonces qui semblent, pour l’instant, être passées inaperçues. Je les relève donc ici.

Voici un premier extrait du discours de Rachida Dati :

« Un message d'humanité et d'ouverture, adressé à toutes les populations en souffrance, exclues, discriminées, reléguées [...] Je sais qu'ici les populations sont l'objet de discriminations sociales, économiques et culturelles [...] Je veux faire changer la perception qu'elles ont de notre justice car elles ont encore plus besoin de justice que les autres [...] C'est pourquoi je souhaite créer dans tous les parquets un pôle anti-discrimination. Il y aura un magistrat et un délégué du Procureur de la République dédiés à la lutte contre les discriminations [...] »

Ainsi, en France, une partie de la justice va être spécifiquement dédiée aux populations qui seraient discriminées par les Français de souche, érigées en potentiels racistes par l’idéologie victimaire ; cette idéologie qui fait des ravages depuis plusieurs années, et qui porte une responsabilité centrale dans le fait que les jeunes issus de l’immigration ne s’investissent plus dans la construction de leur avenir. Les familles de l’immigration sont en effet, à présent, profondément convaincues que leurs difficultés, voire leur impossibilité à gravir l’échelle sociale française, est imputable au comportement des Français de souche à leur égard. Cette idéologie, qui avait déjà conduit à la création de la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité), déjà dotée, il faut le préciser, d’un pouvoir de sanction, a des conséquences désastreuses sur les jeunes issus de l’immigration, et même sur la société toute entière.

Depuis de nombreuses années, la France berce d’illusions les populations issues de l’immigration avec une idéologie victimaire dont le corollaire est la repentance des Français, auxquels il appartiendrait de réparer les injustices dont ils se seraient rendus coupables. Depuis vingt-cinq ans, nous refusons de nous pencher avec sérieux sur l’origine des problèmes d’insertion des jeunes issus de l’immigration. Le résultat de notre errance, nous pouvons l’observer chaque jour davantage : c’est la marginalisation croissante des jeunes issus de l’immigration. Mais laissons à nouveau la parole à Rachida Dati :

« Les difficultés en Seine-Saint-Denis sont nombreuses : un taux de criminalité élevé de 104 crimes et délits pour 1 000 habitants en 2006, alors qu'il est de 61 pour la France entière [...] Et pourtant, il y a ici plus de 30 000 associations, soit 20 % de plus que la moyenne nationale [...] Le nombre de condamnations en récidive pour les crimes et délits a augmenté de 68 % en cinq ans. Pour les délits les plus graves, cette augmentation a été de 145% [...] La délinquance des mineurs augmente. Elle est de plus en plus violente. Elle concerne des tranches d'âge de plus en plus jeunes. En 5 ans, le nombre de mineurs condamnés pour des délits de violence a augmenté de près de 40%. En 2006, la part des mineurs dans le total des personnes mises en cause pour l'ensemble des crimes et des délits est de 18%. Elle s'élève à 45% pour les vols avec violence. »

Il devient à présent urgent de nous interroger sur ce qui conduit les enfants issus de l’immigration à défier, de plus en plus jeunes, la République et ses représentants. Il est intéressant de relever que des jeunes dotés du même profil, et qui évoluent encore dans leur pays d’origine, n’adoptent absolument pas le même comportement et continuent à s’investir à l’école et à respecter les lois en vigueur dans leur pays, alors qu’ils savent parfaitement qu’ils n’auront que très peu de chances de trouver un emploi dans leur contexte économique. Si nous étendons cette politique-poison de la victimisation et de la repentance en installant des pôles anti-discrimination au sein de parquets, si nous persistons à laisser diviser la France en deux camps, victimes et bourreaux, et à régulièrement dresser les groupes issus de l’immigration contre les Français de souche, nous mettrons en danger notre paix civile.

Rachida Dati poursuit : « C'est pourquoi, je veux pour la France une justice adaptée au monde dans lequel elle agit et qui accompagne les changements qui rythment nos vies [...] Je ne veux plus qu'une partie de la population française pense que la justice n'est pas faite pour elle, qu'elle est même faite contre elle. Je veux leur dire qu'ils se trompent. »

Que sous-entend le ministre de la justice de la République Française lorsqu’elle déclare qu’elle va « adapter la justice aux changements qui rythment nos vies » ? La question devrait lui être posée. Est-il utile de rappeler que les lois françaises n’ont été faites ni pour, ni contre les migrants et leurs descendants ? Ces lois, qui illustrent le socle des valeurs fondamentales propres à la société française, existaient bien avant leur arrivée. Elles sont le fruit de l’immense héritage du peuple français. Aucun parent français de souche ne laisserait ses enfants se singulariser comme on le laisse faire aux enfants issus de l’immigration, lorsqu’ils rejettent des éléments essentiels du contrat du « bien vivre ensemble » qui régit la société française.

Encore un extrait du discours de Rachida Dati : « Une Justice ouverte et moderne, c'est aussi une Justice qui ressemble à la France d'aujourd'hui, dans toute sa diversité. L'origine sociale des acteurs judiciaires, et au plus haut niveau, doit être diversifiée sans remettre en cause le recrutement par concours, creuset du mérite républicain et de l'égalité des chances. »

Ce passage signe en réalité la volonté que soient dorénavant prises en compte les origines ethniques et raciales des postulants aux emplois ; c’est l’introduction de la discrimination positive sans la nommer. Comment s’en étonner, lorsqu’on sait que Rachida Dati est membre fondateur du club XXIème siècle, dont Rama Yade est la vice-présidente ; cercle d’influence dont le but affiché par Rachida Dati elle-même, est de favoriser le recrutement à haut niveau des personnes issues de l’immigration. Que dirait-on si des Français de souche créaient un club qui se fixait comme objectif de favoriser le recrutement de Français de souche pour les propulser dans les sphères du pouvoir ? Ne parlerait-on pas alors de racisme avéré ?

La tâche des Français qui sont attachés à ce que la France demeure « une et indivisible » va considérablement se compliquer, car l’idéologie de la victimisation, de la repentance des Français et de la discrimination positive est maintenant installée dans les plus hautes sphères du pouvoir politique. Valoriser le travail et le mérite, tourner le dos à la repentance du peuple français, étaient pourtant des thèmes martelés dans les messages qu'avait scandés Nicolas Sarkozy au cours de sa campagne pour accéder à la Présidence…

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la relation de cause à effet entre l’idéologie victimaire et la fin de la France « une et indivisible », je les encourage à lire « Le puzzle de l’intégration » !

11.04.2007

Une discrimination positive à la française ?

Existerait-il une « discrimination positive à la française », qui serait différente de la discrimination positive américaine ? 

Dans le Monde daté du 11 avril dernier, on pouvait lire :

« En présence ou non de Nicolas Sarkozy, les secrétaires nationaux, conseillers exécutifs ou simples adhérents de l'UMP, issus des minorités et réunis au sein du Cercle de la diversité républicaine de ce même parti, entendent ouvrir le débat présidentiel sur la diversité. "M. Sarkozy est précurseur sur le thème de la discrimination positive. Nous avons voulu donner corps à ce principe en le déclinant en mesures concrètes", explique Yves Jégo, secrétaire national aux nouvelles adhésions, à l'origine de la création en septembre 2006 de ce Cercle de la diversité au sein de l'UMP. 

En introduction, les auteurs du Livre blanc prennent soin de distinguer la "discrimination positive à la française" qu'ils veulent promouvoir, fondée sur une base territoriale, et la reconnaissance du mérite "quelle que soit la couleur de peau" de "l'affirmative action" américaine s'appuyant sur des critères raciaux ou ethniques. Cela ne les empêche pas d'appeler à la mise en place de statistiques fondées "sur les catégories retenues dans la vie ordinaire, c'est-à-dire les Blancs, les Noirs, les Asiatiques". Des statistiques ethniques en somme, qu'ils se gardent de nommer comme telles, mais qui permettraient, selon eux, de mesurer l'état des discriminations dans la société française et ainsi d'avancer. »[1]

À la question « Existerait-il une discrimination positive à la française qui serait différente de la discrimination positive américaine ? », la réponse est donc : NON, il n’y a strictement aucune différence entre la discrimination positive que l’on tente actuellement de rebaptiser, sous nos cieux, « à la française », et la discrimination positive américaine. Comme l’a justement souligné sur son blog Dominique Strauss-Kahn, qui est lui aussi favorable à l’importation de cette politique, le critère géographique est véritablement un leurre, qui permet, sans affronter le peuple français attaché à ses valeurs républicaines, de cibler directement des personnes originaires d’Afrique noire ou du Maghreb.

À ce sujet, Daniel Sabbagh, chargé de recherches au CERI (Centre d’Études et de Recherches Internationales), précise : « On observe actuellement une réelle convergence, tant au niveau des arguments mobilisés pour justifier les politiques — la rhétorique de la “diversité”, par exemple, est directement importée des États-Unis — que des politiques elles-mêmes. »[2]

Toujours dans le Monde daté du 11 avril : « Ainsi, en matière d'emploi, le Cercle préconise-t-il, par exemple, de transposer les aides consacrées aux zones franches aux personnes qui y résident : une entreprise de centre-ville qui recruterait une personne issue de zone urbaine sensible (ZUS) pourrait se voir exonérée de charges sociales pendant un an ou deux. En matière d'éducation, le Cercle appelle à transformer en politique publique généralisée les dispositifs de soutien scolaire et d'accès spécifiques aux grandes écoles pour les meilleurs élèves issus des quartiers difficiles. »[1]

Lors de ses États généraux du 7 mars dernier, le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) a quant à lui affirmé : « À des problèmes de discrimination fondés sur la couleur de la peau, nous devons apporter des solutions basés sur la couleur de la peau. » Entre autres mesures, il réclame « l’attribution préférentielle des marchés publics aux entreprises dirigées par des minorités ou embauchant plus de 50% de personnels issus des minorités ».[3]

Le 31 août 2006, Rachida Dati, aujourd’hui porte-parole de Nicolas Sarkozy, déclarait, dans un entretien au journal Libération de Casablanca: « Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club 21ème siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française. »[4]

La France doit-elle demeurer une communauté nationale, ou doit-elle se transformer en société multiculturelle où chaque groupe travaille à faire « monter » les siens ? Les « Blancs » devront-ils un jour, eux aussi, se constituer en groupe pour veiller sur leurs intérêts ? La question est extrêmement grave, car c’est sa réponse qui dessinera la société française de demain.

Savez-vous quelle est la conséquence, aux États-Unis, de la mise en œuvre de la discrimination positive ? Je cède la parole à Daniel Sabbagh : « Bien entendu, à cet accroissement du nombre de bénéficiaires potentiels [de la discrimination positive] correspond symétriquement une augmentation du nombre des individus blancs de sexe masculin qui risquent de se voir priver de l’accès à des positions désirées. »[5]

C’est à l’instauration d’une nouvelle forme d’insécurité à laquelle nous assisterons donc : aucun Français d’origine européenne n’acceptera jamais d’être privé de l’accès à des positions désirées pour la simple raison qu’il est Blanc, et donc pas de la « bonne couleur » au regard de la discrimination positive. Comme vous le conclurez par vous-mêmes, l’application de cette politique ne nous apportera pas la paix sociale, mais entraînera de sérieuses perturbations dans notre pays.

Aujourd’hui, les partisans de la discrimination positive ont compris qu’il leur fallait avancer masqués, car les Français, de droite comme de gauche, rejettent dans leur grande majorité cette politique inégalitaire. Qu’à cela ne tienne, ses partisans ont trouvé un nouveau cheval de Troie avec l’introduction du comptage ethnique et racial dans notre société. Ils savent que dès que la France aura mis en place ce comptage, elle sera alors administrativement prête à mettre en œuvre la discrimination positive. La raison qu’ils invoquent pour justifier ce catalogage des individus ? Sans cet « outil » (qui rappelle de mauvais souvenirs aux Français), il ne serait, selon eux, pas possible de statuer sur l’efficacité des politiques publiques déjà déployées. Louis Schweitzer, président de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité), s’y oppose pour sa part fermement.

Il est évident que le comptage ethnique et racial doit être vigoureusement rejeté par tous, car c’est la première marche, et elle est décisive, vers la communautarisation de la France. Si elle est mise en place, nous ne pourrons alors faire marche arrière, car tous ceux qui ont un intérêt à diviser la France ne reculeront jamais plus ! Veillons à ne pas introduire le ver dans le fruit. C’est l’unité de la France qui fait sa force !

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[1] Laetitia Van Eeckhout, « Les "minorités visibles" de l'UMP entendent ouvrir le débat sur la diversité », Le Monde daté du 11 avril 2007.

[2] Daniel Sabbagh, « Sur la discrimination positive, il y a convergence entre les États-Unis et la France », Le Monde daté du 25 février 2006.

[3] Laetitia Van Eeckhout, « Les candidats accusés d’éluder la question de la diversité », Le Monde daté du 8 avril 2007.

[4] Youssef Lahlali, « Une Marocaine Place Beauvau », Libération Casablanca, 31 août 2006.

[5] Daniel Sabbagh, « La tentation de l’opacité: le juge américain et l’affirmative action dans l’enseignement supérieur », revue Pouvoirs n°111 « Discrimination positive », Seuil.