21 octobre 2009
Dépassionner, pour pouvoir agir !
Je sais la souffrance des Français qui ne reconnaissent plus la France du préambule de la Constitution. Je sais qu’ils ont perdu confiance en leurs élites, et pour cause ! Je sais aussi, dans le même temps, que la détresse est grande parmi ceux que la France, en appliquant le « droit du sol », a affublés d’une identité dont ils ne se sentent pas porteurs. Je sais tout cela, mais il est pourtant indispensable de créer les conditions de sérénité qui permettront à ce sujet d’être enfin un jour mis au menu de notre classe politique.
Or, dès lors que l’on aborde la question de l’intégration, les passions se déchaînent. Il semble quasi-impossible d’apaiser ce débat ; pourtant, l’enjeu est de taille, puisque sans apaisement, jamais ce sujet, LE sujet qui engage l’avenir de la France et des Français, ne sera traité.
Si notre société n’avait pas été aussi gravement malade, elle aurait su, malgré ses élites, traiter dès l’apparition des premiers symptômes l’échec de l’insertion dû à l’incompatibilité avec la culture française de certaines valeurs importées. Je parle ici d’insertion, et non d’intégration ; ceux qui ont lu Le puzzle de l’intégration en comprendront la raison.
Le problème de fond est-il réellement l’Islam (ou toute autre religion ou croyance qui serait venue questionner les valeurs françaises) ou ce cancer de la perte de repères dont le peuple français est profondément atteint ? Et nous le savons, il n’est pas le seul peuple à en être affecté.
Une prise de conscience est nécessaire sur ce point : la stigmatisation de la religion musulmane et des musulmans produit l’effet opposé à celui qui est recherché, puisqu’en opérant de la sorte, il n’est guère laissé d’autre choix aux musulmans, quel que soit leur niveau de pratique, que de s’agglomérer. Il ne peut en être autrement, vu la très forte pression qu’exerce le groupe sur l’individu. Cette approche est donc totalement contre-productive et heurte en outre, de manière injuste, tous ceux qui ne demandent qu’à vivre en paix dans la société d’accueil. Pour avoir vécu parmi des musulmans, je sais à quel point la religion peut devenir un instrument redoutable d’efficacité pour dresser les uns contre les autres. En Algérie et dans de nombreux pays musulmans, la religion dresse des musulmans contre des musulmans. Si ces pays avaient été laïques, ils ne seraient pas autant frappés, comme ils le sont à présent, par le malheur.
Je suis convaincue que l’une des graves erreurs commise par nos dirigeants a été de remettre en cause la laïcité à un moment où elle s’imposait plus que jamais pour prévenir et anticiper les conséquences des importants flux migratoires, comme je l’ai écrit dans Le puzzle de l’intégration : « Le rôle d’une classe politique est de savoir identifier, et même anticiper, les difficultés nouvelles qui se présentent à la société au destin de laquelle elle préside. »
La remise en cause de la laïcité a renforcé la détermination de ceux qui œuvrent à accroître l’influence du religieux sur le politique, avec l’objectif d’imposer de plus en plus d’« accommodement raisonnable » à notre société. Le maintien d’un espace public soustrait à l’emprise des religions, dans le but de préserver la paix, s’impose de manière impérieuse aux Français d’aujourd’hui. Ces derniers sont tombés en léthargie et ont perdu de leur vigilance, notamment parce qu’ils n’ont plus connu la guerre ni les affrontements depuis longtemps. Il serait utile qu’ils se remémorent le contexte de la naissance de la loi de 1905. Il est par ailleurs essentiel que ceux qui demeurent nostalgiques de la période antérieure à 1905 réalisent que la laïcité constitue à présent pour eux une aile protectrice.
Le puzzle de l’intégration : « C’est la succession de ces pages inscrites dans un fleuve de larmes et de sang, qui a peu à peu conduit les Français à admettre l’impératif absolu de l’élaboration d’une loi qui œuvrerait à pacifier leurs rapports réciproques. La France a connu tant d’épreuves où son unité nationale s’est trouvée menacée de voler en éclats ! Ce n’est donc pas la légèreté qui a commandé la promulgation de la loi de 1905, mais bien la sagesse assise sur la souffrance et sur la douleur. »
Les Français ont participé, sans le savoir et sans le vouloir, à l’importation sur le sol de France des tensions qui existent au sein du monde musulman. Ces tensions entre différentes “chapelles”, mais aussi entre ceux qualifiés de modernes et les rigoristes, existent depuis la nuit des temps et ressurgissent régulièrement. Croire que les Européens seraient en position d’en trouver la solution et le dénouement est confondant de naïveté ; une naïveté bien dangereuse, qui fait le jeu de ceux qui ont pour objectif que le religieux influence bien davantage encore le politique, car si le mot « islam » fait désormais très peur aux Français du peuple, il transforme nos politiques en statues de sel ou pire encore, les rend capables de nous conduire sur des sentiers hautement dangereux.
Gardons-nous des fadaises et de l’ignorance, comme celle dont fait preuve Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, dans un entretien au journal le Monde : « Le premier défi, celui qui sera le plus structurant, c’est la question de l’identité française. La nation se fissure en silence parce qu’il n’y a pas de discours sur l’identité […] nous avons commis collectivement l’erreur de ne pas expliquer ce que cela veut dire être français aujourd’hui […] Il faut que l’on positive le fait d’être une population aussi diverse que l’est devenue la nôtre, qu’on le vive comme une chance. […] Ce qui compte, c’est que chaque Français, quelles que soient sa date d’arrivée en France, son origine ou sa religion, a de la valeur et apporte ce qu’il a de mieux pour notre pays. Un exemple : au lycée, on peut choisir en option de très nombreuses langues, mais il est quasi impossible d’apprendre l’arabe, alors que cela pourrait être un fantastique atout économique. Résultat, ce sont des intégristes dans des caves qui s’en chargent. » Et aux propos de Nicolas Sarkozy qui qualifie les Français de « monarchistes et régicides », Jean-François Copé réagit ainsi : « Il a raison, mais c’est une lecture de la société qui se réfère à 1793. Depuis, il y a eu des vagues d’immigration, et je ne suis pas sûr que 1793 reste pour les Français la référence. »
Jean-François Copé entérine le fait qu’après les dernières vagues d’immigrations, les détenteurs de papiers d’identité français ne revendiquent pas et n’endossent pas le même passé et ne possèdent pas tous la même langue… donc ne forment pas un seul et même peuple. Cela signifierait donc que le peuple français, celui qui reconnait 1793 comme faisant partie de son héritage, partage désormais son territoire avec d’autres peuples. Pour une décision aussi lourde de conséquences et autant chargée de menaces d’éruptions volcaniques, a-t-on seulement recueilli le consentement du principal intéressé, le peuple français ? Si l’on analyse froidement les prises de position et les actes de nombre de nos hommes et femmes politiques, on s’aperçoit qu’ils travaillent, sans même en avoir pris conscience, à la balkanisation de la France. Comme l’a très bien suggéré Stéphane, un de mes lecteurs, face à la gravité des évènements, il appartient à chacun de « débattre et d’informer pour que nous, citoyens, puissions agir envers les élus et informer les français. » Bien sûr, j’ai pour ma part déjà écrit à Jean-François Copé.
Si les Français s’emparent en masse du sujet de l’intégration, dans le calme et avec détermination, les politiques finiront par respecter eux-mêmes, et faire respecter, l’existence d’un socle de fondamentaux français, car rien n’importe plus à leurs yeux que leur propre élection, puis réélection… Détenir leur destin politique entre nos mains, c’est notre force. Mais pour ce faire, il faudra accepter de jauger les hommes et femmes politiques individuellement, et non plus sur des bases partisanes.
Autre point: du fait de mon ascendance biologique, on en vient parfois à vouloir m’utiliser pour participer à une guerre de religions. Le sursaut dans le calme est-il encore possible ? Lorsque je vois le niveau des haines qui s’expriment, il m’arrive parfois d’en douter. Je ne suis ni ne serai jamais une Ayaan Hirsi Ali ou une Waffa Sultan. Je n’ai jamais goûté la folie des hommes : la guerre. Je n’ai, par ailleurs, aucun compte à régler ni avec l’islam ni avec les musulmans, car je vis mon appartenance à la communauté française, dans laquelle j’ai inscrit ma descendance, de manière sereine et pleinement assumée.
C’est parce que je crois à l’impératif du respect de chaque être humain et à la justice pour tous, que j’invoque l’existence de valeurs non négociables propres à la culture française. Il est en effet moralement condamnable d’avoir menti et de continuer de mentir à ceux qui ne connaissent pas vraiment la culture française. Vivre sur le territoire français ne suffit pas pour l’acquérir. Voici un extrait de mon entretien à l’Observatoire du communautarisme : « Ces difficultés d’adaptation sont d’autant plus conséquentes que ces migrants arrivent dans une société dont le référentiel culturel est profondément différent du leur. Si de plus, la société d’accueil ne leur précise ni les codes, ni les règles qui la régissent, ni les lignes blanches à ne pas franchir (socle de valeurs fondamentales), alors inévitablement leur insertion dans cette société deviendra conflictuelle, voire impossible… »
C’est encore mon vif attachement au respect et à la justice qui m’a conduite à décrypter les drames de dissonance identitaire dont le droit du sol se rend coupable ; et parce qu’il est coupable, il doit être condamné.
Qui ne considérerait comme irresponsables des parents qui continueraient d’adopter de nouveaux enfants alors qu’ils se trouveraient dans l’incapacité, peu en importent les raisons, de créer les conditions d’une vie normale pour tous leurs enfants, aussi bien déjà adoptés que conçus. Il ne se trouverait au demeurant aucune administration française pour leur délivrer la fameuse autorisation indispensable à chaque nouvelle adoption. Comment qualifier alors l’État français, qui se retrouve dans la situation de tels parents et qui n’en tire aucun enseignement ni aucune ligne de conduite ?
Le puzzle de l’intégration : « L’intégration des dernières vagues d’immigration représente un sérieux défi pour le peuple français, ainsi que pour les migrants et leurs descendants. Cette intégration nécessite en outre un accompagnement différent de celui qui a été apporté aux vagues d’immigration d’origine européenne. Il faut, dans le même temps, accepter une évidence propre à tout ce qui concerne les êtres humains : l’issue des processus d’insertion et d’intégration sera éminemment personnelle.
[…]
Il est fondamental de réaliser que le fait que certains gouvernements aient procédé à des régularisations massives d’immigrés, a profondément nui à l’insertion de ceux qui étaient déjà présents sur le territoire national. Il était pourtant facile de comprendre que, face à une situation d’insertion délicate, les chances de réussite diminuent sérieusement si l’on disperse les attentions. À ce propos, il me semble important de mentionner ici que les familles de l’immigration déjà installées supportent elles-mêmes très mal que l’État, vu les finances de notre pays, se trouve dans l’obligation d’éparpiller ses efforts pour prendre en compte la nouvelle urgence que représentent les familles nouvellement arrivées sur le territoire national.
[…]
Il est également fondamental d’anticiper le fait qu’un nombre non négligeable de ces parents de l’immigration ne souhaiteront pas voir leurs enfants adopter lesdites règles et s’y opposeront, que ce soit de manière consciente ou inconsciente. Cette opposition se manifestera au travers de toutes les remarques faites quotidiennement à l’enfant au sujet des fondamentaux de la société d’accueil qui ne sont pas partagés. Ce sont tous ces éléments de dévalorisation qui amèneront plus tard l’enfant à refuser de s’insérer dans la société d’accueil. Les parents n’ont pas pour objectif que leurs enfants se rebellent contre l’ordre établi, mais la conséquence de l’éducation qu’ils auront transmise et que leurs enfants auront entièrement intériorisée y conduira. Du fait qu’elle leur a été transmise par leur famille, elle porte également pour les enfants une valeur affective forte. On peut comprendre qu’il soit ensuite très difficile à l’école de venir imprimer sa marque, car elle n’évolue alors pas en terrain vierge ni conciliant, mais en terrain rendu en partie inamical.
Pour le migrant, cette phase d’adaptation et de respect de la définition du “bien vivre ensemble” du peuple d’accueil est incontournable, car elle conditionne son insertion dans la société qui l’accueille. Plus le migrant en enfreindra les règles, moins il aura de chances de s’insérer, c’est-à-dire d’être accepté. Nombreux sont ceux, issus de l’immigration récente, qui n’ont toujours pas réussi cette phase d’adaptation. Au lieu de se préoccuper de “contrat d’intégration”, c’est de “contrat d’insertion” que la France aurait dû au préalable se soucier. »
J’ai déjà tout dit dans Le puzzle de l’intégration. J’y ai énuméré ce qu’il convenait de faire et de ne pas faire afin que la France soit apaisée et demeure indivisible. Bien d’autres que moi ont également écrit sur ce sujet. Les Français disposent d’une très grande facilité d’accès à l’information mais, à l’évidence, ils s’en servent bien peu, d’où il résulte qu’ils sont très facilement manipulables. Pourquoi s’attendre alors à ce que d’autres qui ne disposent pas du tout des mêmes facilités et qui sont même parfois analphabètes, puissent être libres et disposer d’un libre arbitre ?
Terminons sur une note d’espoir avec Marcel Gauchet : « Les conditions d’un rebond existent. Il ne manque que la volonté de s’en saisir. » Trouvera-t-on collectivement la volonté de s’en saisir ? Faudra-t-il pour cela que l’Histoire nous envoie un nouveau De Gaulle ? C’est l’avenir qui nous le dira, mais une chose est sûre : le meilleur ne pourra surgir du chaos ambiant qu’à la condition que les Français exercent ENFIN pleinement leur citoyenneté.
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23 juin 2009
Ma colère…
J'écris, j'écris mais ne publie pas. Je ne publie pas, car j'ai peur de vous exprimer la colère qui souvent, ces derniers temps, a monté en moi. J’ai trop mal à la France ! J’aimerais que ce soit simplement un cauchemar, un cauchemar qui remonterait du fond de mon ancienne vie ; celle où j'étais prisonnière de savoirs-être dans lesquels je ne me reconnaissais pas. Ce doit être un cauchemar, je vais finir par me réveiller. Il n’est pas possible que la classe politique française ait pu laisser la France des libertés de mai 68 glisser vers l’obscurantisme !
J’ai frotté mes yeux, et j’ai réalisé que j’étais éveillée et que je me trouvais bien en France ; enfin, dans ce que nos dirigeants politiques avaient fait de la France. J’ai réalisé que le cauchemar était devenu réalité, et que M. Besson était bien ministre en 2009 et que, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c’était au nom de la liberté qu’il ne fallait pas, selon lui, interdire le port de la burqa. La burqa, ce symbole de l’asservissement d’une partie de l’humanité. Aïe, revoilà donc mai 68 avec son « il est interdit d’interdire ». Besson, soixante-huitard primaire ? Imaginerions-nous qu’une personnalité politique de notre pays puisse déclarer : « Au nom de la liberté, il est interdit d’interdire l’esclavage », ou encore : « Si l’esclave consent à être esclave, alors il faut respecter sa volonté, c’est une question de respect de la liberté individuelle » ? J’ai simplement envie de paraphraser Coluche : Interdisons la connerie, et la France ira beaucoup mieux !
Voici un extrait de mon audition par le HCI, le 3 mars 2009 :
« Le respect de la laïcité perd chaque jour du terrain dans notre société. Ce sont les femmes qui en subissent les conséquences et qui voient ainsi, jour après jour, rogner le peu de liberté qu’elles avaient. Ceux qui ne connaissent rien aux pressions et au harcèlement que subissent les femmes au sein de certaines sociétés pensent que les signes religieux qu’elles arborent sont les conséquences d’une liberté de choix. Lorsque l’on a vécu dans ces sociétés, on comprend, au gré de la pression du groupe, que ces choix ne sont jamais libres, mais contraints.
C’est à l’État, encore une fois, et c’est au HCI de faire prendre conscience que pour permettre l’insertion, il faut imposer le respect de cette valeur essentielle de laïcité, et que l’intégration n’aboutira jamais pour ceux qui ne respectent pas la laïcité, car jamais les Français de souche ne reconnaîtront une femme arborant un signe d’appartenance religieuse qui leur renvoie l’image de la société afghane comme concitoyenne, et à ce titre porteuse ou représentante de l’idéal français. Car être Français, c’est aussi cela : être porteur de l’image de la France vis-à-vis des autres communautés nationales. Il faut cesser d’occulter la réalité de ce qu’être Français signifie pour un Français. Le peuple français a droit au respect de son image et de son identité, de même que tout peuple au monde a droit au respect de son identité et de son image. Pourquoi vouloir nier un droit aussi fondamental et aussi élémentaire au peuple français ? »
Alors oui, j’ai été choquée par une partie du discours que Barack Obama a prononcé au Caire. Pourquoi cette ingérence dans nos affaires intérieures, de la part d’un pays qui a déjà démontré sa forte capacité de nuisance sur la scène internationale avec la création de nouveaux foyers de terrorisme (Afghanistan, Irak) ?
J’ai été choquée aussi par le manque d’esprit stratège de Barack Obama, qui l’a conduit à s’adresser au « monde musulman » quand tous ces peuples sont différents, et qu’entre eux existent fractures ou profondes divisions. Quel intérêt pour la paix dans le monde, dans les circonstances d'insécurité que nous connaissons, y a-t-il à vouloir donner conscience à ces peuples que, partageant la même religion, ils formeraient de ce fait un seul et même corps ? Ce qui n’est pas le cas, bien entendu ! Notons au passage que B. Obama divise le monde selon les mêmes lignes qu’un G. Bush ! D’où vient cette obsession des Américains à vouloir pousser les peuples à majorité religieuse musulmane à s'agglomérer, à se regrouper sous un même idéal ?
J’ai été choquée plus encore quand Nicolas Sarkozy, en sa qualité de représentant des Français, a approuvé ce discours de Barack Obama — y compris sur la question du voile, a-t-il tenu à préciser. Mais voilà qu’hier, au Congrès de Versailles, il a dit le contraire et a même parlé de délaisser son concept de négation de la laïcité qu’il appelle « laïcité positive ». Lequel des deux Nicolas Sarkozy faut-il croire ?
Face au Congrès de Versailles, Nicolas Sarkozy a promis qu’il n’évoquerait plus la « discrimination positive », mais dans le même discours il a dit ce qui suit :
« Qui ne voit que notre modèle d’intégration ne fonctionne plus ?
Au lieu de produire de l’égalité, il produit de l’inégalité.
Au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment. Mais je veux dire que pour atteindre l’égalité, il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chances de réussir qu’à tous les autres. Il ne faut pas le faire sur des critères ethniques. »
Ces paroles portent en elles des contradictions, mais je veux pouvoir y croire. Soyons adultes : jugeons sur les actes, et non sur les paroles ! Une première occasion de vérifier si Nicolas Sarkozy s’est métamorphosé et a enfin compris la nécessité de respecter les valeurs qui sculptent l’identité du peuple français sera d’analyser la composition de son gouvernement, qui sera annoncée demain.
Si Nicolas Sarkozy se sépare du commissaire à la diversité Yazid Sabeg ; si Nicolas Sarkozy renonce à faire entrer le directeur de Sciences-Po Richard Descoings dans l’équipe chargée de mettre en oeuvre la politique de la France, ces deux hommes étant parmi les plus acharnés défenseurs de la discrimination positive et de la lecture communautariste de la France, alors oui, nous pourrons dire que Nicolas Sarkozy a peut-être commencé à comprendre les véritables défis qui se posent à notre pays sur cette question de l’identité et du maintien de la cohésion nationale. Si Nicolas Sarkozy a bien rompu avec le Nicolas Sarkozy habité de convictions non-républicaines (au sens de la République française, et non américaine), nous pourrons alors tous nous réjouir de ce divorce. Dans le cas contraire, le discours d’hier au Congrès ne serait qu’un rideau de fumée ; non seulement Nicolas Sarkozy n’aurait toujours pas compris qu’il est en train de mettre en place, sans le vouloir bien sûr, les outils ou les armes qui conduiront à la disparition de l’identité française, mais en plus il avancerait masqué ! Dans ce cas, que pourrions-nous faire afin qu’il entende raison, afin qu’il s’assagisse ?
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01 avril 2009
Un signe...
Je suis là, bien là. Comme vous, je suis l’actualité et je m’interroge :
Qu’appelle-t-on « moderniser la France » lorsque nombre d’actions politiques menées aboutiront, sans l’ombre d’un doute, à la ramener au Moyen-Âge ?
Quelle différence essentielle existe-t-il entre le Moyen-Âge et l’ère moderne ? Nous pourrions discourir pendant des heures de cette question mais, à mes yeux, la différence majeure réside dans la Liberté. Les êtres sont libres dans les sociétés modernes. Les êtres sont esclaves ou soumis à la loi du groupe dans les sociétés moyenâgeuses. Cette liberté signifie, pour les individus, la maîtrise du choix de leur destin. C’est la liberté de pensée et de jugement qui permet de repousser sans cesse les portes de l’imaginaire et du possible. C’est cette liberté qui est le sein nourricier de l’innovation. Il n’y a pas vraiment de mystère au sous-développement des sociétés qui se trouvent encore à l’ère moyenâgeuse, car le sous-développement y est la conséquence de la limitation des champs du possible pour la créativité des hommes.
La régression de la France vers le Moyen-Âge, voilà pourtant ce qui est désormais en marche. Comme vous, j’assiste donc au film d’horreur auquel les Français sont, bien malgré eux, conviés. Les scènes de ce film, dont on se passerait bien, se succèdent sous nos yeux :
* La laïcité que Nicolas Sarkozy souhaite assassiner, en la remplaçant par une laïcité qui n’a de « positive » que le nom ; adjectif utilisé pour endormir les Français, pour ne pas dire les duper. Peut-être Nicolas Sarkozy n’en a-t-il même pas conscience ? Mais peut-on se résigner à accepter que celui qui a la responsabilité de guider le peuple vers un monde meilleur, lui prépare finalement l’obscurantisme ? Non, il faut tenter de lui faire entendre raison et espérer encore et toujours que la grâce de la sagesse du respect du noyau identitaire français finisse par le toucher.
Notre laïcité que Madame Alliot-Marie piétine en appelant les représentants des religions musulmanes et juives à calmer ceux qui partagent leur même croyance religieuse, au moment où explose le conflit israélo-arabe. C’est elle, représentante de l’État français, qui demande aux religieux de se mêler d’affaires qui sont du ressort de l’État. Un État qui démissionne de lui-même de ses responsabilités ? Qu’est-ce qu’un Ministre de la République qui envoie le signal que certains Français ne seraient plus accessibles à la parole de l’État français, mais le seraient à la parole de religieux qu’il érige, chemin faisant, en détenteurs d’un pouvoir politique ? Triste retour à des périodes sombres de l’histoire en perspective. Il suffirait pourtant que nos politiques observent ce qui se produit, aujourd’hui même et donc sous leurs yeux, dans tous les pays où le pouvoir religieux exerce un pouvoir politique. Tant d’irresponsabilité et de mise en danger de la société française est inacceptable !
* L'indivisibilité du peuple de France que l’on souhaite remplacer, de force, par un comptage ethnique auquel s'attelle Yazig Sabeg, nommé par Nicolas Sarkozy, aidé en cela par le parti socialiste qui a déposé une proposition de loi en ce sens — proposition défendue par Georges-Pau Langevin. Évoquons ici aussi la liberté. Peut-on encore parler de liberté lorsque l’on enchaîne définitivement les êtres, de par leur naissance, à des groupes ethniques ou raciaux ? C’est ici que les tenants du droit du sang exclusif et les communautaristes se rejoignent. Pour ces deux groupes, l’identité n’est pas dynamique, mais figée à la naissance. Elle est le seul fait de la biologie ! Le débat récurrent entre l’inné et l’acquis…
L’idée qu’à la seule lecture de mon prénom on puisse me coller dans une case « minorité » ou « diversité » m’est proprement insupportable, car cela représente la négation de ma liberté de choix d’identité. Tant de souffrances pour en arriver à ce que les représentants de l’État français bafouent la LIBERTÉ ! Tout cela ne ressemble pas à la France, et n’est pas la France.
Que cache, par ailleurs, cette volonté de faire disparaître l’indivisibilité du peuple de France ? Elle cache une farouche volonté de tuer le mérite républicain afin que naisse, officiellement, la discrimination positive !
* Cette discrimination positive, dont la naissance est cachée aux Français, mais qui est de plus en plus appliquée en France, et donc aux Français. L’image qui me vient à l’esprit est celle d’un hold-up à visage masqué. La République prise en otage ? Mais par qui ? Par l’État français, oui, par l’État français !
De plus en plus d’entreprises sont invitées à prendre en compte l’origine ethnique ou raciale dans leur recrutement ou leurs promotions, de même les radios et télévisions. Sommées par qui ? Par l’État français !
L’enseignement supérieur est lui aussi sommé de mettre en œuvre des voies d’accès parallèles qui ne s’appuient pas sur le seul mérite. Par qui ? Par l’État français (ici Valérie Pécresse).
* Autre scène de ce film cauchemardesque : les concours de la fonction publique voient disparaître l’exigence minimale de connaissance de culture française. Des fonctionnaires censés représentés l’État français, donc la France, qui ne maîtriseraient pas un minimum de culture française ? Qui est l’auteur d’une telle ignominie ? Encore une fois, l’État français.
Ne vous trompez pas : la culture générale n’est pas un luxe, car elle est, pour les enfants issus de l‘immigration, la seule voie d’acquisition de la culture française, et donc des principes et valeurs sans lesquels ils ne pourront jamais devenir Français. Comme pour l'imposture de l'ascenseur social, on dupe ici les familles de l'immigration en leur laissant penser que la communauté française reconnaîtrait comme français ceux qui ne possèdent pas la culture française.
J’ai lu, parfois, que j'ignorerais des pans entiers de l'histoire de France, car je la réduirais par trop à 1789. Posez-vous la question : la France de 1789 aurait-elle pu voir le jour si tout ce qui avait précédé n'avait pas existé ? Et dans ce « tout » je place, bien entendu, tout l'héritage des Français, sans aucune exception des pages de son histoire.
Je n'écris plus beaucoup, en ce moment, mais jamais la France n'a autant occupé mes jours et mes nuits. J'ai la chance d'être animée par une passion qui me dépasse. Ne me demandez pas pourquoi j'aime autant la France, car l'amour ni se s'explique, ni ne se résume. Je ne me bats contre personne, mais je me bats, aux côtés d’autres Français, dans l’unique but que soit un jour à nouveau reconnu, aux Français, le droit d'être Français et d’être fiers de l’héritage français. Cela passera nécessairement par le fait que l’État français comprenne que la seule mission que lui délègue le peuple français est celle de servir la République, et non de tenter de la lyncher. Le sujet est suffisamment grave pour que tous les enfants de France s’engagent, au quotidien, à œuvrer à ramener l’État français à la raison d’État.
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16 octobre 2008
L'enfer est pavé de bonnes intentions
Je lis toujours avec la plus grande attention tous les commentaires qui me sont envoyés, même si je ne les poste pas tous. Aussi, l’objectif du présent billet est-il un peu de présenter mes excuses à ceux dont les réactions ne sont pas publiées.
Il m’arrive d’être bouleversée par leurs contenus, tant la souffrance qui s’y exprime est vive. Je veux dire à leurs auteurs, le plus simplement du monde, que je partage leur douleur ainsi que leur refus de ce qu’il advient de notre pays la France.
Alors, pourquoi ne pas avoir publié certains messages de mes lecteurs ? Pour bien connaître le sujet que j’ai traité dans Le puzzle de l’intégration, je sais que la souffrance très vive qui s’exprime au travers de leurs messages à propos de l’identité française commence à être partagée par des Français issus de l’immigration maghrébine et africaine. Il n’est pour moi, humainement pas acceptable d’ignorer cette souffrance et de jouer sans le vouloir, le jeu de ceux qui poussent à cliver les Français selon l’origine ethnique ou raciale ou qui réduisent le problème de l’intégration à une problématique d’aides sociales qui seraient trop généreuses en France.
Les choses sont en effet autrement plus complexes que d’imaginer pouvoir placer d’un côté les « Blancs » qui seraient, eux, spontanément défenseurs de la France, et de l’autre des personnes au teint basané ou aux cheveux ondulés, frisés ou crépés, qui seraient d’emblée des adversaires potentiels de la France. NON, immigration ne rime pas nécessairement avec danger pour l’identité nationale, comme le laisse sous-entendre l’intitulé schizophrène d’un ministère que jamais la France n’aurait dû voir créer sous ses cieux. Tout ce qui participe à la provocation, tout ce qui crée de la souffrance, empêche l’installation du climat de sérénité qui permettra de voir le sujet de l’intégration enfin traité dans toutes ses dimensions, et non de manière superficielle comme il l’a trop souvent été, et continue de l’être.
J’ajoute que le problème soulevé par l’immigration ne trouvera pas sa solution dans le tarissement des aides sociales. Bien sûr, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le circuit de ces aides devra être impérativement repensé, afin de cibler au plus près le projet éducatif et culturel des enfants ; j’en explique longuement les raisons dans Le puzzle de l’intégration.
Comme j’ai tenté de le montrer dans mon ouvrage, le sujet de l’intégration est très complexe, et nous payons à présent le prix fort pour l’avoir réduit à quelques-unes des innombrables pièces du puzzle qui le constitue. Aussi, j’espère que les Français réussiront un jour à tirer les enseignements des errements passés, sans pour autant clouer au pilori ceux qui s’étaient trompés. Mais ce qui me met fort en colère, c’est que d’aucuns puissent persister dans l’erreur alors que tout concourt à leur ouvrir les yeux. Aujourd’hui, malgré la gravité de la situation, des hommes et des femmes politiques continuent en effet de se voiler la face, et servent encore et toujours au peuple français des explications stupides et des propositions d’action qui prêteraient à sourire si le sujet n’était pas aussi lourd de conséquences pour la paix civile dans notre pays. Les réactions de notre classe politique après que l’hymne national eut été conspué au cours d’un récent match de football en sont une illustration. Je reviendrai sur ce point dans un prochain billet.
L’instrumentalisation de ce sujet a conduit à diffuser l’idée que les immigrés et leurs descendants portaient la responsabilité première de la dramatique situation de la France. Je ne partage pas cet avis. Je considère en effet qu’il appartenait, et qu’il appartient encore et toujours, à notre classe politique de faire respecter, sur le sol de France, les idéaux propres à la société française. Si elle avait joué son rôle, jamais la France ne se serait trouvée, comme elle l’est à présent, au bord du gouffre. De très nombreux hommes politiques persistent à envoyer le signal que la France pourrait un jour accepter de rompre avec ses fondamentaux. Comble de l'absurde ou de l'ignorance, ces mêmes hommes politiques viennent ensuite pousser des cris d'orfraie lorsque les symboles de cette même France sont outragés…
Désormais, la question qui se pose est d’identifier ce qui risque de faire franchir à la France le pas fatal, celui qui la précipitera dans le gouffre. Ma réponse sera courte et précise : la descente aux enfers, sans possibilité de retour, commencera avec l’introduction de la « diversité » dans le préambule de la Constitution en substitution au caractère indivisible du peuple de France (la diversité est en réalité le cheval de Troie de la discrimination positive, habilement déguisée en « respect effectif du principe d'égalité »); et avec l’abrogation de la laïcité pour la remplacer par le traquenard de la « laïcité positive ». Si je devais souffler un seul slogan au peuple français, ce serait :
« Touche pas à mon préambule ! »
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08 février 2008
Toucher à la laïcité, c’est mettre la paix civile en danger
Février 2007, Michèle Alliot-Marie déclare : « Vous connaissez mon attachement aux valeurs qui fondent notre pacte républicain […] Et c’est parce que je suis attachée à notre pacte républicain que je défends ardemment la laïcité, principe fondamental de la République. La laïcité, c’est la protection des droits individuels. Et parce qu’elle s’oppose à toutes les discriminations, c’est également l’assurance pour chacun de vivre dans le respect de l’autre. »[1]
Janvier 2008, Michèle Alliot-Marie, désormais Ministre de l’Intérieur, annonce qu’elle souhaite voir adaptées certaines dispositions de la Loi de 1905, une loi qu’elle juge inadaptée à « une société qui a changé » et qui, selon elle, créerait « des entraves à l’exercice des cultes ».
Que s’est-il donc passé entre février 2007 et janvier 2008, et pour quelles raisons Michèle Alliot-Marie rejoint-elle aujourd’hui les rangs de ceux que Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, avait qualifiés d’« apprentis sorciers » ? Ces « apprentis-sorciers » qui « pourraient, en revenant sur la loi de 1905, déséquilibrer ce qu’est aujourd’hui l’organisation même de notre République. »[2]
Dans un entretien accordé au journal La Croix, Michèle Alliot-Marie va jusqu’à fustiger les Républicains attachés à la laïcité : « Certains ont une conception que j’estime assez archaïque, voire sectaire, de la laïcité. Ce n’est pas le cas des représentants de toutes les religions et courants de pensée – y compris les obédiences maçonniques – que j’ai reçus »[3] Non seulement Michèle Alliot-Marie se permet d’opposer les Français, qui dans leur immense majorité, demeurent très attachés à la laïcité, aux représentants des religions, mais de plus elle laisse entendre que, sur la laïcité, la position des obédiences maçonniques s’accorderait à la sienne ; or, cela est totalement faux !
Jean-Michel Quillardet, Grand Maître du Grand Orient de France, a d’ailleurs tenu à exprimer la vive inquiétude de la franc-maçonnerie, et sa mobilisation pour la préservation d’un principe républicain qui participe à la pacification de notre espace public : « C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu’un chef de l’État va aussi loin dans la manifestation de sa foi, mais surtout dans la reconnaissance qu’il accorde au fait religieux. […] Nous assistons donc avec inquiétude à une nouvelle formulation des rapports entre la République et la religion […] On sent bien derrière ce projet politique une idéologie américaine - ou tocquevillienne - visant à investir la religion d’une mission de lien social. Débarrassée de toute conception théologique, métaphysique, la religion que nous propose le président de la République est un nouvel opium du peuple, avec pour fonction la paix publique, notamment dans certains quartiers en difficulté. C’est ainsi qu’en amendant la loi par le biais de mesures réglementaires, les associations cultuelles risquent de passer sous l’égide des associations de loi 1901, donc culturelles, ce qui permettrait aux collectivités locales de subventionner des activités cultuelles. Cela, nous ne l’acceptons pas. »[4] « La laïcité est un instrument de cohésion sociale permettant d’éviter toute dérive communautaire. »[5]
Dans des temps difficiles où nous craignons que soit commis l’irréparable qui nous pousserait vers un dangereux engrenage, il est réconfortant d’entendre s’élever au sein de notre classe politique des voix de sagesse nourries par la connaissance de l’Histoire. Elles viennent rappeler aux Français des vérités que l’on aimerait voir guider la réflexion et l’action de tout homme ou femme politique. Ainsi François Bayrou est-il venu nous rappeler que « la laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres ».[6] Le 7 février dernier, au micro de RTL, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a tenu à avertir les Français du danger qui les guettait, ce danger qui plane aujourd’hui sur nombre de sociétés à travers le monde : « C’est un combat essentiel, celui de la laïcité. Il a causé, Dieu sait, beaucoup de morts dans notre pays, beaucoup de tensions dans notre pays. […] Je crois qu’il faut être vigilant […] Nous sommes dans un monde où les tensions religieuses, les tensions confessionnelles sont sources de beaucoup de crispations et de beaucoup de dangers. »[7]
Quelle que soit leur place sur notre échiquier politique, nos hommes et femmes politiques doivent apprendre à se retrouver pour aider les Français à faire face aux dangers lorsqu’ils menacent l’essentiel, à savoir leur idéal républicain, noyau de leur identité intimement façonnée par les douleurs et cicatrices de l’Histoire. Car en ces moments, ce n’est ni sur la gauche, ni sur le centre, ni sur la droite que pèse la menace, mais bien sur la France.
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[1] Le Chêne, 22 février 2007 : « La laïcité »
[2] Le Monde daté du 15 novembre 2004 : « Nicolas Sarkozy fixe ses objectifs au milieu des critiques de son camp »
[3] La Croix, 24 janvier 2008 : « Michèle Alliot Marie : certains ont une conception archaïque de la laïcité »
[4] Le Figaro, 29 janvier 2008 : « Verdin/Quillardet : “La laïcité est-elle vraiment en danger ?” »
[5] Le Monde daté du 11 janvier 2008 : « Inquiets pour la laïcité, les francs-maçons disent avoir obtenu des assurances de l’Élysée »
[6] Le Monde daté du 26 décembre 2007 : « Bayrou : Sarkozy remet en cause la Laïcité républicaine »
[7] RTL, 7 février 2008, L’invité de Jean-Michel Aphatie : Dominique de Villepin
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15 janvier 2008
Qui saura ouvrir les yeux de Nicolas Sarkozy ?
J’espérais que Nicolas Sarkozy, devenu Président, s’assagirait sur la question de la discrimination positive, ainsi que sur celle du « toilettage » (c’est son expression) de la Loi de 1905. J’espérais que, chargé de la responsabilité de la conduite du destin du peuple français, il mesurerait alors combien notre pays était devenu fragile, aussi fragile qu’un beau cristal, et que pour cette raison, il ne fallait pas se laisser aller à craquer des allumettes dans la maison France devenue une poudrière.
Lors de ses récents vœux, Nicolas Sarkozy a évoqué son souhait de faire modifier le préambule de la Constitution afin d’y inscrire le « respect de la diversité », c’est-à-dire la discrimination positive, cette politique qui lui est si chère, et qui à rebours du principe d’Égalité, considère les êtres humains au travers du prisme de l’origine raciale ou ethnique. Par ailleurs, il souhaite toujours que soit « toilettée » la loi sur la Laïcité, dans une période où la France est menacée par la résurgence de conflits interreligieux. Que retiennent les Hommes des douloureux enseignements de l’Histoire ?
Il est urgent que Nicolas Sarkozy mesure à quel point l’altération, dans le contexte actuel, de deux des piliers qui soutiennent la France, est une entreprise des plus dangereuses. Il est, dans le climat actuel, essentiel de veiller à ne pas créer de nouvelles divisions dans le corps social, ni d’introduire, dans l’espace public, quoi que ce soit qui puisse servir de prétexte à des tensions intercommunautaires. Il est urgent que Nicolas Sarkozy prenne conscience qu’il faut cesser d’envoyer des signaux qui sont interprétés comme autant d’encouragements à tester encore davantage les fondations de la maison France.
Les députés de droite comme de gauche sont majoritairement opposés à l’altération de ces principes républicains. Sauront-ils assumer leurs convictions au service de la France, ou se laisseront-ils, comme cela est déjà arrivé, guider par des consignes de vote qui nient, dans les faits, l’existence d’une liberté de pensée et d’action de chacun des élus de la République ? La représentation nationale saura-t-elle ouvrir les yeux de Nicolas Sarkozy sur un sujet aussi sensible ?
Le Traité européen de Lisbonne, qui sera soumis à ratification lors du Congrès de Versailles du 4 février prochain, accorde la liberté de « manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ». Nul doute que les Français regretteront la Laïcité qui avait pacifié leur espace public, car ce Traité européen signe dans les faits la mort de leur Loi de 1905. Comme les Britanniques et les Québécois, les Français en viendront à regretter l’absence de lieux publics neutres. Où sont nos grands hommes d’État visionnaires ? Il me semble parfois, ces temps-ci, que les Français sont orphelins !
Je réaffirme ici avec force le fond de ma pensée, à savoir que c’est la classe politique française, et non les immigrés, qui depuis maintenant près de 30 ans sème sans le savoir les graines de la discorde : si notre classe politique n’avait sans cesse envoyé des signaux indiquant que les principes fondamentaux de la République pouvaient être amendés, les immigrés et leurs descendants auraient fini par respecter ces principes, et donc par s’insérer dans la société française. Nos hommes politiques feraient œuvre de salut public en réaffirmant avec force la nécessité pour tous, y compris pour eux-mêmes, de respecter les principes fondamentaux de l’idéal républicain, qui constituent véritablement la digue qui protège la France de la submersion par les flots des conflits intercommunautaires.
Il est de la responsabilité de chaque Français de veiller à ce que la France demeure en paix. Ayons tous à cœur le repos de la France : ne permettons pas que l’irréparable soit commis ; œuvrons pour que soit stoppé le processus déjà enclenché de libanisation de la France !
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17 décembre 2007
Ce que notre Conseil constitutionnel a rejeté, Bruxelles finira-t-il par nous l’imposer ?
Le 15 novembre dernier, le Conseil constitutionnel censurait l’article 63 du texte de la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile, qui autorisait le comptage ethnique et racial. Or, une proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil de l’Europe, présentée par la Commission Européenne, souhaite mettre en oeuvre ce comptage dans le cadre du « recensement de la population et du logement ». La Commission européenne avance que les statistiques dont elle dispose pour établir des comparaisons entre les différents pays de l’Union Européenne ne sont pas assez exhaustives, ni suffisamment détaillées, pour lui permettre d’assumer ses compétences.
Cette proposition de règlement n’est pas inconnue de notre classe politique, puisque le 3 avril 2007 elle a déjà été examinée par nos sénateurs. Ces derniers observaient que « Le texte reste en effet relativement imprécis quant à la nécessité de faire parvenir des informations liées aux thèmes recommandés. Ceux-ci couvrent des domaines relevant pour l’essentiel de la sphère privée, dont la confidentialité est protégée par la loi française (aptitude à lire et à écrire, religion, groupe ethnique, situation matrimoniale de fait). Le texte devrait en conséquence clairement marquer le caractère facultatif de la transmission de ces informations. »
Voici quelques-uns des thèmes que Bruxelles souhaite voir pris en compte par les États membres dans le recensement de leurs populations :
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Date du premier mariage et du mariage actuel de la femme ; date de la première union consensuelle et de l’union consensuelle actuelle de la femme ;
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pays de résidence antérieure, durée totale de la résidence dans le pays, lieu de résidence habituel cinq ans avant le recensement ; raison de la migration ;
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pays de naissance des parents ;
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acquisition de la citoyenneté ;
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groupe ethnique ;
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langue ;
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religion ;
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handicap.
Aux États qui auraient « oublié » la primauté du Droit européen sur les droits nationaux, Bruxelles rappelle ce qui suit : « Entrée en vigueur : Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre. ». Nos dirigeants français sauront-ils se souvenir, fort à propos, de l’existence du principe de subsidiarité ?
Autre sujet d’inquiétude : la Charte des droits fondamentaux, adossée au Traité européen que la France vient de signer, stipule en son article 10 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites. »
Cette Charte des droits fondamentaux signe-t-elle la fin de la Loi de 1905 ? Si c’est le cas, je crains que nos instances dirigeantes ne soient en train de créer les conditions d'un net durcissement de la cohabitation au sein de notre espace public. Est-ce bien intelligent ?
Comme je l’écris dans « Le puzzle de l’intégration » : « L’Union Européenne doit cesser de lutter contre les particularismes, qui sont parties intégrantes de l’identité de chacun des peuples qui la composent. Ce n’est pas contre ses peuples que l’Union doit se construire, mais plutôt pour et avec ses peuples. La voie qu’a empruntée l’Europe a fait naître la méfiance à son égard et ruiné les espoirs des Européens. La plus grande victime n’en a pas été la construction européenne, mais les peuples européens, dont les espoirs d’une Europe solide ont été brisés. »
Au fil des années, l’Union Européenne est devenue semblable à un avion dont on essaie de pousser les réacteurs sans même avoir véritablement réfléchi, ni au point à rallier, ni à la trajectoire à adopter. Les peuples disposeront-ils du pouvoir de rappeler leurs dirigeants à davantage d’esprit de responsabilité ? Il faut l’espérer pour la survie à moyen et long terme de la construction européenne, mais aussi et surtout pour la paix civile au sein de chacun des pays qui la composent.
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