15 octobre 2009

De la crédibilité de la parole en politique…

Voici un extrait du discours du Président de la République sur la réforme du lycée : « La création du lycée, c’est le geste fondateur de notre éducation nationale, c’est un geste qui signifiait très concrètement la fin des privilèges de la naissance. Cela voulait dire que désormais en France, c’est de l’école que sortiront les élites, et pas de la naissance. Cela voulait dire désormais que ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né pour réussir, c’est travailler dur et avoir fait la preuve par ses études, par son travail, de sa valeur. Principe de justice mais en même temps, principe d’efficacité car quel meilleur critère que celui du savoir et de la compétence pour désigner ceux qui doivent exercer des responsabilités. »

Voici à présent plusieurs extraits du discours que le Président de la République avait prononcé à l’École Polytechnique en décembre 2008. Ce discours avait pour objectif d’imposer, aux acteurs économiques ainsi qu’à ceux de la formation, de mettre en œuvre la discrimination positive. Il y tressait des lauriers à l’Institut Montaigne et Sciences Po Paris, qui sont les lames les plus acérées, en France, contre l’égalité républicaine :

« Ces dernières années, beaucoup d’initiatives ont été prises pour changer la donne.
Je pense à Sciences Po, qui a instauré une voie d’accès réservée à des lycéens méritants de l’éducation prioritaire. Je pense à l’institut Montaigne, qui a mobilisé plus de 2000 entreprises autour des engagements de sa charte de la diversité. […]

Il faut aller au-delà, inciter les entreprises à introduire la diversité au cœur de leur gestion des ressources humaines. À partir d’une certaine taille, elles devront obligatoirement faire état dans leur bilan social des actions qu’elles conduisent sur ce sujet. Un “label diversité” va être créé pour valoriser les meilleures pratiques. Il sera attribué aux entreprises, mais aussi aux administrations ou collectivités locales, engagées dans une démarche active de promotion de la diversité. Les premiers labels seront attribués dès janvier. Je demande également que l’on examine comment l’exécution des grands marchés publics de l’État pourrait être conditionnée à la mise en œuvre par les entreprises d’actions favorables à la diversité. Il faut utiliser tous les moyens pour inciter les acteurs à faire de ce sujet une priorité. […]

Pour mener à bien ces réformes, la France doit se doter d’outils statistiques permettant de mesurer sa diversité, pour identifier précisément ses retards et mesurer ses progrès. […]

Je veux une mobilisation de tout l’appareil de l’État, de toutes les administrations et de tous les ministères. Je veux que l’État soit exemplaire. Exemplaire dans la mise en œuvre des politiques en faveur de l’égalité des chances, exemplaire dans la lutte contre les discriminations, exemplaire dans la promotion de la diversité, exemplaire en matière de transparence sur les résultats. Mais il n’y a pas que l’État qui doit être exemplaire. Il y a aussi les collectivités locales. Il y a aussi les partis politiques. Il y a aussi les entreprises.»

Je cite Nicolas Sarkozy, car c’est lui qui détient aujourd’hui entre ses mains le pouvoir d’influer sur le destin de la France ; mais bien d’autres personnalités politiques de premier plan multiplient, tout comme lui, incohérences et contradictions, ce qui décrédibilise considérablement la parole politique.

Le soutien du Président de la République à la nomination de son fils, âgé de 23 ans et sans aucun diplôme ni véritable expérience professionnelle, va à l’encontre du principe d’Égalité républicaine, « principe de justice mais en même temps, principe d’efficacité car quel meilleur critère que celui du savoir et de la compétence pour désigner ceux qui doivent exercer des responsabilités », dixit le Président lui-même. Ce soutien fait apparaître au grand jour que Nicolas Sarkozy semble ignorer des pans essentiels de l’histoire de France, parmi lesquels figure l’attachement du peuple français à l’abolition des privilèges liés à la naissance ; abolition conquise dans la fureur de la Révolution française, et cela a une grande importance ! Dans Le puzzle de l’intégration, j’assimile les passe-droits accordés à des personnes issues de l’immigration (promotion de la diversité) à des privilèges liés à la naissance, puisque c’est bien en raison de la naissance dans une communauté précise que ces privilèges sont accordés. Aujourd’hui, la nomination de Jean Sarkozy attire, à juste titre, les foudres de l’opinion publique. J’espère qu’un jour prochain cette même foudre finira par s’abattre sur la discrimination positive ou “promotion de la diversité”, et plus généralement sur l’ensemble des attaques menées contre notre modèle de société.

De par ses prises de positions, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de venir par ailleurs affaiblir la laïcité. Avec son discours au palais de Latran, le 20 décembre 2007 dans lequel il plaçait la parole du prêtre (demain celle de l’imam ?) au-dessus de celle de l’instituteur, il a participé à affaiblir encore davantage la place de l’école dans notre société.

En approuvant le discours de Barack Obama sur le voile, il a donné des forces, mais aussi de nouvelles armes, à tous ceux qui, dans notre pays, s’emploient à faire reculer la laïcité pour permettre aux religions d’y accroître leur emprise. Et c‘est là que nous retrouvons, marchant main dans la main, les fondamentalistes catholiques et musulmans… Il y a opposition entre le Nicolas Sarkozy qui donne, comme Barack Obama, sa bénédiction au voile dans les sociétés occidentales, et celui qui vient ensuite y dénoncer la burqa… Je n’en suis pas, pour ma part, à mesurer en deçà de combien de centimètres de voile la dépossession de la femme de son propre corps serait jugée acceptable dans la société française du XXIème siècle !

Le fonctionnement de Nicolas Sarkozy recèle une très grande part de mystère. C’est comme s’il faisait appel alternativement à des parties de cerveau différentes et totalement déconnectées l’une de l’autre, ce qui lui permettrait d’affirmer, avec la même force et le même degré de sincérité, des convictions antagonistes.

Nous sommes, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, dans un temps historique. Le Président de la République, avec tous les pouvoirs dont il dispose, peut soit secourir la France et lui donner un élan nouveau, soit lui faire franchir le dernier pas qui la sépare désormais du ravin ; le pas fatal. Formons le vœu qu’il en prenne conscience très rapidement !

23 juin 2009

Ma colère…

J'écris, j'écris mais ne publie pas. Je ne publie pas, car j'ai peur de vous exprimer la colère qui souvent, ces derniers temps, a monté en moi. J’ai trop mal à la France ! J’aimerais que ce soit simplement un cauchemar, un cauchemar qui remonterait du fond de mon ancienne vie ; celle où j'étais prisonnière de savoirs-être dans lesquels je ne me reconnaissais pas. Ce doit être un cauchemar, je vais finir par me réveiller. Il n’est pas possible que la classe politique française ait pu laisser la France des libertés de mai 68 glisser vers l’obscurantisme !

J’ai frotté mes yeux, et j’ai réalisé que j’étais éveillée et que je me trouvais bien en France ; enfin, dans ce que nos dirigeants politiques avaient fait de la France. J’ai réalisé que le cauchemar était devenu réalité, et que M. Besson était bien ministre en 2009 et que, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, c’était au nom de la liberté qu’il ne fallait pas, selon lui, interdire le port de la burqa. La burqa, ce symbole de l’asservissement d’une partie de l’humanité. Aïe, revoilà donc mai 68 avec son « il est interdit d’interdire ». Besson, soixante-huitard primaire ? Imaginerions-nous qu’une personnalité politique de notre pays puisse déclarer : « Au nom de la liberté, il est interdit d’interdire l’esclavage », ou encore : « Si l’esclave consent à être esclave, alors il faut respecter sa volonté, c’est une question de respect de la liberté individuelle » ? J’ai simplement envie de paraphraser Coluche : Interdisons la connerie, et la France ira beaucoup mieux !

Voici un extrait de mon audition par le HCI, le 3 mars 2009 :

« Le respect de la laïcité perd chaque jour du terrain dans notre société. Ce sont les femmes qui en subissent les conséquences et qui voient ainsi, jour après jour, rogner le peu de liberté qu’elles avaient. Ceux qui ne connaissent rien aux pressions et au harcèlement que subissent les femmes au sein de certaines sociétés pensent que les signes religieux qu’elles arborent sont les conséquences d’une liberté de choix. Lorsque l’on a vécu dans ces sociétés, on comprend, au gré de la pression du groupe, que ces choix ne sont jamais libres, mais contraints.
C’est à l’État, encore une fois, et c’est au HCI de faire prendre conscience que pour permettre l’insertion, il faut imposer le respect de cette valeur essentielle de laïcité, et que l’intégration n’aboutira jamais pour ceux qui ne respectent pas la laïcité, car jamais les Français de souche ne reconnaîtront une femme arborant un signe d’appartenance religieuse qui leur renvoie l’image de la société afghane comme concitoyenne, et à ce titre porteuse ou représentante de l’idéal français. Car être Français, c’est aussi cela : être porteur de l’image de la France vis-à-vis des autres communautés nationales. Il faut cesser d’occulter la réalité de ce qu’être Français signifie pour un Français. Le peuple français a droit au respect de son image et de son identité, de même que tout peuple au monde a droit au respect de son identité et de son image. Pourquoi vouloir nier un droit aussi fondamental et aussi élémentaire au peuple français ?
»

Alors oui, j’ai été choquée par une partie du discours que Barack Obama a prononcé au Caire. Pourquoi cette ingérence dans nos affaires intérieures, de la part d’un pays qui a déjà démontré sa forte capacité de nuisance sur la scène internationale avec la création de nouveaux foyers de terrorisme (Afghanistan, Irak) ?

J’ai été choquée aussi par le manque d’esprit stratège de Barack Obama, qui l’a conduit à s’adresser au « monde musulman » quand tous ces peuples sont différents, et qu’entre eux existent fractures ou profondes divisions. Quel intérêt pour la paix dans le monde, dans les circonstances d'insécurité que nous connaissons, y a-t-il à vouloir donner conscience à ces peuples que, partageant la même religion, ils formeraient de ce fait un seul et même corps ? Ce qui n’est pas le cas, bien entendu ! Notons au passage que B. Obama divise le monde selon les mêmes lignes qu’un G. Bush ! D’où vient cette obsession des Américains à vouloir pousser les peuples à majorité religieuse musulmane à s'agglomérer, à se regrouper sous un même idéal ?

J’ai été choquée plus encore quand Nicolas Sarkozy, en sa qualité de représentant des Français, a approuvé ce discours de Barack Obama — y compris sur la question du voile, a-t-il tenu à préciser. Mais voilà qu’hier, au Congrès de Versailles, il a dit le contraire et a même parlé de délaisser son concept de négation de la laïcité qu’il appelle « laïcité positive ». Lequel des deux Nicolas Sarkozy faut-il croire ?

Face au Congrès de Versailles, Nicolas Sarkozy a promis qu’il n’évoquerait plus la « discrimination positive », mais dans le même discours il a dit ce qui suit :

« Qui ne voit que notre modèle d’intégration ne fonctionne plus ?
Au lieu de produire de l’égalité, il produit de l’inégalité.
Au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment. Mais je veux dire que pour atteindre l’égalité, il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chances de réussir qu’à tous les autres. Il ne faut pas le faire sur des critères ethniques.
»

Ces paroles portent en elles des contradictions, mais je veux pouvoir y croire. Soyons adultes : jugeons sur les actes, et non sur les paroles ! Une première occasion de vérifier si Nicolas Sarkozy s’est métamorphosé et a enfin compris la nécessité de respecter les valeurs qui sculptent l’identité du peuple français sera d’analyser la composition de son gouvernement, qui sera annoncée demain.

Si Nicolas Sarkozy se sépare du commissaire à la diversité Yazid Sabeg ; si Nicolas Sarkozy renonce à faire entrer le directeur de Sciences-Po Richard Descoings dans l’équipe chargée de mettre en oeuvre la politique de la France, ces deux hommes étant parmi les plus acharnés défenseurs de la discrimination positive et de la lecture communautariste de la France, alors oui, nous pourrons dire que Nicolas Sarkozy a peut-être commencé à comprendre les véritables défis qui se posent à notre pays sur cette question de l’identité et du maintien de la cohésion nationale. Si Nicolas Sarkozy a bien rompu avec le Nicolas Sarkozy habité de convictions non-républicaines (au sens de la République française, et non américaine), nous pourrons alors tous nous réjouir de ce divorce. Dans le cas contraire, le discours d’hier au Congrès ne serait qu’un rideau de fumée ; non seulement Nicolas Sarkozy n’aurait toujours pas compris qu’il est en train de mettre en place, sans le vouloir bien sûr, les outils ou les armes qui conduiront à la disparition de l’identité française, mais en plus il avancerait masqué ! Dans ce cas, que pourrions-nous faire afin qu’il entende raison, afin qu’il s’assagisse ?

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30 mai 2009

Dati, Descoings, Sabeg, Sarkozy : même combat ?

Extraits de l’émission Dimanche+ de Canal+ du 17 mai dernier :

Yazid Sabeg : « Il n’y a pas de statistiques ethniques. C’est un terme qui n’a jamais été employé. J’utilise le terme “mesure de la diversité”. »

Le journaliste de Canal+ : « Mesure de la diversité ; c’est malin ! »

Réponse de Yazid Sabeg : « Mais oui, il faut ! »

Dormez tanquilles, chers Français, pendant qu’on vous berne « à l'insu de votre plein gré » ! La preuve ? Avec tout ce que fait Nicolas Sarkozy pour détruire les valeurs qui fondent l’identité française (un jour, on dira qui « fondaient »), il lui suffit de ressortir le sujet de la violence des banlieues pour que vous votiez en masse pour son parti, aux Européennes. Pourquoi se gênerait-il ? Il a votre bénédiction !

Vous en doutez encore ?

Fadela Amara, dans le même Dimanche+ : « Yazid Sabeg a une position sur la méthodologie, c’est-à-dire qu’il a été, qu’il est le chantre de la discrimination positive, de la politique des quotas, des statistiques ethniques et moi je suis l’inverse : je ne suis pas d’accord ! »

Peuple de droite, voici pour vous la profession de foi d’une femme que vous avez participé à ériger en icône, j’ai nommé Rachida Dati : « On veut mesurer la diversité pour lutter contre les discriminations. C’est ça l’objectif, c’est mieux les rencenser ; mieux les connaître pour mieux les combattre. » (Bondy, jeudi 14 mai 2009)

Le journaliste de Canal+ : « Donc vous êtes “pour”, Madame Dati, “pour” la mesure de la diversité ? »

Rachida Dati : « La mesure de la diversité pour lutter contre les discriminations, bien sûr que j’y suis favorable. »

Et le journaliste de conclure son reportage : « Si on a bien compris, l’icône de la diversité est “pour” les statistiques ethniques. »

En ce qui concerne Richard Descoings et Nicolas Sarkozy, nul besoin de vous citer de nouveau leurs prises de position, je les ai suffisamment évoquées dans Le puzzle de l’intégration et sur le présent blog.

Dati, Descoings, Sabeg, Sarkozy, même combat : celui de communautaristes ?

Pour finir mon coup de gueule du jour, je reprendrai à mon compte, tant ils sont chargés de vérité, les propos exprimés ici par Alice : « La France se soviétise à coups de Commissaires, de Commissions, de Conseils, de Plans, de diversité citoyenne, de vivre ensemble multitout, de métissage obligatoire, de statistiques “positives” pour aboutir à une uniformisation de la population à un rythme effréné. Et tout ça avec votre argent comme disait Coluche ! C’est sans doute la première fois dans l’Histoire qu’un peuple paie cash pour s’auto-détruire en disant merci. »

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14 mai 2009

Risque révolutionnaire ?

C’est la question qui continue d’agiter les médias et notre classe politique. Les hommes et femmes politiques, les syndicalistes, mais aussi les journalistes, ont donné leur avis sur la question suivante : existe-t-il un risque révolutionnaire en France ? Ils réagissaient à la conviction exprimée par l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, pour lequel ce risque existe bel et bien. Le volcan français serait-il de nouveau prêt à une éruption dont lui seul connaît le secret ?

L’actuel Premier ministre, François Fillon, a qualifié d’ « irresponsable » l’avertissement de Dominique de Villepin. Faut-il être aveugle, sourd et ignorant de l’histoire de France pour ne pas voir, entendre et sentir que la France est désormais de nouveau entrée dans une période des plus instables, une période qui peut parfaitement déboucher sur une nouvelle révolution ? De fait, la violence que subit le peuple français, à qui on dénie l’existence d’une identité propre, pourrait bien conduire à l’avènement d’une convulsion majeure ; une crise économique prolongée pouvant jouer le rôle d’un puissant catalyseur.

Voici une des soixante-seize recommandations formulées par Yazid Sabeg dans le rapport qu’il a remis le 7 mai dernier au Président de la République, Nicolas Sarkozy : « Action 53 : Introduire le thème de “la France aux identités multiples” dans les contenus de l’enseignement dès le primaire, au collège et au lycée. »

Yazid Sabeg : « Les 76 actions ont suscité un accord complet de sa part… il apporte un soutien total à ce que j’ai proposé ». « Il », c'est Nicolas Sarkozy.

Communiqué de la Présidence de la République : « Validant les grandes orientations du rapport, le Président de la République a demandé au Gouvernement d’examiner dans les meilleurs délais les différentes mesures proposées par le Commissaire. »

Une étude très instructive sur les valeurs des Français, conduite tous les neuf ans, est passée inaperçue. Est-ce parce qu’elle met le doigt sur l’essentiel ? Dans cette étude dirigée par deux chercheurs, Pierre Bréchon et Jean-François Tchernia, on découvre que le sentiment de fierté nationale se raffermit, que 9 Français sur 10 se déclarent fiers d’être Français, et que 98% d’entre eux considèrent qu’être Français se mesure au respect de la loi et des institutions françaises. Voici l’un des enseignements de l’étude : « En 2008, être Français est donc avant tout perçu comme une donnée comportementale même si la dimension héritage par les origines n’est pas exclue. »[1]

Pour le peuple français, la France ne possède pas d’identités multiples, mais une seule et même identité, celle que les Français transmettent, au fil de l’éducation, jour après jour, à leurs enfants.

Selon le juriste et chercheur Hugues Fulchiron, « On peut définir la nation comme “une communauté généralement fixée sur un territoire déterminé dont la réalité résulte de caractéristiques ethniques, linguistiques, culturelles, de certaines coutumes sociales, de traditions historiques et religieuses, tous facteurs qui développent un sentiment d’appartenance et des aspirations politiques communes” […] Par la nationalité, un individu prend part à une culture, à une histoire, à un destin, devient une partie d’une nation. »[2]

Que se passe-t-il désormais ? Tous ceux qui ne souhaitent pas prendre « part à une culture, à une histoire, à un destin » qui sont ceux du peuple français, entendent en changer les règles. La France ne serait plus le territoire d’un peuple unique, non, elle deviendrait le territoire d’un peuple qui serait à identités multiples.

Voici un extrait de mon audition par la commission présidée par Simone Veil : « L’officialisation, par les textes, de l’existence d’une “diversité” consacrerait en réalité la coexistence, au sein de la société française, de groupes reconnus et identifiés comme ne partageant pas la même vision de la société et, ce qui est sous-jacent, pas la même définition des règles qui codifient le bien-vivre-ensemble. Cela signifie qu’à terme, chaque groupe souhaitera être régi par le corpus de lois qui découle de son propre projet de société. C’est ce vers quoi a très récemment failli glisser le Québec, et c’est ce contre quoi lutte actuellement, avec grande difficulté, la Grande-Bretagne. »

Vous me demandez ce que je pense du rapport Sabeg ? À mes yeux, les plus condamnables ne sont pas ceux qui, venus de l’étranger, exigent que l’État français éreinte la France, mais notre classe politique, censée bien connaître l'âme du peuple français, qui, consciemment ou non, mais là n’est même plus la question, participe à placer la tête de notre pays sur le billot. Ne laissons pas mourir la France ! Mobilisons toutes nos forces pour la secourir !

Depuis la naissance de ce blog, j’exprime à intervalles réguliers le vœu que le réveil du peuple français se produise dans le calme. Ce que je sous-entends par là, c’est que ce réveil pourrait être brutal, très brutal, car trop, c’est trop ! Je sens, comme beaucoup de Français, et comme l’a exprimé Dominique de Villepin, fin connaisseur de l’histoire de France, que le compte à rebours est enclenché et que seul un élan collectif, un rassemblement des Français autour de l’essentiel, pourra désormais l’arrêter. Quelle forme cet élan prendra-t-il ? Là est toute la question !

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[1] « Égalité, tolérance, travail, bonheur : les nouvelles valeurs des Français », Le Monde daté du 25 avril 2009.

[2] Hugues Fulchiron, « La nationalité française », Que sais-je ? - PUF, octobre 2000.

27 avril 2009

Avis du Haut Conseil à l'Intégration

Vignette_Rapport_HCI.jpgL’avis que le HCI a rendu la semaine dernière au sujet de la transmission des valeurs et symboles de la République dessine clairement une nouvelle voie ; une voie qui rompt avec beaucoup de ce qui a été fait depuis trente ans, mais aussi une voie en rupture totale avec la direction qu’a prise l’actuel Président de la République quant à l’intégration et au maintien de la cohésion nationale.

Vous aurez compris que le contenu de l’avis du HCI me ravit. J’y retrouve la voie et la voix de la cohérence que je défends. Vous n’aurez aucune peine à y déceler ma contribution (j’ai été auditionnée par le HCI en vue de l’élaboration de cet avis).

Je souhaite que vous sachiez que la tâche du HCI était tout sauf aisée. Pourtant, malgré les communautaristes qui l’ont infiltré, le HCI a su trouver le courage de défendre l’idéal français et de publier des recommandations et des observations qui constituent des premières. Dans un langage clair et direct, le HCI en appelle à afficher et revendiquer tout ce qui symbolise être Français et « faire France » : le buste de Marianne, le drapeau, la Marseillaise chantée et pas seulement jouée… Le HCI rappelle également l’article 2 de la Constitution, dans lequel il est stipulé que la langue de la République française est le Français (il était temps !) J’évoque cette question de la langue dans Le puzzle de l’intégration.

Voici un passage de mon audition par le HCI : « Il est plus que nécessaire de réaffirmer le Français comme langue de la France et de faire des campagnes de communication autour du fait qu’une langue non pratiquée, et même rejetée, n’a aucune chance d’être maîtrisée. Ces élèves issus de l’immigration, même à la troisième et quatrième génération, qui ne possèdent pas la langue française et dont un grand nombre sont dès la sixième dans l’incapacité totale de comprendre les énoncés de problèmes, ont-ils une quelconque chance de réussir leur parcours scolaire, puis leur insertion économique ? De plus, je souhaite rappeler que la langue n’est pas simplement un outil de communication. C’est véritablement un vecteur ou un véhicule de la pensée et de la vision des autres et du monde […] »

Le HCI demande que son avis sur la transmission des valeurs et symboles de la République ne soit pas réservé aux nouveaux migrants, mais qu’il soit aussi étendu aux jeunes (comprenez aux enfants issus de l’immigration).

Le HCI reconnaît, en filigrane, que la nationalité française ne doit être accordée à un migrant qu’en fin du processus d’intégration (p.9). La nationalité doit venir reconnaître qu’une personne est devenue pleinement française, c’est-à-dire qu’elle est désormais porteuse de l’idéal français. Le HCI effectue une distinction entre l’obligation du respect des valeurs et symboles de la France, et l’adhésion à son idéal : « C’est pourquoi il est important de distinguer respect et adhésion [à l’idéal français], le premier étant indispensable pour s’intégrer et vivre dans la société d’accueil, la seconde résultant d’une longue imprégnation avec les codes de cette société. On doit ainsi expliquer au nouvel immigrant que si l’on exige le premier, son adhésion n’est pas attendue dès son arrivée sinon après un parcours personnel qui le conduit à vouloir devenir pleinement Français par naturalisation. » C’est la distinction que j’ai introduite entre insertion et intégration dans Le puzzle de l’intégration.

Vous aurez déduit de vous-mêmes que l’acquisition automatique de la nationalité par le biais de la naissance sur le territoire français ou par le mariage avec un Français sont contraires aux recommandations du HCI.

Voici un extrait du Puzzle de l’intégration : « Ce n’est que lorsque la nationalité attribuée par la France sera redevenue réelle, et non factice, que les Français cesseront d’éprouver le besoin de parler de “Français de souche” et de “Français d’origine étrangère”. C’est la France qui, en donnant sa nationalité à un nombre considérable de personnes qui ne portaient pas son idéal, s’est rendue coupable de l’introduction de la notion de deux classes de Français. »

Le HCI rejette la discrimination positive et pointe du doigt les lobbys qui souhaitent amener la France à rompre avec son héritage historique (p.24) : « Certains lobbys demandent aujourd’hui, partant du constat d’une inégalité effective, une rupture de l’égalité républicaine en introduisant une discrimination positive notamment sur des critères ethno-raciaux. Autant dire que la notion d'égalité est aujourd'hui menacée dans un contexte économique difficile, impactant l'idée de liberté. Les individus vont-ils retomber dans les "lois de l'hérédité" dont les avaient si justement extirpé la Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme?

Vous me demandez régulièrement que faire. L’avis du HCI sur les valeurs et symboles de la République doit être relayé le plus largement possible. Vous pouvez vous employer à le diffuser sur la Toile, mais aussi dans votre entourage et chez les élus locaux, régionaux et nationaux. Le document du HCI souffre en effet d’une très pauvre couverture média. A contrario, les recommandations que Yazid Sabeg remettra au Président de la République le 7 mai prochain seront sans aucun doute très largement médiatisées. Il faut aider les élus et tous les Français à lui opposer la réponse républicaine du HCI. C’est pourquoi il est nécessaire que l’avis du HCI parvienne à leurs oreilles. Le Premier ministre François Fillon est lui-même un Républicain ; il doit désormais apprendre à tirer bénéfice de sa position pour servir véritablement le peuple français. Pour l’instant, son attitude est incompréhensible, nous ne l’avons guère entendu sur le sujet ; pire, il semble laisser la France être entraînée dans une voie périlleuse, celle que la commission Veil avait qualifiée de « matrice de dislocation accrue de la Nation » !

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01 avril 2009

Un signe...

Je suis là, bien là. Comme vous, je suis l’actualité et je m’interroge :

Qu’appelle-t-on « moderniser la France » lorsque nombre d’actions politiques menées aboutiront, sans l’ombre d’un doute, à la ramener au Moyen-Âge ?

Quelle différence essentielle existe-t-il entre le Moyen-Âge et l’ère moderne ? Nous pourrions discourir pendant des heures de cette question mais, à mes yeux, la différence majeure réside dans la Liberté. Les êtres sont libres dans les sociétés modernes. Les êtres sont esclaves ou soumis à la loi du groupe dans les sociétés moyenâgeuses. Cette liberté signifie, pour les individus, la maîtrise du choix de leur destin. C’est la liberté de pensée et de jugement qui permet de repousser sans cesse les portes de l’imaginaire et du possible. C’est cette liberté qui est le sein nourricier de l’innovation. Il n’y a pas vraiment de mystère au sous-développement des sociétés qui se trouvent encore à l’ère moyenâgeuse, car le sous-développement y est la conséquence de la limitation des champs du possible pour la créativité des hommes.

La régression de la France vers le Moyen-Âge, voilà pourtant ce qui est désormais en marche. Comme vous, j’assiste donc au film d’horreur auquel les Français sont, bien malgré eux, conviés. Les scènes de ce film, dont on se passerait bien, se succèdent sous nos yeux :

* La laïcité que Nicolas Sarkozy souhaite assassiner, en la remplaçant par une laïcité qui n’a de « positive » que le nom ; adjectif utilisé pour endormir les Français, pour ne pas dire les duper. Peut-être Nicolas Sarkozy n’en a-t-il même pas conscience ? Mais peut-on se résigner à accepter que celui qui a la responsabilité de guider le peuple vers un monde meilleur, lui prépare finalement l’obscurantisme ? Non, il faut tenter de lui faire entendre raison et espérer encore et toujours que la grâce de la sagesse du respect du noyau identitaire français finisse par le toucher.

Notre laïcité que Madame Alliot-Marie piétine en appelant les représentants des religions musulmanes et juives à calmer ceux qui partagent leur même croyance religieuse, au moment où explose le conflit israélo-arabe. C’est elle, représentante de l’État français, qui demande aux religieux de se mêler d’affaires qui sont du ressort de l’État. Un État qui démissionne de lui-même de ses responsabilités ? Qu’est-ce qu’un Ministre de la République qui envoie le signal que certains Français ne seraient plus accessibles à la parole de l’État français, mais le seraient à la parole de religieux qu’il érige, chemin faisant, en détenteurs d’un pouvoir politique ? Triste retour à des périodes sombres de l’histoire en perspective. Il suffirait pourtant que nos politiques observent ce qui se produit, aujourd’hui même et donc sous leurs yeux, dans tous les pays où le pouvoir religieux exerce un pouvoir politique. Tant d’irresponsabilité et de mise en danger de la société française est inacceptable !

* L'indivisibilité du peuple de France que l’on souhaite remplacer, de force, par un comptage ethnique auquel s'attelle Yazig Sabeg, nommé par Nicolas Sarkozy, aidé en cela par le parti socialiste qui a déposé une proposition de loi en ce sens — proposition défendue par Georges-Pau Langevin. Évoquons ici aussi la liberté. Peut-on encore parler de liberté lorsque l’on enchaîne définitivement les êtres, de par leur naissance, à des groupes ethniques ou raciaux ? C’est ici que les tenants du droit du sang exclusif et les communautaristes se rejoignent. Pour ces deux groupes, l’identité n’est pas dynamique, mais figée à la naissance. Elle est le seul fait de la biologie ! Le débat récurrent entre l’inné et l’acquis…

L’idée qu’à la seule lecture de mon prénom on puisse me coller dans une case « minorité » ou « diversité » m’est proprement insupportable, car cela représente la négation de ma liberté de choix d’identité. Tant de souffrances pour en arriver à ce que les représentants de l’État français bafouent la LIBERTÉ ! Tout cela ne ressemble pas à la France, et n’est pas la France.

Que cache, par ailleurs, cette volonté de faire disparaître l’indivisibilité du peuple de France ? Elle cache une farouche volonté de tuer le mérite républicain afin que naisse, officiellement, la discrimination positive !

* Cette discrimination positive, dont la naissance est cachée aux Français, mais qui est de plus en plus appliquée en France, et donc aux Français. L’image qui me vient à l’esprit est celle d’un hold-up à visage masqué. La République prise en otage ? Mais par qui ? Par l’État français, oui, par l’État français !
De plus en plus d’entreprises sont invitées à prendre en compte l’origine ethnique ou raciale dans leur recrutement ou leurs promotions, de même les radios et télévisions. Sommées par qui ? Par l’État français !
L’enseignement supérieur est lui aussi sommé de mettre en œuvre des voies d’accès parallèles qui ne s’appuient pas sur le seul mérite. Par qui ? Par l’État français (ici Valérie Pécresse).

* Autre scène de ce film cauchemardesque : les concours de la fonction publique voient disparaître l’exigence minimale de connaissance de culture française. Des fonctionnaires censés représentés l’État français, donc la France, qui ne maîtriseraient pas un minimum de culture française ? Qui est l’auteur d’une telle ignominie ? Encore une fois, l’État français.
Ne vous trompez pas : la culture générale n’est pas un luxe, car elle est, pour les enfants issus de l‘immigration, la seule voie d’acquisition de la culture française, et donc des principes et valeurs sans lesquels ils ne pourront jamais devenir Français. Comme pour l'imposture de l'ascenseur social, on dupe ici les familles de l'immigration en leur laissant penser que la communauté française reconnaîtrait comme français ceux qui ne possèdent pas la culture française.

J’ai lu, parfois, que j'ignorerais des pans entiers de l'histoire de France, car je la réduirais par trop à 1789. Posez-vous la question : la France de 1789 aurait-elle pu voir le jour si tout ce qui avait précédé n'avait pas existé ? Et dans ce « tout » je place, bien entendu, tout l'héritage des Français, sans aucune exception des pages de son histoire.

Je n'écris plus beaucoup, en ce moment, mais jamais la France n'a autant occupé mes jours et mes nuits. J'ai la chance d'être animée par une passion qui me dépasse. Ne me demandez pas pourquoi j'aime autant la France, car l'amour ni se s'explique, ni ne se résume. Je ne me bats contre personne, mais je me bats, aux côtés d’autres Français, dans l’unique but que soit un jour à nouveau reconnu, aux Français, le droit d'être Français et d’être fiers de l’héritage français. Cela passera nécessairement par le fait que l’État français comprenne que la seule mission que lui délègue le peuple français est celle de servir la République, et non de tenter de la lyncher. Le sujet est suffisamment grave pour que tous les enfants de France s’engagent, au quotidien, à œuvrer à ramener l’État français à la raison d’État.

18 février 2009

La France a besoin de lucidité et de cohérence !

Cher Bernard, vous me demandez ce que je pense de l’article de Seybah Dagoma paru dans Libération du 17 février, et surtout si ce qu’elle avance ne viendrait pas contredire les propos tenus par Jacqueline Costa-Lascoux.

Voici ma réponse : il m'est toujours insupportable de voir les « notables » s’étonner que des groupes qui renvoient au reste de la population une image négative et qui fait peur, ne soient pas invités autant que les autres à des entretiens d’embauche. J’en ai longuement parlé dans mon ouvrage, c’est sur l’amélioration de l’image qu’il est urgent de travailler. Cela ne s’obtiendra pas avec la fabrication d'icônes gouvernementales ou audiovisuelles (Dati, Yade, Amara,  Roselmack…) ; non, ça n’est là que de la diversion, et démontre le refus de reconnaître la réalité du problème de l’insertion et de l’intégration dans notre société. Travailler sur l’amélioration de l’image, c’est enseigner aux enfants issus de l’immigration et à leurs familles (ces parents que l’on oublie toujours, on se demande bien pourquoi), que l’on ne peut bafouer les principes qui régissent la société française sans courir le risque d’en payer le coût et d’en subir tôt ou tard les conséquences. Il faut également rappeler certaines vérités, à savoir que l’ascenseur social n’a jamais existé dans notre pays, et que la réussite y est un long parcours jalonné d’obstacles. Les familles françaises de souche européenne savent bien tout cela. J’ai eu à travailler dans le monde des hautes technologies, où seule primait la compétence, et où les considérations misérabilistes liées à la diversité ne venaient pas polluer les équipes. Vous y étiez recruté sur la base de vos capacités techniques, mais aussi de votre faculté d’adaptation et d’insertion dans le groupe déjà existant…

En ce qui concerne l’intégration, la question des moyens est absolument epsilonesque, c’est-à-dire négligeable. Les « spécialistes » d’une prétendue diversité qui ont passé leur temps à exiger de la France davantage de moyens, ont participé à ruiner notre pays et à le mener au bord du gouffre. L’économiste Jean-Paul Fitoussi, Président de l’Observatoire Français des Conjonctures Économiques, a dit, lors d’une émission du journaliste Benoît Duquesne[1] qui avait pour invité Jean-Louis Borloo, qu’une part substantielle de la dette française accumulée ces trente dernières années étaient imputables au poste « banlieues ».

Dans la crise économique et financière qui secoue le monde, la France n’a strictement aucune chance de s’en sortir si elle ne se fixe pas comme objectif de mener le plus grand nombre de ses enfants vers l’excellence en vue de créer les produits de demain. Nous devons d’urgence renouer avec le modèle républicain qui prône la reconnaissance du seul mérite et de l’effort individuel et collectif. Comment espérer qu’un enfant puisse réussir de manière réelle, et non factice, si notre société réduit sans cesse son niveau d’exigence, et si notre classe politique détourne l’attention de l’opinion avec des mauvaises solutions qui couleront à terme le navire France ? À ce titre, le commissariat de Yazig Sabeg institué par Nicolas Sarkozy doit être supprimé. Si vous souhaitez un avis direct sur cette question, je vous dirai sans détour que Nicolas Sarkozy a trahi les Français qui ont voté pour lui. Il s’est fait élire sur la base de promesses liées au respect de ce qui fonde l’identité du peuple français et n’a eu de cesse, depuis lors, de mettre en œuvre des mesures qui sont de véritables bombes à retardement. J’en sais quelque chose, puisque je passe une grande partie de mon temps à motiver des députés et des sénateurs pour faire tomber des articles de textes de loi qui sont dangereux pour le maintien de la cohésion nationale. Dernier en date, la tentative d’introduction de la discrimination ethnique et raciale dans la loi sur l’audiovisuel.

À présent, réponse à ceux qui m’écrivent régulièrement pour me dire leur détresse de ne pouvoir s’exprimer, alors que je le peux moi-même, selon eux, uniquement en raison de mon ascendance biologique : oui, cela est vrai, vous avez perdu votre liberté, et en êtes entièrement responsables ! Mais il ne nous faut pas nous arrêter à ce constat. La liberté, c’est véritablement le joyau à reconquérir, et c’est de manière démocratique que nous devons y parvenir, car il faut nous attacher à ce qu’aucun mal supplémentaire ne soit infligé à notre pays. Cela ne vous rassurera pas, mais moi aussi je lutte sans cesse contre la censure, contre le pillage de mes idées que l’on attribue à d’autres (voir le rapport de la commission Veil, publié sur le site de la Documentation Française, qui attribue à Fadela Amara mes propos sur le maintien de la cohésion de la Nation et qui n'a, à ce jour, toujours pas incorporé le contenu de mon audition). Je suis exploitée sans véritable marque de reconnaissance, puisque l’on s’applique à faire en sorte que mes idées ne soient pas rendues accessibles au plus grand nombre. Les journalistes ouvrent largement leurs micros et leurs colonnes aux communautaristes, tandis que les défenseurs de notre modèle de société peinent à faire entendre leur voix. Certains jours, il m’est arrivé de vouloir baisser les bras, trop bouleversée par les souffrances infligées à la France sous les yeux de ses enfants bâillonnés. Puis je me ressaisis, et me dis que je n’ai pas le droit de me taire à mon tour. Alors je veux que dans votre désarroi, vous vous souveniez que nous partageons le même amour de la France, et que j’ai besoin de votre aide et de votre soutien pour continuer à avancer vers notre objectif commun : réhabiliter le respect de notre projet collectif de société.

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[1] France 2, Complément d'enquête, « Banlieues : le feu est-il éteint ? », émission du 13 mars 2007.

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16 janvier 2009

Docteur Jekyll, ou Mister Hyde ?

Pour moins que ça, on en perdrait son latin !

17 décembre 2008 : Le Président de la République nomme Yazig Sabeg « Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances » et le charge de mettre en œuvre la discrimination positive, politique qui est la négation absolue du principe républicain d’égalité inscrit dans le Préambule de la Constitution du peuple français. Il signe ainsi sa volonté manifeste de rompre avec le modèle républicain français.

14 janvier 2009 : Suite à la multiplication sur le territoire français d’incidents liés au conflit israélo-palestinien, le Président de la République déclare : « L’indivisibilité de la République est une règle fondamentale […] La France est un pays ouvert qui s’honore d’accueillir sur son territoire des personnes qui amènent beaucoup et depuis des générations, mais nous n’avons pas l’intention de changer notre modèle républicain. »

Alors, à qui avons-nous véritablement affaire ?

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05 janvier 2009

Les pépites de l’émission de BFM

Retour sur l’émission de BFM du 22 décembre ; en voici quelques pépites.


1) Au sujet des Français qui discrimineraient

Patrick Simon, socio-démographe à l’INED : « Quand on parle des concours par exemple, on a fait un travail d’enquête autour des concours à la haute fonction publique, un concours anonyme complètement, avec un jury qui vient ensuite compléter l’épreuve écrite. Eh bien la bonne nouvelle, c’est qu’au moment du concours, au moment du jury à l’oral et quand on reçoit les candidats, y’a pas vraiment de différence qui se fait en fonction de l’origine, ça c’est une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle c’est qu’à l’écrit, à l’écrit, les personnes d’origine immigrée réussissent moins bien que les autres alors même qu’elles ont les diplômes, alors même qu’elles ont les formations de qualité et qu’elles réussissent très très bien les épreuves techniques. Là où elles se font avoir c’est sur la culture générale. »

Nous avons ici la démonstration que « l’élite » sait parfaitement que les Français ne sont pas racistes, et que la cause de l’échec des personnes issues de l’immigration est imputable à d’autres raisons que des discriminations dont les Français de souche se rendraient coupables. Patrick Simon de l’INED le précise bien, lorsque des personnes d’origine étrangère échouent aux concours de la fonction publique, c’est en raison de leurs lacunes en culture générale. Ne trouvez-vous pas inadmissible que le gouvernement ait fait sauter le pré-requis de la culture générale aux concours de la fonction publique, alors qu’un fonctionnaire français est censé représenter, aux yeux du public, l’État français ?


2) Les arrière-pensées du Président de la République

Édouard Pellet, délégué à la diversité de France Télévisions : « lorsque le Président de la République a lancé la mission Veil, le 8 janvier, son arrière-pensée c’était bien de commencer par la diversité ethnoculturelle pour développer toutes les autres. »

Cette arrière-pensée du Président de la République, Luc Ferry l’avait également évoquée dans le journal du matin de France Culture, le 21 novembre dernier :

« Quand je vois, nous, avec Olivier Duhamel, dans la commission présidée par Balladur de la réforme des institutions, nous avions refusé de nous occuper du préambule de la Constitution parce que nous savions en fait que derrière cette mission, il y avait la volonté d’introduire de la diversité, c’est à dire de la discrimination positive dans le préambule de la Constitution et nous ne voulions pas le faire, en tout cas majoritairement dans la commission. Nous ne voulions pas le faire et c’est pourquoi le Président de la République a nommé Madame Simone Veil pour justement tenter d’introduire cette fichue discrimination positive dans le droit français et je pense que c’est honnêtement une catastrophe ! »


3) La dissonance identitaire responsable de l’échec de l’intégration

À ceux qui doutent encore du fait que le malaise de nombreuses personnes issues des dernières vagues d’immigration trouve sa principale source dans leur propre trouble identitaire (j’utilise dans mon ouvrage le concept de dissonance identitaire) :

Édouard Pellet : « Cette action positive, il eût fallu qu’ici, en France, on la prenne en compte. On ne la prend pas en compte. Pourquoi ? Parce qu’on préfère rester dans la logique de l’hypocrisie. Je m’explique : on peut être fier d’être d’origine auvergnate, mais pas d’être d’origine algérienne comme moi en étant très bleu-blanc-rouge, très français. Y’a quand même un truc qui ne tourne pas rond. Il ne faut pas toucher, paraît-il, il y a toute une logomachie, une logorrhée qui s’est instituée autour du système : ne touchons pas au sacré principe de l’égalité. » […]

« Pour les jeunes maintenant, c’est ce déracinement-là. Ils ne sont plus, j’allais dire, ils n’ont plus ce bout de racine parce qu’on essaie de les maintenir systématiquement dans la logique française laïque et principielle alors qu’en réalité les choses se situent ailleurs… Moi quand j’avais onze ans, au lycée Condorcet, le jeudi après-midi, pour que le lien soit maintenu avec ma culture d’origine, était assuré par un pion qui me parlait de l’histoire de l’Algérie, de l’Afrique du nord et qui me parlait en Arabe. Le jeudi après-midi, il devait ça à l’État ce pion-là… L’Éducation nationale est carente dans ce domaine-là. Depuis quelques années elle est carente… »


4) La menace qui pèse sur l’héritage français

Édouard Pellet : « On a le droit, on a le devoir, comme untel peut être d’origine auvergnate, pourquoi me nier mon origine algérienne ? Dès qu’on touche à ça ou à l’Afrique parce qu’il y a le problème de la couleur de peau, le référentiel couleur de peau n’existe pas dans la tradition française, on est indigène ou autochtone, grosso modo. Chez les Anglo-Saxons c’est plus simple, comme la religion d’ailleurs, c’est un référentiel qui existe chez les Anglais, chez nous pas. Donc on a le droit de se revendiquer d’une origine d’ailleurs sans être stigmatisé, sans s’estimer réduit et ça permettrait, à ce moment là, d’avancer par la voie de l’action positive pour que ce pays redevienne ce fléau [sic] de l’égalité qu’il n’est plus tout à fait. »

« Il y a un racialisme dans le fond culturel latent qui est hérité de la fin du XIXème siècle, qu’on le veuille ou pas, hein ? Hérité de Victor Hugo, et ce racialisme fait que dans l’inconscient collectif on considère l’autre dans sa différence ethno-raciale ou ethnoculturelle n’est pas à niveau avec nous. On n’en est pas sorti de cette logique, alors pour lutter contre ces mentalités, pour essayer de rétablir l’égalité pour tout le monde il faut des actions volontaires. »


5) Le refus de respecter les principes qui font Français, entre autres ceux de l’égalité républicaine et de la laïcité, est clairement assumé

Édouard Pellet : « À France Télévisions, on a infléchi les principes précisément sans le dire, et c’est une politique qui a été cooptée par, imaginez chez nous, au sein du groupe France Télévisions la vigilance des syndicats, surtout et notamment sur ce principe de l’égalité et le principe de laïcité et toutes ces politiques volontaires, elles vont se traduire dans la loi puisque dans la loi sur l’audiovisuel nous avons introduit un certain nombre d’amendements dont deux d’entre eux qui introduisent la notion d’ethnoculturel et vont pouvoir permettre, comment dire de légitimer cette démarche qu’on avait engagée. »

À titre d’éclairage, voici un extrait de l’article premier de la loi sur la communication audiovisuelle et du nouveau service public de la télévision à laquelle Édouard Pellet fait référence, loi qui vient d’être votée par les Députés « à l’insu de leur plein gré » et qui arrive sur les bancs du Sénat le 7 janvier :

« France Télévisions reflète dans sa programmation la diversité, notamment ethnoculturelle, de la société française et veille à engager une action adaptée pour améliorer la présence de cette diversité dans les programmes. »


6) Perpétuité de la discrimination positive

Édouard Pellet : « Moi, en tant que citoyen, je suis favorable à ce qu’il y ait un moratoire. Il faut qu’il y ait un débat public : ne doit-on pas mettre un moratoire sur l’article 1 de notre Constitution, pendant combien de temps ? Quatre ans, cinq ans, vingt ans, une génération ? J’en sais rien ! C’est ce débat public qui devrait permettre de faire avancer la France dans une voie qui correspondrait plus à sa vocation de carrefour des cultures et des hommes. »


Conclusion : « Faire avancer la France » ? Beaucoup de ce qui est entrepris aujourd’hui fera terriblement régresser la France. Rendez-vous compte, à l’heure où la France devrait concentrer toute son énergie et celle de son peuple à innover pour se frayer un véritable chemin dans la mondialisation, le temps, les deniers publics et l’énergie qui sont dépensés à tuer le mérite républicain, jusqu’à aller supprimer certaines épreuves de vérification des connaissances dans le recrutement des enseignants qui formeront les générations futures. Tout cela fera régresser la France jusqu’à en faire un pays sous-développé et croyez-moi, je sais de quoi je parle !

Si les dernières vagues d’immigration, otages de leur dissonance identitaire, n’avaient pas trouvé de merveilleux collaborateurs au sein des équipes dirigeantes en place, la France ne se trouverait pas dans une situation aussi périlleuse.

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28 décembre 2008

Rediffusion sur France Culture lundi 29 décembre

France Culture a décidé de rediffuser, demain lundi 29 décembre, de 18h30 à 19h15, une émission à laquelle j’avais participé.

♦ La repentance favorise-t-elle l'intégration? Rediffusion

« Ce n’est certainement pas en enseignant aux enfants de l’immigration que les Français ont été les bourreaux de leurs parents qu’on facilitera leur intégration. » Voilà ce que déclare Malika Sorel dans une interview publiée par la revue Le Débat. On a pourtant souvent entendu le point de vue inverse. Tout un courant historiographique lié au concept de « postcolonialité » incrimine, au contraire, le « déni » et le « refoulement » de l’histoire coloniale par le « roman national ». Ce courant, promu par de jeunes historiens de gauche attribue à ce déni et à ce refoulement du passé colonial certaines des tensions intercommunautaires qui travaillent la société française. Ces conflits seraient dus aux représentations issues de la colonisation, lesquelles continueraient d’imprégner les mentalités françaises. En outre, les populations issues de l’immigration auraient le sentiment de revivre, à travers la relégation dont elles sont victimes, une situation de type colonial. C’est par exemple la thèse soutenue par Pascal Blanchard dans l’introduction au livre « La fracture coloniale ».

Le débat à propos de la « repentance » que devraient pratiquer les anciennes puissances coloniales – s’inspirant du précédent de l’Allemagne face à la Shoah - a été un temps confiné au milieu des historiens et des moralistes. Durant la campagne électorale présidentielle, il a fait irruption dans le champ politique. C’est Nicolas Sarkozy qui l’y a introduit en déclarant notamment : « Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers d’être Français, qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires et qui est un obstacle à l’intégration, parce qu’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester. »

Ségolène Royal, à son tour, se trouva obligée de se situer. « La France doit assumer son histoire, toute son histoire. Sans amnésie et sans repentance », déclara la candidate du PS. Mais elle ajoutait : « Mais je crois que notre pays doit aussi être capable de porter un regard apaisé et de poser les mots justes sur les pages plus sombres de notre histoire commune. Nous devons être capables de reconnaître la colonisation pour ce qu'elle fit : dominer et spolier. En outre, ce n'est jamais aux descendants de payer pour les crimes qu'ils n'ont pas commis. Mais tous comptables de la transmission de l'histoire collective, oui ! »

On le voit, la question de la «repentance» fait désormais partie du débat politique.

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