06 novembre 2009
Oser s'élever contre la Halde
Je suis très heureuse que des élus commencent à se réveiller et à oser enfin s’élever contre la Halde. C’est un début très timide, mais il convient de le saluer et de l’encourager.
Richard Maillé (député UMP des Bouches-du-Rhône) et Philippe Briand (député UMP d’Indre-et-Loire) avaient déposé un amendement qui visait à la diminution du budget de la Halde de 20%. Ils n’auront obtenu que le gel de ce budget mais auront été, en cours de route, rejoints par 50 autres députés. Si vous lisez attentivement l’amendement, vous comprendrez que ces députés désapprouvent les travaux de la Halde.
Extrait de l’amendement :
« On peut légitimement s’interroger sur la pertinence des travaux commandés par la HALDE, comme par exemple le rapport sur les manuels scolaires intitulé : “Place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires”. Ce rapport explique concernant les femmes que “Dans les manuels d’histoire-géographie, elles apparaissent comme «icône ou emblème» (Marianne, déesses grecques ou romaines, etc) ou comme «fille de» ou «femme de» (Joséphine de Beauharnais) ou «mère de» (Létizia, mère de Napoléon) ou entourées d’enfants en représentation de la famille bourgeoise ou en séductrices.” Au sujet du handicap, “L’analyse experte montre que les personnes en situation de handicap tendent à être massivement reléguées dans des contextes qui leur sont propres, en lien avec leur handicap (associations spécialisées, jeux paralympiques) ou besoin d’assistance (chapitre d’éducation civique sur la solidarité, discriminations subies).” Enfin, au sujet de l’hétérosexisme dans les programmes scolaires : “Si nous n’avons pas observé de couples homosexuels ni de familles homoparentales dans les manuels que nous avons analysés, les couples hétérosexuels et les familles hétéroparentales sont fréquentes. […] Ainsi, dans le manuel d’anglais de seconde professionnelle et terminale BEP, on peut voir le dessin d’un jeune homme couché en train de rêver à son avenir. On constate qu’il aspire au mariage avec une femme et à une famille hétéroparentale.” On peut également douter des méthodes de travail de la HALDE comme ce fut le cas avec un “test antidiscrimination à très grande échelle”. Cette enquête fut critiquée de toute part aussi bien quant à sa solidité que par sa pertinence, enquête estimée à 500 000 euros. »
Pour information, La Halde, c’est :
- un budget de 12 964 000 euros pour 2010 ;
- 50 juristes de catégorie A ;
- un Président, Louis Schweitzer, qui reçoit un salaire de 6 700 euros par mois.
Vous savez déjà ce que je pense du travail de la Halde et de ses conséquences sur la cohésion nationale. Voilà un organisme dont toute l’œuvre consiste à subdiviser le corps social, à dresser des catégories de population les unes contre les autres. Quel homme politique aura un jour le courage et surtout l’intelligence d’en demander la suppression ? Certains me répondront que la Halde est née de la transposition d’une directive européenne dans le droit français. Je leur répondrai que les Européens doivent désormais refuser d’aller dans le mur, y compris si l’ordre vient de « l’Europe » !
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03 novembre 2009
Le débat sur l’identité nationale
Nous devons faire entièrement fi des motivations qui ont pu amener ce débat sur la table et, bien au contraire, saisir cette occasion unique qui nous est donnée pour aider la France à accoucher d’un plan d’action bien concret qui sauvera le peuple français du naufrage, donc de la disparition.
Mes propositions concrètes, vous les trouverez toutes dans mon livre. J’envisageais de les énumérer ici, lorsque j’ai reçu plusieurs messages de lecteurs en pleine lecture du Puzzle de l’intégration, qui n’ont pas apprécié que je publie dernièrement sur ce blog quelques paragraphes de mon livre alors qu’ils ne les avaient pas encore atteints dans leur lecture. Je comprends leur déconvenue, car il y a tout un enchaînement à respecter. Lorsqu’on lit Le puzzle de l’intégration pour la première fois, il est nécessaire de le lire dans l’ordre.
La suggestion de mes lecteurs Paris et Dominique de faire envoyer mon ouvrage, par le HCI, à tous les parlementaires pour les aider dans cette réflexion sur l’identité nationale, est très intéressante. Mais je ne vois pas vraiment comment le HCI pourrait se permettre de donner publiquement un signal qui privilégierait, de fait, ma parole sur celle des autres membres du Conseil.
Nous devons pourtant trouver le moyen de faire du lobbying pour la République, de la même manière que les communautaristes en font contre la République. J’aurais donc tendance à inciter tous ceux qui peuvent accéder à leur Député ou Sénateur, que ce soit sur un marché, à l’occasion d’une réunion publique, ou encore dans sa permanence, à lui remettre Le puzzle de l’intégration en main propre. Le contact direct est infiniment plus porteur qu’un envoi postal qui pourrait prendre la poussière sur une étagère.
Voici à présent une information de terrain très précieuse : lors d’une réunion dans une enceinte administrative où l’on demandait aux intervenants de privilégier, pour l’insertion professionnelle, des personnes d’origine étrangère, un de mes lecteurs a récemment fait appel à plusieurs de mes démonstrations pour démonter l’approche communautariste et refuser de s’y plier. L’assistance a été attentive à ses arguments, et jamais il ne s’est vu opposer ni réaction de rejet ni procès en racisme. Je tiens à préciser que le lecteur dont il s’agit est de souche européenne. Il a pu ainsi tester la robustesse de mes arguments et vérifier, à sa grande satisfaction, la réceptivité de l’auditoire. Vous voyez qu’il n’est pas nécessaire d’être d’origine étrangère pour pouvoir à présent exercer pleinement son esprit critique et sa liberté de jugement. C’est à la portée de tous les citoyens. Cela doit vous encourager à prendre la parole dans le débat sur l’identité lorsqu’il se tiendra dans votre ville. N’hésitez surtout pas à engager la discussion autour de vous et à fournir des arguments aux autres citoyens.
Gardez toujours en tête que ceux qui souhaitent la disparition de nos valeurs et principes arguent du fait que le modèle républicain d’intégration aurait échoué, et qu’il faudrait dès lors lui substituer d’autres modèles. Soyez donc extrêmement vigilants. Ne vous laissez surtout pas piéger en reprenant à votre tour cette attaque contre la République. NON, le modèle républicain n’a pas échoué, car il n’a tout simplement pas été appliqué ces trente dernières années par l’État français. L’État a en effet le plus souvent abdiqué sur la question des principes républicains et sur la nécessité de transmettre la culture française, faisant ainsi perdre de vastes territoires à la République. Il n’est qu’à observer la réalité des quartiers dans lesquels les principes de liberté, d’égalité et de laïcité ont disparu, pour réaliser que ce n’est pas la République qui a failli à sa mission, mais bien l’État.
À tous les citoyens que nous croisons sur notre chemin, nous devons à présent insuffler le devoir de s’engager pour faire en sorte que l’État français se place entièrement au service de la République, et rompe ainsi définitivement avec la remise en cause des valeurs et principes qui fondent l’identité nationale française.
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27 octobre 2009
Mon engagement
Je vous dois des réponses à des questions que vous m’avez posées, soit par courriel, soit par commentaires. Vous m’excuserez de ne pas répondre à toutes aujourd’hui ; je le ferai au fur et à mesure de mes billets, tout en sachant que de nombreuses questions trouvent réponse dans Le puzzle de l’intégration.
Au sujet de Tariq Ramadan :
Certains parmi vous souhaitent savoir ce que je pense du Suisse Tariq Ramadan, spécialisé en ingérence dans nos questions de politique intérieure.
Voici ma réponse : son action et son comportement illustrent à la perfection l’entreprise de prise en main du politique par le religieux. Cet homme a très vite appris le langage des sociétés dites libres, pour faire faire la danse du ventre aux animateurs bouffons de la presse audio-visuelle des pays européens, et, plus grave encore, à certains dirigeants européens dont Tony Blair, qui l’avait pris comme conseiller à ses côtés. Et dire que l’État français soutiendrait l’élection de Tony Blair à la tête de l’Union européenne !
Tariq Ramadan est-il un homme redoutablement intelligent, ou bien ceux des Européens qui l’écoutent et l’applaudissent, comme dans l’émission du clownesque Laurent Ruquier, ne font-ils pas montre d’un cruel manque d’esprit critique ?
Les Français savent-ils par ailleurs qu’en apportant leurs suffrages à des mouvements « fourre-tout », tel qu’Europe Écologie, où l’on retrouve côte à côte des écologistes et des alter-modialistes, ils attribuent une force politique à des opposants à nos valeurs et à notre modèle de société ? Nombre d’altermondialistes, et même de mouvements de lutte des classes, qui se cachent parfois derrière des visages poupons, considèrent en effet que l’intégrisme religieux musulman n’est que la réponse d’opprimés au capitalisme fou et à la mondialisation. Tariq Ramadan est accueilli à bras ouverts dans les forums sociaux européens, où José Bové le gratifie de chaleureuses poignées de mains...
Face aux considérables défis qui se posent à nous, les Français doivent exercer la plus grande vigilance. « Ne donnez à personne le bon Dieu sans confession » résume un peu l’attitude à adopter quand il est question de l’identité.
Au sujet de la remarque ci-dessous d’un de mes lecteurs :
« Pour enfoncer le clou, il est maintenant démontré (et avoué sans détours) que les gouvernements des pays d’origine de l’immigration comptent bien utiliser ces communautés immigrées à des fins de manœuvres politiques, en encourageant le communautarisme et la “fidélité au pays d’origine”, et tenter ainsi de télécommander la politique intérieure et extérieure françaises en faisant exercer les pressions via ces communautés... bel exemple supplémentaire de l’affaiblissement d’indépendance en esprit et en action de notre pays. »
J’ai déjà abordé cette question dans Le puzzle de l’intégration. Je trouve inacceptable, et les Français ne devraient pas l’accepter non plus, que ceux qui approchent au plus près le pouvoir politique dans notre pays puissent œuvrer ou vouloir œuvrer au service des intérêts de pays étrangers.
Voici à ce sujet quelques exemples de personnalités que les Français connaissent déjà :
Le cas Rama Yade :
« Si le président Wade m’appelle parmi les jeunes talents qui l’entourent, pourquoi pas ? » Rappelons que Rama Yade, en côtoyant le sommet de l’État français, accède à des informations stratégiques pour notre pays, et aussi - et c’est encore plus important à mes yeux - aux informations concernant les points faibles de notre pays, autrement dit à tout ce qui peut le rendre vulnérable.
Rama Yade mène un combat communautariste. Elle dit elle-même avoir rejoint Nicolas Sarkozy pour défendre l’intérêt des « Noirs ». Un membre du gouvernement français se doit pourtant d’œuvrer pour l’intérêt général. Imaginez un seul instant le tollé que déclencherait, à juste titre, un membre du gouvernement qui affirmerait être là pour défendre les intérêts des « Blancs » !!!
Et pourtant, Rama Yade est l’une des personnalités préférées des Français !
Le cas Rachida Dati :
Dans Le puzzle de l’intégration, je cite une partie d’un entretien qua Rachida Dati avait accordé à au journal marocain Libération Casablanca : « C’est toujours comme ça, je bascule entre les affaires d’ici et de là-bas [Maroc, NDLA] » ; « Je me sers de mon carnet d’adresses. J’aide aussi des Marocains résidant en France à régler certains problèmes. J’ai créé le Club 21ème siècle avec des personnes d’origine maghrébine qui aident les gens de très haut niveau à être visibles dans la société française » ; « Mon rapport avec le Maroc est constant et permanent. J’y vais tout le temps... Je n’y suis pas née, je n’y ai jamais vécu, mais j’ai un véritable attachement pour le Maroc. C’est un attachement psychologique... Non, c’est un attachement lié à mes racines. Ça ne relève pas de la psychologie. Ce n’est pas sentimental, c’est plus que ça, c’est vraiment viscéral et c’est lié à mes racines » ; « Je suis toujours allée au Maroc en disant "on est votre première vitrine"... C’est dommage, ils [les pouvoirs politiques marocains, NDLA] se privent d’une vraie représentation » ; « Moi, je donne pour le Maroc, j’aimerais aussi un peu de retour. J’ai toujours entendu dire au plus haut niveau de l’État [marocain, NDLA] qu’on était les bienvenus et qu’on était des Marocains. Tant que ce discours ne sera pas contredit, je continuerai à me battre pour mettre le pied dans la porte de ce pays».
Le cas Najat Vallaud-Belkacem, un des principaux « lieutenants » de Ségolène Royal :
Le 21 décembre 2007, le Roi du Maroc installait le Conseil de la Communauté marocaine à l’étranger (CCME). Parmi les missions qu’il assigne à ses membres, figure celle d’œuvrer à « l’essor de leur mère patrie, au renforcement de son rayonnement international ». Quoi de plus naturel pour des citoyens marocains, me direz-vous ? Bien sûr, sauf que parmi les membres de ce Conseil figurent des personnalités très actives au sein de structures nationales françaises à caractère politique, parmi lesquelles précisément « Najat Vallaud-Belkacem, membre du cabinet du maire de Lyon et porte-parole de la candidate Ségolène Royal aux dernières élections présidentielles ».
Ce ne sont là que quelques exemples, mais je peux vous certifier que les communautaristes ont très bien infiltré l’ensemble de notre classe politique, l’ensemble de nos partis de gouvernement. Devant cet état de fait, les Français doivent-ils continuer à rester les bras croisés ? Peuvent-ils espérer que leurs idées et leurs valeurs soient un jour de nouveau respectées, s’ils ne s’investissent pas eux-mêmes ? Une fois nommée par la Présidence de la République au HCI, je pensais que mes articles passeraient plus facilement dans les journaux. Il n’en a rien été ! En m’engageant en politique aux côtés d’un homme connu, je sais que les médias seront, tôt ou tard, contraints de dire que j’existe, donc que nous existons tous. J’avais déjà évoqué ici mon engagement politique. Je tiens à vous redire que la question de la cohésion nationale transcende les clivages politiques traditionnels. Pour cela, il sera nécessaire qu’elle soit prise en considération par toutes les formations politiques. Que chacun d’entre nous s’investisse donc aux côtés de la personnalité politique dont il se sent le plus proche. Là entrent en jeu les convictions politiques, mais également les affinités et la dimension humaine. Il n’est pas nécessaire que nous soyons tous présents au même endroit ; nous devons en effet diffuser nos convictions sur l’ensemble de l’échiquier politique. Je continuerai pour ma part, comme je le fais à l’heure actuelle, à transmettre aux personnels politiques de tous les partis de gouvernement les pièces du puzzle de l’intégration, afin qu’ils puissent chacun participer au maintien de l’indivisibilité du peuple français, condition indispensable à la préservation de la cohésion nationale.
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23 octobre 2009
Une des multiples pièces du puzzle de l’intégration
Le journal le Monde : « L’Afrique reçoit des sommes considérables des migrants partis travailler sur d’autres continents, mais le manque d’information, de concurrence et de régulation empêche cet argent d’agir pleinement sur le développement. C’est ce que révèle un rapport de l’International Fund for Agricultural Development (IFAD), publié jeudi 22 octobre à l’occasion d’un forum sur les transferts de fonds organisé à Tunis par cette agence de l’ONU, pour mobiliser banques centrales et gouvernements sur la question.
La première surprise de ce rapport tient en un chiffre : d’après l’IFAD, 40 milliards de dollars (26,7 milliards d’euros) sont envoyés chaque année à leurs proches par les émigrés africains. Ce montant était jusqu’alors inconnu, mais il était estimé entre trois et quatre fois moindre. »
Extraits du Puzzle de l’intégration :
« Impact du maintien d’un lien étroit avec le pays d’origine
Il est une autre difficulté que rencontrent les enfants de l’immigration et qui a un retentissement sur leur développement et sur leur avenir, c’est le maintien d’un lien très étroit avec le pays d’origine. Ce maintien a des répercussions considérables sur la nature du lien que ces enfants tissent avec leur pays d’accueil. Il a aussi un impact direct sur le budget que leur famille va consentir à leur consacrer au long de leur parcours scolaire.
Les arbitrages d’allocations de ressources financières de nombreuses familles de l’immigration récente sont souvent loin de prendre en considération les besoins minimaux que requiert l’éducation d’un enfant, lorsqu’il est destiné à évoluer dans notre société. Il y a deux raisons à cela : d’une part, les différences profondes qui existent entre la culture française et celle d’une majorité des migrants récents, et d’autre part, la volonté des adultes de consacrer l’argent qu’ils épargnent à d’autres postes de dépenses, et notamment au maintien d’un lien prégnant avec leur pays d’origine.
Les différences culturelles conduisent, dans la plupart des cas, à des appréciations différentes quant à la part de son budget qu’une famille doit accepter de consacrer à son enfant, pour lui assurer des conditions d’évolution satisfaisantes au regard de son référentiel. Par conséquent, le schéma d’affectation des ressources financières de la cellule familiale n’intègrera pas forcément les charges inhérentes à l’éducation intellectuelle, culturelle ou artistique des enfants, lorsque ces domaines ne font pas partie du référentiel culturel. C’est pourtant autour de ces activités connexes à l’école que se creusera le plus grand fossé entre les enfants qui en auront bénéficié tout au long de leur enfance, et les autres. Ces activités sont capitales pour le bon développement d’un enfant au sein d’une société ambitieuse, car elles permettent à l’enfant d’acquérir bon nombre des dispositions affectives et intellectuelles qui favorisent la réussite. Dans de nombreuses familles de l’immigration récente, un enfant sera considéré comme disposant de conditions d’évolution satisfaisantes s’il est simplement nourri et habillé. De plus, provenant de pays où elles ont connu le manque, ces familles possèdent une très grande sensibilité aux finances, et en consacrer à leurs enfants n’est souvent pas considéré comme un investissement, mais comme une dépense.
Très peu de familles de l’immigration emmènent leurs enfants dans les musées, dans les manifestations scientifiques, sur les sentiers botaniques, au concert, à la rencontre de l’Histoire du pays d’accueil au travers des livres ou en visitant ses villes et villages … Ce n’est donc pas un hasard si la majorité de ces enfants ne développent pas les dispositions nécessaires à leur insertion dans la société d’accueil. Car contrairement aux enfants de culture européenne auxquels leurs espace familial transmet des éléments de l’héritage de leur pays, les enfants de l’immigration ne peuvent compter que sur l’école ou sur les activités périscolaires pour se sensibiliser. Offrir aux enfants l’accès à cette culture, c’est aussi les prédisposer au goût de la variété intellectuelle, et surtout à l’ouverture d’esprit à tous les possibles. Ce sont ces dispositions qui vont façonner en grande partie la curiosité intellectuelle qui habitera plus tard l’élève et l’aidera à persévérer dans l’acquisition des savoirs.
L’exiguïté des logements des familles de l’immigration, qui sont, pour beaucoup, des familles nombreuses, pose également des problèmes majeurs à leurs enfants. Ces derniers ne disposent pas d’espace adéquat pour faire leurs devoirs, préparer leurs examens scolaires ou pour se reposer au calme en vue de se ressourcer pour la journée suivante. Il est vain de croire qu’un logement plus grand aurait résolu les difficultés de ces enfants. Ne possédant pas le même référentiel que les familles issues de pays développés, leurs familles n’ont pas la même conscience du taux de natalité optimal au regard de l’objectif d’accompagner le mieux possible l’ensemble de ses enfants. Aussi ces enfants cumulent-ils toutes les difficultés : familles nombreuses, moyens matériels insuffisants à répartir entre une fratrie conséquente, carences affectives dues au modèle éducatif, parents dotés de niveau d’instruction le plus souvent insuffisants pour guider leurs enfants. De plus, au lieu de laisser l’école guider leurs enfants, ils tirent, comme je l’avais déjà précisé, ces derniers par le maillot pour les empêcher d’adhérer au projet de l’école…
Ces familles se privent, par ailleurs, et privent chaque jour leurs enfants, en vue d’épargner tout ce qu’elles peuvent pour l’investir dans leur pays d’origine. Ces sommes constituent autant d’argent qui ne sera pas consacré aux besoins de leurs enfants scolarisés en France. En 2005, les transferts de fonds (officiels) de France vers les pays d’origine se sont montés à environ 8 milliards d’euros. Certes, une partie de ce montant est le fait de migrants qui n’ont pas d’enfants sur le territoire français, mais ils ne constituent pas la majorité. Il est vrai, comme le rappelle chaque année l’Organisation des Nations Unies, que cet argent frais est une aubaine pour les pays sous-développés. Cependant, c’est autant d’argent qui est enlevé aux enfants de l’immigration. À ce chiffre officiel, il faut ajouter toutes les valeurs qui transitent sous d’autres formes, voitures, électroménager, vêtements, etc, qui sont revendues dans les pays d’origine et dont le produit demeure dans ces pays.
[…]
Pour améliorer les chances des enfants de l’immigration, une prise de conscience est nécessaire quant au montant des moyens qui leur sont réellement consacrés. Elle doit nous amener à réaliser que si ces enfants sont voués à inscrire leur existence sur le sol français, une partie des aides publiques qui sont censées leur être destinées devront être versées directement par l’État à des domaines d’éducation bien identifiés et pouvant les aider dans leur évolution scolaire et sociale. Autant l’attribution de bourses d’études directement versées aux étudiants dans l’enseignement supérieur revêt une grande importance, autant les versements effectués aux familles n’ont pas tous un sens, car ils n’atteignent que très rarement leur destination. L’État investit à fonds perdus, car l’argent reçu par ces familles ne sera la plupart du temps pas affecté à satisfaire les besoins éducatifs de leurs enfants appelés à évoluer dans la société française, avec ce que cela comporte comme exigences. Si nous souhaitons réduire les fractures qui existent entre enfants de l’immigration et enfants des familles françaises, il sera nécessaire de repenser les circuits de ces aides.
Les Français doivent également savoir qu’au-delà du tableau rose dépeint par les rapports des organisations internationales, se cache une autre vérité. Le comportement des populations d’origine immigrée contribue à appauvrir et frustrer leurs compatriotes restés vivre au pays. Comme je l’ai déjà dit, la capacité économique d’un foyer se juge en relatif, et non dans l’absolu. Une somme qui peut sembler modique dans un pays développé paraîtra coquette dans un pays sous-développé. L’argent transféré ou récolté grâce à la vente de produits manufacturés permet aussi aux familles de l’immigration d’acheter des biens immobiliers sur les côtes et dans les terres de leurs pays d’origine. Ce phénomène est propre aux pays du Maghreb et d’Afrique noire. Ces achats sont si massifs qu’ils ont provoqué au Maghreb une flambée des prix de l’immobilier, qui prive définitivement d’innombrables familles de ces pays de l’espoir de réussir un jour à se loger décemment. Cette triste réalité est rarement évoquée dans nos médias, mais le journal le Monde lui a consacré un petit article à l’occasion du Salon de l’Immobilier Marocain qui s’est tenu fin mai 2006 en Seine-Saint-Denis.
L’argent transféré dans les pays d’origine ne se retrouve, d’autre part, que très rarement investi dans l’économie locale pour y participer à l’émergence ou à l’essor d’activités industrielles ou agricoles. Les conditions n’y sont souvent pas considérées comme propices, et les investisseurs ne s’y sentent pas protégés. Il y est donc très souvent utilisé par les adultes résidant durant l’année en France, pour se ménager la possibilité de maintenir un lien régulier avec leur pays d’origine au moyen de résidences secondaires, ou tout au moins de vacances à intervalles réguliers. Ce besoin culturel et affectif est profond. Il est, bien entendu, naturel de rester attaché à ce qui demeure son vrai pays, mais les conséquences de cette souffrance du déracinement portent un énorme préjudice aux enfants de ces familles, lorsqu’ils sont voués à inscrire leur vie dans la société d’accueil.
L’énergie développée pour maintenir un contact très étroit avec le pays d’origine a des conséquences désastreuses sur l’insertion et l’intégration des enfants de l’immigration. Cette volonté des migrants de maintenir une double vie perturbe leurs enfants, qui ne savent plus s’ils doivent s’inscrire dans un projet de citoyen du pays d’accueil ou de citoyen du pays de leurs ancêtres. Ils finissent d’ailleurs souvent par adopter un projet boiteux, qui les conduit à ne plus se sentir tout à fait du pays de leurs ancêtres, et encore moins du pays d’accueil. Quand ils parlent, en Europe ou au Canada, de leurs pays d’origine, ces enfants parlent souvent de sociétés qu’ils ne connaissent pas véritablement, mais qu’ils aiment magnifier. Par contre, lorsqu’ils y partent en vacances, ils y adoptent un comportement méprisant envers les autochtones. Ils se pensent et se vivent comme étant supérieurs dans la mesure où, résidant dans des pays développés, ils disposent d’un bien meilleur niveau économique. Ce comportement méprisant est très mal vécu par les locaux.
Nous sommes ici dans une optique de construction d’une double vie, et non pas dans une logique d’amélioration d’un niveau socio-économique considéré comme insatisfaisant. Un projet d’une telle ampleur, même planifié sur une vie entière, ne saurait être mené sans sacrifices conséquents. C’est d’ailleurs le cas, et ces sacrifices pèsent sur la vie quotidienne de toute la famille. Les premiers à en pâtir sont les enfants, car tout ce qui n’est pas perçu comme indispensable dans l’instant, est tout bonnement sacrifié. L’école ne saura jamais combler, à elle seule, toutes les lacunes sous-jacentes. Continuer à vouloir ignorer cette réalité, c’est condamner les enfants de l’immigration à l’échec.
Un effort pédagogique doit être entrepris en direction des parents de l’immigration pour leur permettre de prendre connaissance des besoins de leurs enfants, dans le cadre d’une vie inscrite dans un pays développé. Un choix s’impose, et il ne sera pas le même suivant que ces parents inscrivent leurs enfants dans un projet d’avenir sur le territoire français ou dans leur pays d’origine. Les exigences qui pèseront sur les enfants ne seront en effet pas les mêmes. Si l’on souhaite inscrire ses enfants sur le territoire d’un pays développé, l’engagement doit être tel, qu’il n’instaure pas de handicap par rapport aux autres enfants de ce pays.
La France, qui dépense des sommes vertigineuses, par le biais de la prise en charge sociale et des ZEP, ZFU, Plan de Rénovation Urbaine, etc, dans le seul but de permettre aux enfants de l’immigration de gommer une partie du gouffre éducatif qui les sépare des enfants des Français de souche, n’a-t-elle aucun moyen d’alerter leurs parents sur cette question essentielle ? Non seulement nous n’en prenons pas la voie, mais des facilités fiscales ont été nouvellement instaurées pour inciter ces familles à transférer encore plus d’épargne vers leur pays d’origine, grâce à la loi relative à l’immigration et l’intégration, dite “loi Sarkozy” et votée au printemps 2006. Il faut savoir rester cohérents. Lorsque l’on considère que l’échec scolaire ou professionnel peut conduire des jeunes à dévier de la norme sociale, il faut alors veiller à ce que ces mêmes jeunes ne soient pas privés des moyens qui devraient leur revenir, jusqu’à ce qu’ils trouvent leurs voies de réussite d’insertion sociale.
Ma critique ne vise pas l’aide publique au développement, directement versée par l’État Français aux pays en voie de développent et qui s’est élevée à 8,2 milliards d’euros en 2005. Elle concerne uniquement l’attention qui est accordée au projet éducatif de leurs enfants, par les familles de l’immigration. »
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