16 janvier 2009

Docteur Jekyll, ou Mister Hyde ?

Pour moins que ça, on en perdrait son latin !

17 décembre 2008 : Le Président de la République nomme Yazig Sabeg « Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances » et le charge de mettre en œuvre la discrimination positive, politique qui est la négation absolue du principe républicain d’égalité inscrit dans le Préambule de la Constitution du peuple français. Il signe ainsi sa volonté manifeste de rompre avec le modèle républicain français.

14 janvier 2009 : Suite à la multiplication sur le territoire français d’incidents liés au conflit israélo-palestinien, le Président de la République déclare : « L’indivisibilité de la République est une règle fondamentale […] La France est un pays ouvert qui s’honore d’accueillir sur son territoire des personnes qui amènent beaucoup et depuis des générations, mais nous n’avons pas l’intention de changer notre modèle républicain. »

Alors, à qui avons-nous véritablement affaire ?

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05 janvier 2009

Les pépites de l’émission de BFM

Retour sur l’émission de BFM du 22 décembre ; en voici quelques pépites.


1) Au sujet des Français qui discrimineraient

Patrick Simon, socio-démographe à l’INED : « Quand on parle des concours par exemple, on a fait un travail d’enquête autour des concours à la haute fonction publique, un concours anonyme complètement, avec un jury qui vient ensuite compléter l’épreuve écrite. Eh bien la bonne nouvelle, c’est qu’au moment du concours, au moment du jury à l’oral et quand on reçoit les candidats, y’a pas vraiment de différence qui se fait en fonction de l’origine, ça c’est une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle c’est qu’à l’écrit, à l’écrit, les personnes d’origine immigrée réussissent moins bien que les autres alors même qu’elles ont les diplômes, alors même qu’elles ont les formations de qualité et qu’elles réussissent très très bien les épreuves techniques. Là où elles se font avoir c’est sur la culture générale. »

Nous avons ici la démonstration que « l’élite » sait parfaitement que les Français ne sont pas racistes, et que la cause de l’échec des personnes issues de l’immigration est imputable à d’autres raisons que des discriminations dont les Français de souche se rendraient coupables. Patrick Simon de l’INED le précise bien, lorsque des personnes d’origine étrangère échouent aux concours de la fonction publique, c’est en raison de leurs lacunes en culture générale. Ne trouvez-vous pas inadmissible que le gouvernement ait fait sauter le pré-requis de la culture générale aux concours de la fonction publique, alors qu’un fonctionnaire français est censé représenter, aux yeux du public, l’État français ?


2) Les arrière-pensées du Président de la République

Édouard Pellet, délégué à la diversité de France Télévisions : « lorsque le Président de la République a lancé la mission Veil, le 8 janvier, son arrière-pensée c’était bien de commencer par la diversité ethnoculturelle pour développer toutes les autres. »

Cette arrière-pensée du Président de la République, Luc Ferry l’avait également évoquée dans le journal du matin de France Culture, le 21 novembre dernier :

« Quand je vois, nous, avec Olivier Duhamel, dans la commission présidée par Balladur de la réforme des institutions, nous avions refusé de nous occuper du préambule de la Constitution parce que nous savions en fait que derrière cette mission, il y avait la volonté d’introduire de la diversité, c’est à dire de la discrimination positive dans le préambule de la Constitution et nous ne voulions pas le faire, en tout cas majoritairement dans la commission. Nous ne voulions pas le faire et c’est pourquoi le Président de la République a nommé Madame Simone Veil pour justement tenter d’introduire cette fichue discrimination positive dans le droit français et je pense que c’est honnêtement une catastrophe ! »


3) La dissonance identitaire responsable de l’échec de l’intégration

À ceux qui doutent encore du fait que le malaise de nombreuses personnes issues des dernières vagues d’immigration trouve sa principale source dans leur propre trouble identitaire (j’utilise dans mon ouvrage le concept de dissonance identitaire) :

Édouard Pellet : « Cette action positive, il eût fallu qu’ici, en France, on la prenne en compte. On ne la prend pas en compte. Pourquoi ? Parce qu’on préfère rester dans la logique de l’hypocrisie. Je m’explique : on peut être fier d’être d’origine auvergnate, mais pas d’être d’origine algérienne comme moi en étant très bleu-blanc-rouge, très français. Y’a quand même un truc qui ne tourne pas rond. Il ne faut pas toucher, paraît-il, il y a toute une logomachie, une logorrhée qui s’est instituée autour du système : ne touchons pas au sacré principe de l’égalité. » […]

« Pour les jeunes maintenant, c’est ce déracinement-là. Ils ne sont plus, j’allais dire, ils n’ont plus ce bout de racine parce qu’on essaie de les maintenir systématiquement dans la logique française laïque et principielle alors qu’en réalité les choses se situent ailleurs… Moi quand j’avais onze ans, au lycée Condorcet, le jeudi après-midi, pour que le lien soit maintenu avec ma culture d’origine, était assuré par un pion qui me parlait de l’histoire de l’Algérie, de l’Afrique du nord et qui me parlait en Arabe. Le jeudi après-midi, il devait ça à l’État ce pion-là… L’Éducation nationale est carente dans ce domaine-là. Depuis quelques années elle est carente… »


4) La menace qui pèse sur l’héritage français

Édouard Pellet : « On a le droit, on a le devoir, comme untel peut être d’origine auvergnate, pourquoi me nier mon origine algérienne ? Dès qu’on touche à ça ou à l’Afrique parce qu’il y a le problème de la couleur de peau, le référentiel couleur de peau n’existe pas dans la tradition française, on est indigène ou autochtone, grosso modo. Chez les Anglo-Saxons c’est plus simple, comme la religion d’ailleurs, c’est un référentiel qui existe chez les Anglais, chez nous pas. Donc on a le droit de se revendiquer d’une origine d’ailleurs sans être stigmatisé, sans s’estimer réduit et ça permettrait, à ce moment là, d’avancer par la voie de l’action positive pour que ce pays redevienne ce fléau [sic] de l’égalité qu’il n’est plus tout à fait. »

« Il y a un racialisme dans le fond culturel latent qui est hérité de la fin du XIXème siècle, qu’on le veuille ou pas, hein ? Hérité de Victor Hugo, et ce racialisme fait que dans l’inconscient collectif on considère l’autre dans sa différence ethno-raciale ou ethnoculturelle n’est pas à niveau avec nous. On n’en est pas sorti de cette logique, alors pour lutter contre ces mentalités, pour essayer de rétablir l’égalité pour tout le monde il faut des actions volontaires. »


5) Le refus de respecter les principes qui font Français, entre autres ceux de l’égalité républicaine et de la laïcité, est clairement assumé

Édouard Pellet : « À France Télévisions, on a infléchi les principes précisément sans le dire, et c’est une politique qui a été cooptée par, imaginez chez nous, au sein du groupe France Télévisions la vigilance des syndicats, surtout et notamment sur ce principe de l’égalité et le principe de laïcité et toutes ces politiques volontaires, elles vont se traduire dans la loi puisque dans la loi sur l’audiovisuel nous avons introduit un certain nombre d’amendements dont deux d’entre eux qui introduisent la notion d’ethnoculturel et vont pouvoir permettre, comment dire de légitimer cette démarche qu’on avait engagée. »

À titre d’éclairage, voici un extrait de l’article premier de la loi sur la communication audiovisuelle et du nouveau service public de la télévision à laquelle Édouard Pellet fait référence, loi qui vient d’être votée par les Députés « à l’insu de leur plein gré » et qui arrive sur les bancs du Sénat le 7 janvier :

« France Télévisions reflète dans sa programmation la diversité, notamment ethnoculturelle, de la société française et veille à engager une action adaptée pour améliorer la présence de cette diversité dans les programmes. »


6) Perpétuité de la discrimination positive

Édouard Pellet : « Moi, en tant que citoyen, je suis favorable à ce qu’il y ait un moratoire. Il faut qu’il y ait un débat public : ne doit-on pas mettre un moratoire sur l’article 1 de notre Constitution, pendant combien de temps ? Quatre ans, cinq ans, vingt ans, une génération ? J’en sais rien ! C’est ce débat public qui devrait permettre de faire avancer la France dans une voie qui correspondrait plus à sa vocation de carrefour des cultures et des hommes. »


Conclusion : « Faire avancer la France » ? Beaucoup de ce qui est entrepris aujourd’hui fera terriblement régresser la France. Rendez-vous compte, à l’heure où la France devrait concentrer toute son énergie et celle de son peuple à innover pour se frayer un véritable chemin dans la mondialisation, le temps, les deniers publics et l’énergie qui sont dépensés à tuer le mérite républicain, jusqu’à aller supprimer certaines épreuves de vérification des connaissances dans le recrutement des enseignants qui formeront les générations futures. Tout cela fera régresser la France jusqu’à en faire un pays sous-développé et croyez-moi, je sais de quoi je parle !

Si les dernières vagues d’immigration, otages de leur dissonance identitaire, n’avaient pas trouvé de merveilleux collaborateurs au sein des équipes dirigeantes en place, la France ne se trouverait pas dans une situation aussi périlleuse.

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17 décembre 2008

Commission Veil sur le préambule de la Constitution

Mes chers lecteurs,

Maintenant que les conclusions de la commission Veil ont été rendues publiques, je souhaitais vous informer que j’ai été auditionnée par cette commission présidée par Madame Simone Veil. Mon audition s’est remarquablement bien passée. J’ai senti en face de moi des personnalités qui portaient en elles le seul vrai amour qui compte pour notre pays ; l’amour désintéressé. Je ne saurais vous transcrire la beauté du regard de Madame Veil ; cette beauté que seule peut conférer la grandeur d’âme.

Je n’ai pas encore lu le rapport qui devait, comme à toutes les personnes qui ont été auditionnées, m’être adressé par l’Élysée dès aujourd’hui. Dès que je l’aurai en mains, je vous en parlerai. Je n’ai en effet, pour l’instant, accès qu’à des bribes publiées par la presse.

Comme vous l’aurez déduit de vous-même, le Président de la République a décidé d’aller à l’encontre des recommandations de la commission Veil dont il connaissait le contenu avant qu'il ne soit rendu public. Il a poussé l’affront jusqu’à organiser une conférence en ce sens dans la foulée de la remise du rapport par Madame Veil; de toute évidence, pour que la presse relaie en boucle ses décisions et néglige le rapport Veil. La stratégie a remarquablement bien fonctionné. Souvenez-vous, en comparaison, du battage médiatique dont avait bénéficié le rapport de Jacques Attali !

Bien entendu, les termes « critère social », «  boursier », ne sont là que pour masquer la discrimination positive, car c’est bien de cela qu’il s’agit ; la nomination de Monsieur Yazid Sabeg, apôtre de ce poison que dénonce Barack Obama, en est une démonstration supplémentaire s’il en fallait encore.

Ce soir, je veux partager avec vous ma détresse. Je ne veux pas vous cacher que j’ai pleuré en réalisant que les Français étaient orphelins, et qu’ils devaient d’urgence se trouver un père protecteur ou une mère protectrice, ou à défaut se serrer très fort les uns contre les autres en vue de former une véritable digue qui protègera la France !

Hannah Arendt : « La puissance jaillit entre les hommes lorsqu’ils agissent ensemble. »

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24 novembre 2008

Luc Ferry : « la discrimination positive est une catastrophe !»

Le philosophe Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale, membre de la commission Balladur sur la réforme des institutions, était l’invité du journal du matin de France Culture le 21 novembre dernier.

Il a tenu des propos très forts et des plus encourageants pour tous ceux qui continuent, malgré le parti pris des médias, de défendre la nécessité de mettre en échec les politiques qui travaillent à communautariser encore davantage la société française :

« Je crains quelque chose de pire. Le vrai risque aujourd’hui, c’est ce que j’appellerais la constitutionnalisation des communautarismes, de la fragmentation sociale. Je pense que la discrimination positive, l’effet Obama, va relancer cette affaire de discrimination positive. Là, il y a un vrai danger, parce que constitutionnaliser les communautés, ce qu’on appelle la “diversité” entre guillemets on reste dans le flou, on va en effet abandonner la tradition républicaine à laquelle je suis très attaché. Non pas parce qu’elle est française. Je m’en fous qu’elle soit française. Ce n’est pas le problème. S’il y avait une tradition française qui n’est pas bonne, bien il faudrait la changer. On avait la tradition française de ne pas donner le droit de vote aux femmes, on l’a changée. Bon, ce n’est pas parce que je suis Français que je suis attaché à l’idée républicaine. C’est parce que le principe républicain est à mon avis le seul qui permet véritablement l’intégration réussie et qui évite en effet la fragmentation sociale.

Quand je vois, nous, avec Olivier Duhamel, dans la commission présidée par Balladur de la réforme des institutions, nous avions refusé de nous occuper du préambule de la Constitution parce que nous savions en fait que derrière cette mission, il y avait la volonté d’introduire de la diversité, c’est à dire de la discrimination positive dans le préambule de la Constitution et nous ne voulions pas le faire, en tout cas majoritairement dans la commission. Nous ne voulions pas le faire et c’est pourquoi le Président de la République a nommé Madame Simone Veil pour justement tenter d’introduire cette fichue discrimination positive dans le droit français et je pense que c’est honnêtement une catastrophe ! »

09 novembre 2008

Offensive sur la République française : ils sortent l’artillerie lourde !

Aujourd'hui a paru, dans le Journal du Dimanche, un tir d'obus sur les principes qui constituent le socle des valeurs fondamentales qui sculptent la société française. L'offensive est menée par Yazid Sabeg, un richissime homme d'affaires d'origine algérienne. Il est escorté par Carla Bruni-Sarkozy, qui figure en première page du journal.

Après une menace à peine voilée à la France, « Nous sentons partout la crispation identitaire, des sifflements de la Marseillaise aux rappels à l'ordre civiques qui restent vains et incompris », l'appel de Yazid Sabeg met notre pays en accusation : « Mais quelle conception de l’homme faut-il se faire pour accepter que l’élite économique, politique, sociale, y reste une chasse gardée ? », pour finalement sommer la République française d’abandonner l’égalité républicaine, pour lui substituer un système de privilèges à la naissance, selon l'origine ethnique ou raciale.

Voici les termes contenus dans la pétition, derrière lesquels se cache très habilement la discrimination positive :

  • égalité réelle

  • politiques résolument volontaristes pour l’équité et la diversité

  • actions positives

  • systématiser les politiques volontaristes de réussite éducative et la promotion des talents dans les quartiers populaires

  • inciter fortement les employeurs et le premier d’entre eux, l’État, à mettre en place des politiques de promotion de la diversité, fondées sur l’obligation de résultat [traduisez : mettre en place des quotas basés sur les statistiques ethniques et raciales]

  • soumettre les partis politiques à un pacte national de la diversité et organiser un Grenelle de l’égalité réelle et de la diversité

Devant cette offensive d’ampleur inégalée, dans laquelle l’épouse du Président de la République française utilise sa position pour soutenir une pétition qui dénigre ouvertement la France, une entreprise qui vise à diviser les Français et les trier selon leur origine ethnique et raciale – division porteuse du ferment d’affrontements ethniques et raciaux dans notre pays, j’en développe les raisons en long et en large dans Le puzzle de l’intégration ;

devant cette offensive dans laquelle le Président du groupe des Députés UMP, Jean-François Copé, apporte sa signature à une pétition dont le but est d’enterrer le pacte républicain qui lie tous les Français ;

à la veille de la réception par le Président de la République d’une association qui a basé tout son combat politique sur la nécessaire repentance de la France, j’ai nommé le Conseil Représentatif des Associations Noires ;

il devient urgent et de la plus haute importance que chaque citoyen français, dans le calme et avec une sérénité déterminée et de chaque instant, relève la tête avec fierté, et s’engage pour aider la France – le bien le plus précieux que nous avons la responsabilité de léguer pacifié à nos descendants – à faire barrage à toute tentative de déstabilisation ! Oui, chaque Français, car les communautaristes sont désormais très puissants. Ils ont investi toutes les sphères du pouvoir médiatique et politique. Les trois pages du JDD nous démontrent que nous n’avons pas affaire à des individus esseulés aux faibles moyens.

Nous réussirons, car nous n’avons pas d’autre choix. Nos élus ont pour mission première de veiller sur nos fondamentaux. Allez vers eux. Ils ont aussi besoin de notre soutien afin de résister aux pressions qui s’exercent sur eux.

06 novembre 2008

Doux aux oreilles et si chaud au coeur !

Tandis qu‘un déluge de sottises, d‘opportunisme et d‘ignorance s‘abattait sur la France ces dernières heures, j‘ai entendu quelques paroles porteuses d'espoir qui ont résonné si doux à mes oreilles et ont enveloppé mon coeur d‘une si réconfortante chaleur, que j‘aimerais les partager avec vous :

Commentaire politique de Christophe Barbier sur LCI : « Il faut surtout bien écouter, ce matin, le discours de Barack Obama : du 27 juillet 2004, quand il parle à la convention américaine qui investit John Kerry, jusqu‘au 4 novembre 2008, il dit la même chose : “Je ne suis pas un candidat noir. Je ne suis pas un candidat de l'Amérique noire. Je ne suis pas le remords de l'Amérique pour l'esclavage. Je suis Américain et c‘est plus qu‘être Blanc ou Noir !” C'est ce discours-là qu'il faut adapter à la réalité française. Il faut que la communauté noire, tout en étant extrêmement revendicative, tourne le dos à tout discours communautariste pour revenir vers un discours d‘intégration et d‘union nationale ; tourne le dos à tout discours de repentance pour aller vers un discours d‘espérance. C'est ça la leçon Obama ! »

Dominique de Villepin dans le journal de 13 heures de France 2 du 5 novembre : « Je ne crois pas que la discrimination positive soit la solution. Elle ne l‘est pas aux États-Unis, donc je ne crois pas qu'on puisse transposer des systèmes qui souvent n‘ont pas donné les résultats que l‘on espérait dans le pays même qui les a créés. »

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04 novembre 2008

Offensive en vue sur la République française !

En France, nos journaux et une partie de notre classe politique ânonnent déjà en chœur que notre société devrait s’inspirer du modèle inégalitaire américain au motif que ce dernier aurait apporté, par l’ascension de Barack Obama, la démonstration pleine et entière de sa supériorité sur le modèle français.

Si Barack Obama est élu, nous assisterons vraisemblablement à une vaste offensive de la part de tous ceux qui, de  France comme depuis l’étranger, tentent de faire disparaître ce qu’il reste à la France de son âme ; ce qui en somme représente l’incarnation de son histoire. Lorsque je mentionne l’étranger, je vise justement les États-Unis d’Amérique. Nos banlieues sont un de leurs terrains d’action : ils y investissent pour enraciner, chez les jeunes de l’immigration maghrébine et africaine, le culte de leur modèle communautariste, dans l’espoir que ces jeunes porteront un jour, à tous les niveaux du monde politique, le combat contre les principes républicains qui fondent la France.

Pourtant, l’histoire récente nous a démontré que les Américains ne voyaient parfois pas plus loin que le bout de leur nez (Afghanistan, Irak) ; mais qu’à cela ne tienne ! Ils éprouvent manifestement encore de sérieuses difficultés à tirer les enseignements de leurs échecs, et continuent de voir le reste du monde comme un ennemi potentiel, d’où leur stratégie qui consiste à toujours diviser pour mieux régner, y compris à l’intérieur de pays amis de longue date tels que la France. Existe-t-il un seul homme politique français qui se soit élevé contre cette inadmissible infiltration de notre territoire, des plus dangereuses pour notre avenir à tous ? Pas à ma connaissance !

Je lis et j’entends beaucoup d’interventions qui vont dans le même sens : ce serait bien qu’un Noir soit élu, et si les Américains n’élisaient pas Barack Obama alors ce serait, à coup sûr, qu’ils sont majoritairement racistes ! C’est également ce qu’ont professé les élites américaines tout au long de ces dernières semaines. Comment oser dire ensuite que le vote se sera fait en totale conscience, et aucunement soumis à la pression de l’esprit de repentance ? Imaginez un seul instant que d’aucuns se permettent d’émettre l’opinion que c’est un Blanc qu’il faudrait élire… Comment les « élites » ne prennent-elles pas conscience que ce sont elles qui adoptent des comportements racistes, en considérant l’autre par le biais de sa couleur de peau ou du degré de frisure de son cheveu ?

Édito du journal le Monde, le 3 novembre : « Mais, pour amorcer le redressement, le démocrate Barack Obama nous paraît beaucoup mieux placé que le républicain John McCain. Plusieurs raisons à cela. La première tient à l'humeur du pays : l'arrivée d'un Métis de 47 ans à la Maison Blanche serait un signe de confiance de l'Amérique en elle-même, en ses valeurs les plus hautes, en sa capacité à surmonter le drame majeur de son passé - le racisme et l'esclavage. Ce serait déjà beaucoup, et tiendrait lieu d'exemple bien au-delà des États-Unis […] Mais un Barack Hussein Obama, par sa seule personnalité, serait beaucoup plus en phase avec un monde dont l'Occident n'est plus le centre économique et politique - un monde plus métissé. »

Hervé Morin, ministre de la défense, le 29 octobre sur Canal+ : « Les États-Unis montrent quelque chose que la France n’est pas capable de faire. C’est, premièrement, de porter à la magistrature suprême un Noir là où nous ne sommes pas capables dans notre pays d’avoir un seul député issu de l’une des minorités visibles, comme on les appelle, et les États-Unis démontrent qu’ils ont une capacité de promotion sociale, d’ascenseur social et d’égalité des chances absolument extraordinaire. Il y a à la fois de grandes inégalités, mais c’est un pays qui est capable de pouvoir transcender un certain nombre de réticences que dans notre pays on a bien du mal à évacuer. »

Ce ne sont que quelques exemples d’interventions parmi tant d’autres, comme celle de Rama Yade sur Canal+ : « Il n’y a pas de députés, à part George Pau-Langevin mais elle est Antillaise, bon ! » Traduisez : George Pau-Langevin ne compte pas, car elle n’est pas une vraie Noire… Mais pour qui se prend Rama Yade, qui vient régulièrement blâmer la France, elle qui, débarquée à l’âge de 8 ans, n’a dû sa fulgurante ascension qu’à son appartenance à la « diversité », comme l’a exprimé Nicolas Sarkozy ? Quand les Français de souche comprendront-ils que dans l'intérêt de tous, ils ne doivent plus accepter de se laisser flageller ?

Alors, à tous les VRP de l’ignorance qui abondent dans la facilité du superficiel et de la légèreté d’analyse, je dédie ces extraits du discours de Barack Obama au sujet du modèle américain. Qu’ils en prennent de la graine !

Mais avant de vous laisser lire ces passages de son discours, une dernière observation : je n’ai véritablement aucun parti pris dans l’élection américaine, mais selon de nombreux observateurs, Barack Obama devra sa probable élection au fait que la société américaine n’était pas prête à élire une femme. Pour mémoire, le Pakistan avait su confier les rênes de son destin à Benazir Bhutto. Méfions-nous donc des jugements à l’emporte-pièce…

Barack Obama, Philadelphie, le 18 mars 2008 : « J’ai choisi de me présenter à la présidence à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons faire face aux défis de notre temps sans que nous ne les résolvions tous ensemble – sans que nous ne perfectionnions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires différentes mais que nous avons des espoirs communs ; que nous pouvons ne pas nous ressembler et que nous pouvons ne pas venir du même endroit, mais que nous voulons tous aller dans la même direction – vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants. Cette croyance vient de ma foi inébranlable dans l’intégrité et la générosité du peuple américain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire américaine. […]

C’est une histoire qui ne fait pas de moi le plus conventionnel des candidats. Mais c’est une histoire qui a imprimé dans mes gènes l’idée que cette nation est plus qu’une somme de ses composantes – à partir de cette multiplicité nous sommes véritablement un. Durant la première année de campagne, contrairement à toutes les prédictions, nous avons vu combien le peuple américain avait soif de ce message d’unité. En dépit de la tentation de voir ma candidature à travers le prisme purement racial, nous avons remporté des victoires décisives dans des États avec quelques-unes des plus importantes populations blanches du pays. […]

Et cependant ce n’est qu’au cours des deux dernières semaines que le débat sur la race a pris une tournure particulièrement décisive. À l’une des extrémités du spectre, nous avons entendu que ma candidature ne serait qu’un exercice de discrimination positive (affirmative action) ; qu’elle serait basée sur le désir de libéraux idéalistes d’obtenir une réconciliation à bon marché. À l’opposé, nous avons entendu mon ancien pasteur, le révérend Jérémiah Wright, utiliser un langage incendiaire pour exprimer des vues qui peuvent approfondir la fracture raciale mais qui dénigre la grandeur et la bonté de notre nation ; cela offense véritablement autant les Noirs que les Blancs.

J’ai déjà condamné, en termes sans équivoque les déclarations du Révérend Wright qui ont causé cette controverse […] Au contraire, elles expriment une vue déformée de ce pays, une vue selon laquelle le racisme blanc est endémique […]

Ainsi, les propos du Révérend Wright n’étaient pas seulement faux mais diviseurs, diviseurs à un moment où nous avons besoin d’unité ; ils étaient racialement chargés à un moment où nous avons besoin de résoudre ensemble des problèmes énormes […]

En fait une colère similaire existe dans certains secteurs de la communauté blanche. Beaucoup de Blancs de la classe ouvrière et de la classe moyenne ne ressentent pas qu’ils ont été particulièrement privilégiés par leur race. Leur expérience est celle d’immigrants – en ce qui les concerne personne ne leur a rien donné. Ils ont construit de leurs propres mains. Ils ont travaillé dur toute leur vie, et souvent pour voir leur emploi partir au delà des mers ou leur retraite disparaître après une vie entière de travail. Ils sont anxieux de l’avenir et voient leurs rêves s’évanouir ; dans une époque de salaires bloqués et de compétition globale, les opportunités apparaissent comme un jeu de sommes nulles, dans lequel vos rêves se forment à mes dépens. Ainsi quand on leur dit d’envoyer leurs enfants à l’école à l’autre bout de la ville, quand ils entendent qu’un Africain Américain a obtenu un bon emploi ou une place dans un bon collège en raison d’une injustice qu’ils n’ont pas commise (la discrimination positive), quand on leur dit que leurs peurs à propos de la criminalité dans les quartiers urbains relèvent de préjugés, leur ressentiment s’accroît. De même que parfois dans la communauté noire, ce ressentiment n’est pas toujours exprimé de manière policée. Mais il a façonné le paysage politique depuis au moins une génération. La colère envers l’aide sociale et la discrimination positive a aidé à forger la coalition de Reagan. […]

Et pourtant, repousser les ressentiments des Américains blancs, les stigmatiser comme mal orientés et même racistes, sans reconnaître qu’ils sont enracinés dans des soucis légitimes – cela aussi approfondit la division raciale et bloque le chemin de la compréhension.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. C’est une impasse raciale dont nous sommes prisonniers depuis des années. […] »

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29 mai 2008

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simpliste ?

Les exemples ci-dessous étant tirés de notre vie politique, je ne peux même pas me permettre la mention « toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

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Notre école maternelle ne parvient pas à mettre tous les enfants debout. Beaucoup d’entre eux parviennent encore à quatre pattes à l’école primaire. Cela les empêche de saisir toutes les perches que leur tendent les enseignants du primaire.

Solution : supprimer la maternelle.

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La carte scolaire est contournée par les parents qui ont la possibilité de ne pas faire payer à leurs enfants plusieurs décennies d’errements de notre classe politique.

Solution : supprimer la carte scolaire.

Pour les effets pervers, voir les pays qui ont déjà testé et en sont revenus.

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Les enfants des banlieues sensibles qui souhaitent étudier en sont parfois, et même de plus en plus souvent, empêchés par leurs petits camarades de classe.

Solution : encourager les meilleurs d’entre eux à fuir les établissements de leurs quartiers.

Tout a été prévu. Comme cela condamnera à terme les établissements des banlieues les plus sensibles, désertés par leurs meilleurs éléments, les plus problématiques d’entre eux seront alors fermés, et leurs effectifs répartis dans d’autres établissements. C’est une nouvelle technique d’extinction des incendies : lorsque subsistent des braises, les récupérer et les disséminer. Il faudrait breveter le procédé, puis aller le proposer à tous les pompiers de la planète.

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Le baccalauréat semble n’avoir plus guère de valeur. Même en faisant plus d’un mois de grève par an, la majorité des élèves de Terminale décrochent d’ailleurs leur bout de papier. Un mois d’absentéisme n’a donc aucune incidence sur le taux et le niveau d’acquisition des programmes.

Solution : supprimer le baccalauréat. En prime, cela ferait économiser à l’État le coût de l’organisation des épreuves de vérification des connaissances.

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Nos entreprises rencontrent de plus en plus de difficultés à recruter des thésards pour nourrir leurs activités de recherche. Sur certains sujets de très haute technologie, elles ne trouvent plus un seul Français.

Solution : importer des étudiants étrangers (souvent moins bien formés que nos propres étudiants dans les domaines scientifiques). Tout est prévu : pour les domaines qui touchent à la Défense nationale, la Délégation Générale pour l’Armement tient la liste des pays à éviter ; ceux qui présentent un risque fort de secréter en leur sein de potentiels futurs terroristes, ainsi que les pays actuels ou potentiels concurrents de la France.

Mais, me direz-vous, pourquoi ne pas mettre en place les moyens de garder nos propres chercheurs qui se résolvent, souvent à contrecœur, à l’exil vers les laboratoires étrangers ? Et ne faudrait-il pas également motiver nos jeunes têtes bien formées à s’orienter davantage vers la recherche et l’innovation ?

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De plus en plus de filles sont en détresse, car les garçons les respectent de moins en moins. Ils leur mènent la vie dure. Cela empêche les filles d’étudier dans des conditions normales. Sans compter que beaucoup d’entre elles ne font plus de sport, surtout dans certains quartiers (car ça ne se fait pas… et ne parlons même pas de la piscine !!!)

Solution : inscrire dans la loi la possibilité de séparer dorénavant filles et garçons dans certains cours. Oui, c’est bien ainsi que l’on propose de traiter certains des maux auxquels se trouve soumise la société française du XXIème siècle. Des maux que Fadela Amara identifiait comme liés à l’évolution du machisme de la société française. Il fallait oser une telle explication ; elle l’a fait, et sans complexe !

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Plus de 500 000 emplois ne trouvent pas preneur en France et ce, malgré notre taux de chômage élevé.

Solution : demander au ministère de l’immigration d’importer des quotas d’immigrés.

Mais, me direz-vous, plus de 30% des jeunes sont au chômage dans les quartiers sensibles. Peu importe, puisque Jacques Attali a sorti sa calculette et déclaré : tant d’immigrés importés = tant de points de croissance en plus…

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Les nouveaux entrants rencontrent de très grandes difficultés d’insertion.

Solution : adopter la discrimination positive, et modifier pour cela le préambule de la Constitution.

Pas grand risque de faire des remous, car personne ne dira rien ou presque, et les Français n’en seront même pas avertis. C’est bien plus prudent, car ces derniers tiennent encore trop au legs de leur Histoire : pas assez modernes en effet, pas assez mondialisés.

Seul un député, Jean-Pierre Grand, a tenté, le 21 mai, d’alerter ses pairs au micro de l’Assemblée Nationale : « Le préambule et l’ensemble des articles de la Constitution forment philosophiquement, juridiquement et politiquement un tout cohérent. Aussi, vous comprendrez que l’on puisse s’interroger sur les motivations du Gouvernement de dissocier l’examen du préambule de la Constitution du texte aujourd’hui soumis au vote du Parlement, alors qu’une nouvelle rédaction a été confiée par le Président de la République à une commission présidée par Simone Veil. » La presse, quant à elle, a à peine évoqué la question du préambule. Circulez, il n’y a rien à voir !

Comme me le disait très récemment l’un de mes anciens professeurs : un texte aussi fondamental, auquel on aurait apporté une modification qui ferait régresser la France de plusieurs siècles, et qui plus est, sans même en avoir prévenu le peuple, n’a aucune chance de perdurer.

L’avenir nous dira si mon professeur avait vu juste, et si c’est le cas, l’avenir nous dira également par quels moyens le peuple aura alors défait ce que son élite politique aura voulu lui imposer « à l’insu de son plein gré ».

Je tiens à dire le grand respect et l’immense admiration que j’éprouve pour les députés et sénateurs qui parviennent à rester concentrés sur la nature des véritables enjeux, et à garder la tête froide malgré la tension et la fébrilité qui règnent actuellement au palais Bourbon et au palais du Luxembourg, malgré aussi les pressions qui s’y exercent.

Une réforme qui bouleverserait le fonctionnement de nos institutions et la vie dans notre société, ne mériterait-elle pas sagesse et réflexion, plutôt que tractations politiciennes dans et entre les groupes parlementaires ?

15 mai 2008

Une pensée pour ce si cher Liban, et aussi pour l’Europe

Le Liban plonge à nouveau dans la guerre civile, traduction de la haine que se vouent désormais les différentes sensibilités en présence. Que dire de ce cher Liban, autrefois surnommé « la Suisse du Moyen-Orient » ? Il y a seulement quelques jours, je lisais des spécialistes exprimant la conviction que le Liban ne renouerait plus jamais avec les guerres fratricides : non, les Libanais avaient bien trop souffert pour s’y replonger ; ils avaient désormais compris que leur destin ne pouvait qu’être collectif. La grande naïveté de ces conclusions m’avait sidérée : je savais le contraire plus que probable, pour une multitude de raisons dont je ne citerai qu’une : toute la structure politique du Liban, toute l’organisation de sa société entretiennent, sur le terrain, le séparatisme des Libanais, le communautarisme. Comment, dans ces conditions, espérer faire naître, à moyen ou long terme, un sentiment d’unité des citoyens qui viendrait transcender toutes les autres dimensions, qui tiendrait à distance tout ce qui fournit prétexte à se regarder comme différents et à se déchirer ? C’est tout simplement impossible !

Dans Le puzzle de l’intégration, j’évoque le grand risque qu’encourrait la France à se « libaniser ». Or elle est à présent en voie de libanisation avancée, et les Français l’ont au demeurant déjà compris. Il faudrait véritablement être aveugle pour ne pas le percevoir, tant cette libanisation se conjugue désormais au quotidien. Au Liban, les tensions dévastatrices sont le fait de groupes qui appartiennent pourtant à la même ethnie, qui partagent le même passé. Qu’adviendra-t-il de la société française, alors que nous sommes dans un cas de figure autrement plus complexe ?

Nous disposions de quelques années seulement pour tenter de redresser la barre, quelques années pour tirer l’enseignement des erreurs passées et bâtir un projet de paix pour l’avenir. Or chaque jour nous apporte son lot d’errements politiques, qui nous coûteront à tous. Car il faut en prendre conscience, nul ne sortira vainqueur de l’irréparable ; le Liban et l’Algérie sont là pour en témoigner.

Il manque à notre classe politique un fil conducteur, un esprit de cohérence qui la mènerait vers la réalisation d’une véritable vision au service de l’intérêt général. Cette regrettable faiblesse n’est pas l’apanage de la France ; elle est malheureusement largement partagée par d’autres classes politiques à travers l’Europe. Signe des temps, et il n’y a là nul hasard, la majorité des élections qui se sont tenues en Europe ont donné le pouvoir à des candidats de droite, flirtant avec l’extrême droite. Le risque est là, bien présent, que les peuples européens, désormais trop inquiets pour réfléchir un tant soit peu, ne réinstallent le populisme en Europe. L’Histoire ne serait-elle finalement qu’un éternel recommencement ? L’Humanité aurait-elle donc régulièrement besoin de nuages sombres, puis de déluges, pour savoir apprécier à nouveau à leur juste valeur les bienfaits des rayons du soleil ? Qui sont finalement les plus fautifs dans tout cela ? Sont-ce les populistes qui excellent dans l’exploitation de la faiblesse de peuples rendus hagards par la peur de disparaître ? Ou sont-ce les sages qui n’ont pas su puiser en eux le courage de parler, et surtout de se lever à temps ?

Nous vivons à une époque où le père, le pouvoir politique, a perdu la raison. Non seulement le père ne protège plus ses enfants du pire, mais c’est lui qui leur en fait courir le risque ; celui d’une descente aux enfers. Après l’invitation à peine voilée faite au prêtre, au rabbin, à l’imam de venir s’immiscer dans l’espace public ; après l’alignement de la France sur les positions des adeptes de l’axe du bien et du mal pour départager les Hommes sur Terre ; après la lettre de mission envoyée à la commission Veil pour tenter de subdiviser, de manière officielle, le peuple français, voici l’Europe qui entre dans la danse macabre et demande à la France de transposer une directive qui a trait à la lutte contre les « discriminations ». Et l’impayable Nadine Morano de rappeler aux élus de la Nation encore habités de raison : « La Commission européenne nous a demandé très explicitement de reprendre sa définition des discriminations. Si le Parlement [français] retient une autre définition, la Commission n’hésitera pas à saisir la Cour de justice européenne, qui lui donne raison dans 95% des cas. »

L’Europe organise elle-même sa subdivision en victimes et bourreaux, creusant ainsi le lit du torrent de sang qui pourrait un jour inonder ses plaines. La Saint-Barthélemy est un souvenir à présent trop fugace pour nous rappeler la fragilité du lien de cohésion. William Shakespeare ne conseillait-il pas d’« abandonner ceux qui s’abandonnent eux-mêmes » ? Oui, mais les peuples européens ont-ils jamais souhaité s’abandonner ? N’est-ce pas plutôt le pouvoir politique qui, sans le savoir bien sûr, et sans le vouloir, les conduit au sacrifice ?

Le 6 mai dernier, lors d’un débat à l’université de Paris-Dauphine, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a tenu les propos suivants : « La politique, c’est le lieu et le moyen d’accompagner un peuple pour le destin qu’il s’est choisi. » C’est là où le bât blesse, car, à n’en point douter, ni le peuple français, ni les autres peuples européens n’ont choisi le destin qui leur est fait. C’est cette méprise qui toujours conduit aux révolutions : un peuple qui prend conscience d’avoir été dessaisi du choix de son destin tente de le reprendre en main.

Rêvons donc que le père, le pouvoir politique, se ressaisisse ! La France doit à nouveau montrer le chemin. Elle doit ouvrir la voie.

09 avril 2008

Quand le Président largue une bombe à retardement...

Une bombe a été larguée au dernier Conseil des Ministres. Le Président de la République a officiellement lancé le comité qui aura pour mission de réfléchir à la modification du préambule de la Constitution française. Par ces temps où les hommes politiques paraissent convaincus que la Constitution leur appartient, il me semble important de rappeler qu’elle est en réalité celle du peuple français, et qu’il est dangereux qu’ils tentent de l’adapter pour la rendre conforme à leurs desiderata !

Pourtant, le peuple français est très loin d’imaginer quels seront les effets de cette bombe, si la commission présidée par Simone Veil vient à accorder au Président français sa bénédiction pour le « jouet » qu’il réclame depuis si longtemps : la discrimination positive ! Certes, il faudrait encore en passer par le Congrès de Versailles, mais ce dernier ne nous a-t-il pas démontré qu’il ne constitue plus à présent qu’une simple formalité...

Voici un extrait de la lettre de mission : « Faut-il rendre possibles de nouvelles politiques d’intégration valorisant davantage la diversité de la société française pour favoriser le respect effectif du principe d’égalité ? »

Nicolas Sarkozy précise que l’enjeu est de permettre à la Constitution d’être « à nouveau en avance sur son temps ». Que signifie pour lui « être en avance sur son temps », alors qu’il veut à tout prix imposer aux Français une régression de plusieurs siècles, en ouvrant la porte à la fragmentation d’une nation qu’il aura fallu si longtemps pour unifier ?

Ci-dessous, la liste des membres qui auront la lourde tâche de dire si le principe fondamental d’Égalité doit continuer à vivre, ou s’il doit mourir :

Simone Veil, Présidente du comité de réflexion ;
Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale ;
Francine Bardy, conseillère à la Cour de cassation ;
Claude Bébéar, ancien président d’Axa ;
Denys de Béchillon, professeur de droit public à Pau ;
Philippe Bélaval, conseiller d’État ;
Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris ;
Samia Essabaa, professeur d’anglais dans un lycée professionnel de Noisy-le-Sec ;
Patrice Gélard, sénateur (UMP) de Seine-Maritime ;
Axel Kahn, directeur de recherche à l’Inserm ;
Pierre Manent, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales;
Jean-François Sirinelli, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po.

À première vue y figurent deux farouches apôtres de la discrimination positive, Richard Descoings et Claude Bébéar.

La commission rendra ses conclusions avant l'été 2008. J’espère vivement qu’étant présidée par une femme aussi pleine de sagesse que Simone Veil, elle saura réaliser qu’il est extrêmement dangereux de permettre aux dirigeants politiques de notre pays de rompre avec des éléments constitutifs de l’identité nationale française. Les Français finiraient en effet, tôt ou tard, par en prendre conscience, et là… Ceux qui connaissent un tant soit peu l’Histoire de France savent que c’est le pas de trop qu’il convient de ne pas franchir.

23:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, veil, discrimination positive, identité | |

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